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Nouvelle page du site : Trésors des Écritures !

Mois de Décembre

Mois de la Nativité

Mois consacré à l'Immaculée Conception

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« Un enfant nous est né, un fils nous a été donné; l'empire a été posé sur ses épaules, et on lui donne pour nom: Conseiller admirable, Dieu fort, Père éternel, Prince de la paix ».

(Is 9: 5)

Vendredi 02 Décembre

Dévotion des premiers vendredis du mois

19h00 : Messe​

20h00 : Adoration Eucharistique et Confessions

La communion réparatrice des premiers vendredis du mois

La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, enseignée par le Christ Lui-même à sainte Marguerite-Marie, consiste à recevoir la Sainte Eucharistie le premier vendredi du mois pendant neuf mois consécutifs, sans interruption. Cette dévotion doit être faite en esprit de réparation des outrages faits à Jésus-Christ par les hommes qui le rejettent. La promesse principale de Jésus faite à ceux qui offriront cette dévotion est la pénitence finale et l’assurance de mourir en état de grâce.

Samedi 03 Décembre

Dévotion des premiers samedis du mois

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15h30 : Confessions​

16h00 : Chapelet

16h30 : Méditation​

17h00 : Messe

La communion réparatrice des premiers samedis du mois

Le 13 juillet 1917, Notre-Dame confia aux petits voyants qu'elle viendrait demander la communion réparatrice des premiers samedis du mois dans le but de sauver les pécheurs.

Effectivement, le 10 décembre 1925, elle apparaît à sœur Lucie pour lui confier cette demande et en préciser les pratiques.

 

Notre-Dame a demandé ce jour-là :
-De
se confesser
-De recevoir la Sainte Communion
-De réciter un chapelet
-De méditer 15 minutes sur les mystères du Rosaire
-Le tout en esprit de réparation pour les outrages commis envers le Cœur Immaculé de Marie.

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Saint François-Xavier

 Samedi 03 Décembre 2022

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« Nous avons parcouru les villages de chrétiens qui s'étaient convertis il y a quelques années. Aucun portugais n'habite en ces lieux, car la terre y est extrêmement stérile, et les chrétiens qui y vivent, faute de prêtres, ne savent rien d'autre que dire qu'ils sont chrétiens. Ils n’ont personne pour dire la Messe ; personne pour leur enseigner le Credo, le Pater Noster, l’Ave Maria ou les Commandements de la loi de Dieu.

Aussi, depuis que je suis venu ici, je n'ai pas arrêté: j’ai activement parcouru tous les villages, j’ai baptisé tous les enfants qui ne l'étaient pas encore. Ainsi, j’ai fait enfants de Dieu un grand nombre de petits enfants qui, comme on dit, ne savaient pas distinguer leur droite de leur gauche. Les enfants ne me laissaient ni réciter l'office divin ni manger ni me reposer tant que je ne leur avais pas enseigné des prières; je commençai alors à comprendre que c'est à eux qu'appartient le Royaume des Cieux.

Ainsi, comme je ne pouvais pas refuser sans impiété une si pieuse demande, en commençant par la confession de foi du Père, du Fils et du Saint-Esprit, je leur enseignais le Credo des Apôtres, le Pater Noster et l'Ave Maria. J'ai remarqué en eux de grandes ressources; s'il y avait quelqu'un pour les former à la foi chrétienne, je suis sûr qu'ils deviendraient de très bons chrétiens.

Dans ce pays, quantité de gens ne sont pas chrétiens uniquement parce qu'il n'y a personne aujourd'hui pour en faire des chrétiens. Bien souvent, il me prend l’envie de parcourir toutes les universités d'Europe, spécialement celle de Paris, et de crier partout, comme un homme qui a perdu le jugement, à ceux qui ont plus de science que de charité, en leur disant : «Hélas, combien d'âmes, exclues du ciel à cause de votre négligence, s'engouffrent dans l'enfer !».

De même qu'ils se consacrent à leurs études, s'ils pouvaient seulement se consacrer aussi à cet apostolat avec le même intérêt ! Ils pourraient alors rendre compte à Dieu de leur science et des talents qui leur ont été confiés. Beaucoup d'entre eux, bouleversés par cette pensée et aidés par la méditation des choses divines, s'entraîneraient à écouter ce que le Seigneur dit en eux et, renonçant à leurs ambitions et leurs affaires humaines, ils se soumettraient tout entiers, définitivement, à la volonté et au décret de Dieu. Oui, ils crieraient du fond du cœur: «Seigneur, me voici ; que veux-tu que je fasse ? Envoie-moi où tu voudras, même chez les Indiens».

(Lettres de saint François-Xavier, missionnaire jésuite, à Saint Ignace de Loyola)

IIème Dimanche de l'Avent

Dimanche 04 Décembre 2022 (Messe à 10h15)

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 15:4-13

[4]Mes frères, tout ce qui a été écrit avant nous l'a été pour notre instruction, afin que, par la patience et la consolation que donnent les Écritures, nous possédions l'espérance.
[5]Que le Dieu de la patience et de la consolation vous donne d'avoir les uns envers les autres les mêmes sentiments selon Jésus-Christ,
[6]afin que, d'un même cœur et d'une même bouche, vous glorifiez Dieu, le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
[7]Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu.
[8]J'affirme, en effet, que le Christ a été ministre des circoncis, pour montrer la véracité de Dieu, en accomplissant les promesses faites à leurs pères,
[9]tandis que les Gentils glorifient Dieu à cause de sa miséricorde, selon qu'il est écrit: "C'est pourquoi je te louerai parmi les nations, et je chanterai à la gloire de ton nom."
[10]L'Écriture dit encore: "Nations, réjouissez-vous avec son peuple."
[11]Et ailleurs: "Nations, louez toutes le Seigneur; peuples, célébrez-le tous."
[12]Isaïe dit aussi: "Il paraîtra, le rejeton de Jessé, celui qui se lève pour régner sur les nations; en lui les nations mettront leur espérance."
[13]Que le Dieu de l'espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi, afin que, par la vertu de l'Esprit-Saint, vous abondiez en espérance!

Évangile selon saint Matthieu 11:2-10

[2]Jean, dans sa prison, ayant entendu parler des œuvres du Christ, envoya deux de ses disciples lui dire:
[3]"Êtes-vous celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?"
[4]Jésus leur répondit: "Allez, rapportez à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez:
[5]Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres sont évangélisés.
[6]Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute!"
[7]Comme ils s'en allaient, Jésus se mit à parler de Jean à la foule:
[8]"Qu'êtes-vous allés voir au désert? Un roseau agité par le vent? Qu'êtes-vous donc aller voir? Un homme vêtu d'habits somptueux? Mais ceux qui portent des habits somptueux se trouvent dans les maisons des rois.
[9]Mais qu'êtes-vous allés voir? Un prophète? Oui, vous dis-je, et plus qu'un prophète.
[10]Car c'est celui dont il est écrit: Voici que j'envoie mon messager devant vous, pour vous précéder et vous préparer la voie.

Commentaire de Saint Jean Chrysostome sur l'Évangile (Homélie XXXVII)

"Plus qu'un prophète (Mt 11:9)"

Après avoir ainsi relevé saint Jean par le lieu où il demeurait, par le vêtement dont il usait, et par ce concours de peuple qui affluait vers lui de toutes parts, il ajoute une chose qui lui est encore plus avantageuse. « Qu’êtes-vous donc allés voir? un prophète? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. Car c’est de lui qu’il est écrit: j’envoie devant vous mon ange qui vous préparera la voie (Mt 11: 9-10). »

Après avoir rapporté le témoignage que tous les Juifs ont rendu à Jean, il passe à celui que lui ont rendu les prophètes, ou plutôt il rapporte prèmièrement le témoignage des Juifs qui était très-considérable, puisqu’il lui était rendu par ses propres ennemis. Le second témoignage est celui que rendait à saint Jean la sainteté de sa vie. Le troisième est celui qu’il lui rend lui-même, et le quatrième enfin celui que lui rend le Prophète, fermant ainsi la bouche à tous ceux qui auraient pu avoir des pensées désavantageuses à ce saint. Et pour les empêcher de dire: mais s’il a d’abord été tel, ne peut-il pas s’être relâché dans la suite? Il leur montre le contraire par l’habit dont il s’est toujours servi, par la prison où sa générosité l’a fait mettre, et enfin par le témoignage du prophète même.

Ensuite, comme il l’avait appelé le plus grand des prophètes, il montre en quoi il est le plus grand. En quoi est-il plus grand que les autres? Parce qu’il était le plus proche du Messie que les prophètes avaient annoncé «J’envoie,» dit-il, «mon ange devant vous,» c’est-à-dire proche de vous. Comme ceux qui sont les plus proches de la personne du roi sont les plus honorables; ainsi saint Jean, comme le plus grand de tous, marche immédiatement devant le Sauveur. Mais remarquez que ce témoignage si avantageux ne le satisfait pas encore, il va plus loin et ajoute cet oracle de sa propre bouche.

« Je vous dis en vérité qu’entre tous ceux qui sont nés des femmes, il ne s’en est point élevé de plus grand que Jean-Baptiste (Mt 11,11) », c’est-à-dire que jamais femme n’a eu de fils plus grand ni plus saint que saint Jean. Quoique cet oracle suffise tout seul, néanmoins si vous en voulez mieux voir la vérité, souvenez-vous de la vie de Jean, quelle était sa nourriture, quelle était sa demeure, et combien son esprit était élevé en Dieu. Il vivait sur la terre comme s’il eût été déjà dans le ciel. Il s’était mis au-dessus de toutes les nécessités de la nature. Sa vie était toute nouvelle et inouïe jusqu’alors; il était toujours occupé à la contemplation et à la prière. Il ne parlait jamais à personne, et il ne s’entretenait qu’avec Dieu seul. Il ne voulait voir aucun homme, ni ne se laissa voir à aucun. Il ne fut point nourri de lait. Il ne se servit ni de lit, ni de maison, ni de tous les secours qu’on va chercher dans les villes, et qui sont les plus nécessaires à la vie des hommes. Et quoique sa vie fût si dure, il était doux néanmoins, et il avait allié en lui la douceur avec la fermeté et le courage. Sa douceur paraît dans la manière dont il supporte les défauts de ses disciples, sa fermeté dans les exhortations qu’il fait aux Juifs, et son courage dans la liberté avec laquelle il reprend Hérode. C’est pourquoi Jésus-Christ dit: « Entre tous ceux qui sont nés des femmes, il ne s’en est point élevé de plus grand que Jean-Baptiste. »

Mais pour empêcher encore que ces louanges ne fissent un mauvais effet dans l’esprit des Juifs, qui estimaient plus saint Jean que Jésus-Christ, considérez avec quelle sagesse il remédie à ce mal. Comme, en effet, ce que saint Jean avait fait dire à ses disciples troublait le commun des Juifs en leur faisant croire qu’il y avait quelque légèreté dans sa conduite, ce que Jésus-Christ aussi avait dit à l’avantage de saint Jean pour le justifier de ce reproche pouvait beaucoup nuire à ses disciples en leur donnant lieu de préférer leur maître à Jésus-Christ même. C’est donc ce qu’il veut prévenir par ces paroles: « Mais, dans le royaume des cieux, le plus petit est plus grand que lui (Mt 11:11). » Jésus-Christ s’appelle plus petit que Jean, parce qu’il était un peu moins âgé, ou parce qu’il était plus petit que saint Jean dans l’esprit du peuple qui disait de Jésus: « Voici un homme de bonne chère », et « qui aime à boire: n’est-ce pas là le fils de cet «artisan?» et qui partout parlait de lui avec mépris. - Quoi donc! me direz-vous, Jésus-Christ se compare avec saint Jean et nous marque qu’il était plus grand que lui? Dieu nous garde de cette pensée! Quand saint Jean dit lui-même de Jésus-Christ: « Il est plus fort que moi », ce n’est point en se comparant à Jésus-Christ qu’il parle de la sorte. Que saint Paul parlant de Moïse dise que Jésus-Christ « mérite plus de gloire que lui (He 3:3) », ce n’est point en faisant aucune comparaison entre eux deux. Et lorsque Jésus-Christ dit de lui-même: « Celui qui est ici est plus grand que Salomon (Mt 12:42) », il ne se compare nullement avec ce roi.

Que si nous accordions que ces paroles renferment une comparaison, il faudrait dire que le Fils de Dieu n’en avait usé que pour s’accommoder à la faiblesse de ce peuple, parce que les Juifs avaient conçu une estime extraordinaire de saint Jean, qui s’était encore beaucoup augmentée depuis sa prison, parce qu’ils voyaient que la générosité avec laquelle il avait repris le roi lui avait fait perdre sa liberté. Et ainsi c’était relever Jésus-Christ à leur égard que de l’égaler à saint Jean. Nous voyons que l’Écriture se sert de cette même conduite, et qu’elle compare des choses qui n’ont aucune proportion entre elles pour condescendre à la faiblesse des hommes, et pour les tirer de leurs erreurs, comme lorsqu’elle dit: « Entre tous les dieux il n’en est point qui vous ressemble, Seigneur. Il n’y a point de Dieu qui soit semblable à notre Dieu. » (Ps 86:7)

Quelques-uns disent que ces paroles de Jésus-Christ en parlant de Jean: « Celui qui est le plus petit dans le royaume de Dieu, est plus grand que lui (Ex 8:8) », se doivent entendre des apôtres; d’autres les appliquent aux anges: mais cette explication ne peut subsister. Lorsqu’on s’écarte une fois du point de la vérité, on tombe aisément dans beaucoup d’erreurs. Car quelle liaison auront ces paroles avec celles qui les précèdent, si on les entend des apôtres ou des anges? D’ailleurs s’il voulait parler de ses apôtres, pourquoi ne les aurait-il pas nommés? Que s’il ne se nomme pas lui-même, bien que ce soit de lui-même qu’il parle, cela s’explique, parce que le peuple était prévenu contre lui, et parce qu’il ne voulait pas parler à son avantage, ce que nous voyons qu’il a toujours évité avec grand soin. Qu’est-ce à dire dans le royaume des cieux? C’est-à-dire, dans les choses spirituelles, et qui regardent le ciel. Mais Jésus-Christ fait voir encore qu’il ne fait point comparaison de lui avec saint Jean, lorsqu’il dit: « Qu’entre tous ceux qui sont nés des femmes, il ne s’est point élevé de plus grand prophète que Jean-Baptiste. » Car s’il est né d’une femme, il n’en est pas né comme saint Jean. Il n’était pas un simple homme, il n’était pas né comme les hommes naissent d’ordinaire, mais d’une manière tout extraordinaire et tout ineffable.

Saint Nicolas de Myre

 Mardi 06 Décembre 2022

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Un noble a prié saint Nicolas pour avoir un fils. Il a promis qu’en récompense il se rendra avec son fils au tombeau du saint et lui offrira un vase d’or. Le noble voit naître un fils et fait fabriquer un vase d’or. Mais ce vase lui plaît tant qu’il le garde pour lui-même et, pour le Saint, en fait faire un autre d’égale valeur (plus ordinaire selon d'autres sources). Puis il s’embarque avec son fils pour se rendre au tombeau du saint. En route le père ordonne à son fils d’aller lui prendre de l’eau dans le vase qu'il avait d'abord destiné à saint Nicolas. Aussitôt le fils tombe dans la rivière et se noie. Mais le père, malgré toute sa douleur, n’en poursuit pas moins son voyage. Parvenu dans l’église de saint Nicolas, il pose sur l’autel le second vase ; au même instant une main invisible le repousse avec le vase, et le jette à terre : l’homme se relève, s’approche de nouveau de l’autel, est de nouveau renversé. Et voilà qu’apparaît, au grand étonnement de tous, l’enfant qu’on croyait noyé. Il tient en main le premier vase, et raconte que, dès qu’il est tombé à l’eau, saint Nicolas est venu le prendre, et l’a conservé sain et sauf. Sur quoi le père offre les deux vases à saint Nicolas.

(Du livre "Saint Nicolas : vie, miracles, légende")

Saint Ambroise de Milan

 Mercredi 07 Décembre 2022

« Il vint à Milan alors que le siège épiscopal était vacant ; le peuple s'assembla pour choisir un évêque: mais une grande sédition s'éleva entre les ariens et les catholiques sur le choix du candidat; Ambroise y vint pour apaiser la sédition, quand tout à coup se fit entendre la voix d'un enfant qui s'écria: «Ambroise évêque.» Alors à l'unanimité, tous s'accordèrent à acclamer Ambroise évêque. Quand il eut vu cela, afin de détourner l'assemblée de ce choix qu'elle avait fait de lui, il sortit de l’église, monta sur son tribunal et, contre sa coutume, il condamna à des tourments ceux qui étaient accusés. En le voyant agir ainsi, le peuple criait néanmoins: «Que ton péché retombe sur nous.» Alors il fut bouleversé et rentra chez lui. Il voulut faire profession de philosophe: mais afin qu'il ne réussît pas on le fit révoquer. Il fit entrer chez lui publiquement des femmes de mauvaise vie, afin qu'en les voyant le peuple revînt sur son élection; mais considérant qu'il ne venait pas à ses fins, et que le peuple criait toujours: «Que ton péché retombe sur nous», il conçut la pensée de prendre la fuite au milieu de la nuit. Et au moment où il se croyait sur le bord du Tessin, il se trouva, le matin, à une porte de Milan, appelée la porte de Rome. Quand on l’eut rencontré, il fut gardé à vue par le peuple. On adressa un rapport au très clément empereur Valentinien, qui apprit avec la plus grande joie qu'on choisissait pour remplir les fonctions du sacerdoce ceux qu'il avait envoyés pour être juges. »

("Vie d'Ambroise", par Paulin, son secrétaire)

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« Respecte ton ami comme un égal, n’aie pas honte de devancer ton ami par le devoir du service rendu; l’amitié en effet ignore l’orgueil. C’est en effet pourquoi le sage dit: «Ne rougis pas de défendre un ami». Ne manque pas à un ami dans le besoin, ne le délaisse pas, ne l’abandonne pas; car l’amitié est une aide de la vie. Aussi, en elle, portons-nous nos fardeaux, comme l’apôtre l’a enseigné: il parle en effet à ceux que la charité de cette amitié a unis. Et en effet, si la prospérité d’un ami aide ses amis, pourquoi, également dans l’adversité d’un ami, l’aide de ses amis ne serait-elle pas à sa disposition? Aidons par un conseil, apportons nos efforts, compatissons avec affection. »

« La richesse, qui mène si souvent les hommes vers une mauvaise voie, devrait être perçue moins pour ses qualités que pour la misère humaine qu’elle représente. Ces immenses salons dont tu es si fier sont en réalité ta honte. Ils sont assez vastes pour contenir une foule, et assez vastes également pour estomper le cri des pauvres. Le pauvre crie à ta porte, et tu n’y prêtes pas attention. Ton frère est là, nu, qui pleure, et toi-même tu t’embarrasses du choix du plus beau tapis pour ton intérieur. »

« Il vaut mieux sauver des âmes pour le Seigneur que de sauver des trésors. Celui qui envoya ses apôtres sans argent, n’avait pas besoin d’or pour bâtir son Église. L’Église possède de l’or, non pour en faire des réserves, mais pour le distribuer à ceux qui en ont besoin. »

« Si tu as deux chemises dans ton armoire, l’une te revient et l’autre, à celui qui n’en a pas. »

(Citations sur l’amour, la charité et l’amitié, Saint Ambroise)

« Viens, Rédempteur des nations, montre comment une vierge accouche, et que le monde s'étonne, tel devait être l'enfantement d'un Dieu. Sans nulle semence d'homme, mais par un Souffle mystique, le Verbe de Dieu s'est fait chair et le fruit du ventre a fleuri. Le ventre de la Vierge a pris de l'ampleur, l'enclos de la pudeur est resté intact, les étendards des puissances ont resplendi, Dieu se tient dans son temple. Il sort de la chambre nuptiale, Il sort du royal palais de la pudeur, géant dans sa double nature, pour courir allègrement sa voie. Amen. »

(« Viens, Rédempteur des nations », Prière de Saint Ambroise)

Immaculée Conception

 Jeudi 08 Décembre 2022

« Que soy era immaculada councepciou »

(La Très Sainte Vierge à Sainte Bernadette, 25 Mars 1858)

« Par l'autorité de Notre Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux Apôtres Pierre et Paul, et par la Nôtre, Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine selon laquelle la bienheureuse Vierge Marie fut dès le premier instant de sa Conception, par une grâce et un privilège spécial de Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute souillure de la faute originelle, est révélée de Dieu, et que par conséquent elle doit être crue formellement et constamment par tous les fidèles.

Si donc quelques-uns, ce qu'à Dieu ne plaise, avaient la présomption de penser dans leur cœur autrement qu'il n'a été défini par Nous, qu'ils apprennent et sachent que, condamnés par leur propre jugement, ils ont fait naufrage dans la foi et quitté l'unité de l'Eglise; et de plus, que, si par la parole, par l'écriture et par toute autre voie extérieure, ils osaient exprimer ces sentiments de leur cœur, ils encourraient par le fait même les peines portées par le droit. (...)

Qu'il ne soit donc permis à aucun homme d'enfreindre ce texte de Notre déclaration, décision et définition, ou par une audace téméraire de la contredire et de s'y opposer. Si quelqu'un ne craint pas de commettre cet attentat, qu'il sache qu'il encourra l'indignation de Dieu tout-puissant. »

(Constitution apostolique "Ineffabilis Deus" du pape Pie IX, 8 Décembre 1854)

IIIème Samedi de l'Avent - Rorate

Samedi 10 Décembre 2022 (Messe à 07h30)

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07h30 : Messe​

09h00 : Petit-déjeuner

09h30 : Ménage de la Chapelle

IIIème Dimanche de l'Avent

Dimanche 11 Décembre 2022 (Messe à 10h15)

Avent_C - Témoignage de Jean-Baptiste - 01

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philppiens 4:4-7

[4]Mes frères, réjouissez-vous dans le Seigneur en tout temps; je le répète, réjouissez-vous.
[5]Que votre modération soit connue de tous les hommes: le Seigneur est proche.
[6]Ne vous inquiétez de rien; mais en toute circonstance faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâce.
[7]Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus.

Évangile selon saint Jean 1:19-28

[19]Et voici le témoignage que rendit Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander: "Qui êtes-vous?"
[20]Il déclara, et ne le nia point; il déclara: "Je ne suis point le Christ."
[21]Et ils lui demandèrent: "Quoi donc! Êtes-vous Élie?" Il dit: "Je ne le suis point— Êtes-vous le prophète?" Il répondit: "Non.—
[22]Qui êtes-vous donc, lui dirent-ils, afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dites-vous de vous-même?"
[23]Il répondit: "Je suis la voix de celui qui crie dans le désert: Aplanissez le chemin du Seigneur, comme l'a dit le prophète Isaïe."
[24]Or ceux qu'on lui avait envoyés étaient des Pharisiens.
[25]Et ils l'interrogèrent, et lui dirent: "Pourquoi donc baptisez-vous, si vous n'êtes ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète?"
[26]Jean leur répondit: "Moi je baptise dans l'eau; mais au milieu de vous il y a quelqu'un que vous ne connaissez pas,
[27]c'est celui qui vient après moi; je ne suis pas digne de délier la courroie de sa chaussure."
[28]Cela se passait à Béthanie, au delà du Jourdain, où Jean baptisait.

Commentaire de Saint Jean Chrysostome sur l'Évangile de saint Jean (Homélie XVI)

"Qui êtes-vous? (Jn 1:22)"

La méchanceté des Juifs en éclatera davantage aux yeux de tout le monde. Souvent saint Jean-Baptiste leur a rendu témoignage de Jésus-Christ; souvent il leur en parlait en les baptisant, et leur disait: « Pour moi, je vous baptise dans l'eau, mais celui qui doit venir après moi est plus puissant que moi. C'est lui qui vous baptisera dans le Saint-Esprit et dans le feu (Mt 3:11) ». Ils ont donc été dupes, en ce qui concerne Jean, d'une illusion toute humaine. Ayant en vue la gloire du monde, et ne s'attachant qu'à ce qui se présentait à leurs yeux, ils croyaient qu'il était indigne de lui d'être inférieur à Jésus-Christ. En effet, plusieurs choses relevaient saint Jean: premièrement, son illustre naissance: il était fils d'un prince des prêtres; en second lieu, sa vie dure et austère, son mépris pour toutes les choses de ce monde; par exemple, son vêtement, sa table, sa maison, le peu de soin qu'il avait de sa nourriture, le désert qu'il habitait auparavant. Jésus-Christ, au contraire, était de basse naissance, ce que souvent ils lui reprochaient en ces termes « N'est-ce pas le fils de ce charpentier? Sa mère ne s'appelle-t-elle pas Marie, et ses frères Jacques et Joseph? (Mt 13:55) ».  Et encore: la ville, qu'on regardait comme sa patrie, était dans un si grand mépris, que Nathanaël même disait: « Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth? (Jn 1:46) »

Ajoutons qu'il vivait comme tout le monde et que ses vêtements n'avaient rien de particulier. Il ne portait pas une ceinture de cuir autour des reins, son vêtement n'était pas de poils de chameau, il ne se nourrissait pas de sauterelles et de miel sauvage. Son genre de vie ne le distinguait en rien des autres hommes; il s'asseyait quelquefois à la table d'hommes pervers, de publicains, afin de les gagner. Mais les Juifs ne pénétrant point la sagesse de cette conduite, la lui reprochaient, comme il le dit lui-même: « Le Fils de l'homme est venu mangeant et buvant, et ils disent: voilà un homme qui aime à faire bonne chère et à boire du vin, il est ami des publicains et des gens de mauvaise vie (Mt 9:19) ».

Or, comme Jean-Baptiste ne cessait de renvoyer les Juifs à Jésus-Christ, qui leur paraissait inférieur à lui, quoiqu'ils en eussent de la honte et du chagrin, aimant mieux l'avoir lui-même pour docteur, ils n'osèrent pas néanmoins le déclarer ouvertement; mais ils députèrent des gens vers lui dans l'espérance de l'engager par cette flatterie à confesser qu'il était le Christ; et ils ne lui envoyèrent pas des hommes de basse condition, comme à Jésus-Christ, lorsque, voulant le surprendre dans ses paroles, ils dépêchèrent auprès de lui des serviteurs, des hérodiens (Mt 22:15-16) et d'autres hommes de cette espèce; mais des prêtres et des lévites; et encore, non toute sorte de prêtres, mais des prêtres de Jérusalem, c'est-à-dire les plus considérables et les plus honorables; car ce n'est pas sans raison que l'évangéliste l'a remarqué. Ils les envoient donc pour lui demander: « Qui êtes vous? ». En effet, la naissance de Jean-Baptiste était si illustre et si célèbre que tous disaient: « Quel pensez-vous que sera un jour cet enfant? (Lc 1:66) ».  Et que « le bruit de ces merveilles se répandit dans tout le pays des montagnes de Judée (Lc 1:65) ». Et encore, lorsqu'il vint au Jourdain, toutes les villes accoururent en foule, et de Jérusalem et de toute la Judée on venait à lui pour être baptisé. Les prêtres et les lévites interrogent donc Jean; ce n'est pas qu'ils ne sachent qui il est, (il était trop bien connu); mais c'était pour le porter à se dire le Christ, comme je l'ai dit ci-dessus.

Écoutez donc, mes frères, comment ce saint homme répond à la pensée de ceux qui l'interrogent et non à la demande qu'ils lui font. Lorsqu'ils lui disent: « Qui êtes vous? », il ne répond pas d'abord ce qu'il semblait naturel de répondre: « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert »; mais il impose silence à leurs conjectures. Car sur la demande: « Qui êtes-vous? », l'Écriture dit: « Il confessa, et il ne le nia point; il confessa qu'il n'était point le Christ ». Faites ici attention à la sagesse de l'évangéliste: il répète trois fois cette réponse, pour faire connaître la vertu de Jean-Baptiste et la méchanceté et la folie de ces ambassadeurs. Et saint Luc dit que le peuple, que tous pensant en eux-mêmes qu'il était le Christ (Lc 3:15), il avait lui-même éloigné et étouffé cette pensée. C'est le devoir d'un bon et fidèle serviteur, non-seulement de ne point s'arroger la gloire qui n'est due qu'à son maître, mais encore de rejeter celle que la multitude veut ôter à celui-ci pour la lui donner à lui-même.

Le peuple à la vérité avait conçu ce sentiment par simplicité et par ignorance; mais les prêtres et les lévites, comme j'ai dit, faisaient cette question dans une intention maligne; ils espéraient par leur adulation obtenir ce qu'ils désiraient; s'ils ne s'en fussent pas flattés, ils n'auraient pas aussitôt passé à une autre demande, mais ils se seraient plaints de ce que Jean-Baptiste n'avait pas répondu à leur question, et ils auraient dit: Est-ce que nous avons eu cette pensée? Est-ce là ce que nous sommes venus te demander? Étant donc comme pris et découverts, ils passent vite à une autre question, et ils lui demandent: « Quoi donc? Êtes-vous Élie? Et il leur répondit: Je ne le suis point ». En effet, ils attendaient Élie, comme Jésus-Christ le dit. Car « ses disciples l'ayant interrogé, et lui ayant dit: Pourquoi donc les scribes disent-ils qu'il faut qu'Élie vienne auparavant? Il leur répondit: Il est vrai qu'Élie doit venir et qu'il rétablira toutes choses ». Ils poursuivent ensuite, et ils lui demandent « Êtes-vous LE prophète? Et il leur répondit «Non» (Mt 17:10-11) ». Et cependant il était prophète; pourquoi donc répond-il négativement? C'est qu'il répond encore à l'esprit et à la pensée de ceux qui l'interrogent: ils attendaient un grand prophète, parce que Moïse avait dit: « Le Seigneur votre Dieu vous suscitera un prophète comme moi d'entre vos frères; écoutez-le (Dt 18:15) ». Et Jésus-Christ était ce prophète. Voilà pourquoi ils ne disent pas: Êtes-vous prophète, du nombre des prophètes? Mais ils disent avec l'article: Êtes-vous LE prophète qui a été prédit par Moïse? C'est pour cela qu'il a nié, non qu'il était prophète, mais ce prophète. « Ils lui dirent donc: » mais « qui êtes-vous, afin que, nous rendions réponse à ceux qui nous ont envoyés? Que dites-vous de vous-même? » Ne voyez-vous pas qu'ils pressent, qu'ils poursuivent leurs interrogations, qu'ils ne cessent point de le questionner, et que lui, au contraire, ayant auparavant repoussé avec douceur leur fausse opinion, établit le vrai sentiment qu'ils doivent avoir de lui; car il leur dit: « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert: Rendez droite la voie du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe ». Comme Jean-Baptiste avait parlé de Jésus-Christ d'une manière grande et sublime; eu égard à l'opinion qu'ils en avaient, il a promptement recours au prophète, et il s'appuie de son témoignage pour gagner la confiance de ses auditeurs.

« Or, ceux qu'on lui avait envoyés », dit l'évangéliste, « étaient des pharisiens; ils lui firent encore une nouvelle demande, et lui dirent: Pourquoi donc baptisez-vous, si vous n'êtes ni le Christ, ni Élie, ni prophète? ». Ceci vous fait voir, mes frères, que je n'ai pas témérairement dit qu'ils avaient voulu l'amener là, « ou l'engager à se déclarer le Christ ». Et certes, au commencement ils ne s'expliquaient pas si nettement, de crainte que tout le monde ne découvrît leur intention. Ensuite, après qu'il a dit: « Je ne suis point le Christ », voulant cacher ce qu'ils machinaient dans leur coeur, ils reviennent encore à Élie et à la qualité de prophète. Mais dès qu'il leur a répondu qu'il n'est ni l'un ni l'autre, ils sont déconcertés, forcés de quitter leur masque, et de montrer à nu leur artificieux projet, en disant: « Pourquoi donc baptisez-vous, si vous n'êtes point le Christ? » Puis revenant à leur hypocrite dessein, ils prononcent ces nouveaux noms, celui d'Élie, celui du prophète. Comme ils n'avaient pu le surprendre par leur flatterie, ils espéraient, mais à tort, le forcer par leur accusation à dire ce qui n'était point. Ô folie! ô arrogance! ô malséante curiosité! Vous avez été envoyés, pour apprendre de Jean-Baptiste qui il est et d'où il est; n'allez-vous pas maintenant lui faire la loi? Car vous agissez encore en personnes qui veulent le contraindre de se déclarer le Christ. Cependant il ne se fâche point même alois; il ne leur dit rien de ce qu'on aurait attendu: Prétendez-vous me commander et me faire la loi? Mais il montre encore une grande modestie en ce qu'il dit: « Pour moi, je baptise dans l'eau, mais il y en a un au milieu de vous que vous ne connaissez pas; c'est lui qui va venir après moi, qui est au-dessus de moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers (26, 27) ».

Notre-Dame de Guadalupe

 Lundi 12 Décembre 2022

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« Écoute moi et comprends bien, le moindre de mes fils, rien ne doit t’effrayer ou te peiner.

Que ton cœur ne soit pas troublé.

N’aie pas peur de cette maladie, ni d’aucune autre maladie ou angoisse.

Ne suis-je pas là, moi qui suis ta Mère? N’es-tu pas sous ma protection? Ne suis-je pas
ta santé? Ne reposes-tu pas heureux en mon sein? Que désires-tu de plus?

Ne sois pas malheureuxou troublé par quoi que ce soit.

Ne sois pas affligé par la maladie de ton oncle, il n’en mourra pas. Sois assuré qu’il est maintenant guéri »

(Notre Dame à Juan Diego, 4ème apparition)

IVème Dimanche de l'Avent

Dimanche 18 Décembre 2022 (Messe à 10h15)

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 4:1-5

[1]Mes frères: Ainsi, qu'on nous regarde comme des serviteurs du Christ et des dispensateurs des mystères de Dieu.
[2]Eh bien! ce que l'on cherche dans les dispensateurs, c'est que chacun soit trouvé fidèle.
[3]Pour moi, il m'importe fort peu d'être jugé par vous ou par un tribunal humain; je ne me juge pas moi-même;
[4]car, quoique je ne me sente coupable de rien, je ne suis pas pour cela justifié: mon juge, c'est le Seigneur.
[5]C'est pourquoi ne jugez de rien avant le temps jusqu'à ce que vienne le Seigneur: il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres et manifestera les desseins des cœurs, et alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui est due.

Évangile selon saint Luc 3:1-6

[1]La quinzième année du règne de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée; Hérode, tétrarque de la Galilée; Philippe, son frère, tétrarque de l'Iturée et du pays de la Trachonite, et Lysanias, tétrarque de l'Abilène;
[2]au temps des grands prêtres Anne et Caïphe, la parole du Seigneur se fit entendre à Jean, fils de Zacharie, dans le désert.
[3]Et il vint dans toute la contrée du Jourdain, prêchant le baptême de pénitence pour la rémission des péchés,
[4]ainsi qu'il est écrit au livre des oracles du prophète Isaïe: "Une voix a retenti au désert: Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers.
[5]Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline seront abaissées; les chemins tortueux deviendront droits, et les raboteux unis.
[6]Et toute chair verra le salut de Dieu."

Commentaire de Saint Jean Chrysostome sur l'Évangile de saint Matthieu (Homélie X)

"Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline seront abaissées... (Lc 3:5)"

« C’est lui dont il a été dit parle prophète Isaïe. On entendra dans le désert la voix de celui qui crie: Préparez la voie du Seigneur, rendez droits ses sentiers ». Il est bon de considérer le rapport qui se trouve sinon dans les paroles, du moins dans les pensées d’Isaïe et de saint Jean. Isaïe dit de saint Jean, que lorsqu’il viendra il criera: « Préparez la voie du Seigneur, rendez droits ses sentiers (Is 40:3) ».  Et saint Jean disait: « Faites de dignes fruits de pénitence (Lc 3:8) ». Vous le voyez, et la prédiction d’Isaïe et la prédication de Jean montraient une seule et même chose, savoir: que Jean était le précurseur du Messie et qu’il lui préparerait la voie, non en donnant la grâce et en remettant les péchés; mais en disposant les coeurs à recevoir le Seigneur et le Dieu de l’univers.

Saint Luc va plus loin, il ne se contente pas de rapporter seulement le commencement de la prophétie, il y ajoute encore la suite: « Toute vallée », dit-il, « sera remplie, et toute montagne et toute colline sera abaissée. Les chemins tortus deviendront droits, et les raboteux seront aplanis et tout homme verra le Sauveur envoyé de Dieu (Lc 3:5) ». Voyez-vous comme le prophète embrasse tous les événements, et le concours du peuple, et l’heureux changement qui devait s’opérer, et la facilité de la doctrine, et la cause qui devait tout mettre en mouvement? Isaïe s’exprime allégoriquement à la manière des prophètes. Car en disant: « Que toute vallée sera remplie » et « que toute montagne et toute colline sera abaissée, et que les chemins tortus deviendront droits et que les raboteux seront aplanis (Lc 3:5) », il montre les humbles élevés, les grands abaissés, et les rigueurs et les difficultés de la loi ancienne cédant à la douceur et à la facilité de la loi de l’Evangile. Ce ne sont plus, dit-il, les peines et les travaux qu’on vous présente, mais on vous offre la grâce et la rémission des péchés, qui vous donnera une grande facilité pour acquérir le salut. Et pour marquer la cause de ces grands biens, il ajoute aussitôt: « Et toute chair verra le Sauveur envoyé de Dieu ». « Toute chair », dit l’évangéliste; ce ne sont plus seulement les juifs, ni les prosélytes qui le verront, mais la terre et la mer, et généralement tous les hommes. Il entend par ces « chemins tortus », tout ce qu’il y a de corrompu parmi les hommes, les publicains, les prostituées, les voleurs et les magiciens, qui égarés auparavant ont marché ensuite par un chemin droit. C’est ce que le Fils de Dieu a marqué lui-même, lorsqu’il a dit aux Juifs: « Les publicains et les femmes perdues, vous précéderont dans le royaume des cieux (Mt 21:31) ».

Le Prophète dit la même chose par une autre expression: « Alors », dit-il, « les loups et les agneaux viendront paître ensemble (Is 65:25) ». De même que par ces vallées remplies, par ces collines abaissées, le Prophète a voulu nous marquer l’anomalie des moeurs des hommes changée dans l’uniformité de la vie évangélique, de même par ce passage où il fait paître ensemble les bêtes du caractère le plus opposé, il veut encore nous faire entendre que les moeurs et les habitudes des hommes les plus différentes se réuniront dans la paix et l’harmonie d’une même charité. Et Isaïe montre quelle sera la cause de cette réunion, en disant: « On verra alors celui qui doit être le Prince des nations, et les nations espéreront en lui (Is 11:40) ».  C’est encore la même pensée qu’il exprime après par ces autres termes: « Et toute chair verra le Sauveur envoyé de Dieu (Is 25:40) ».  Il fait voir par toutes ces paroles que la connaissance et la vertu de l’Évangile se répandront jusqu’aux extrémités du monde, retirant les hommes de la brutalité de leurs moeurs, amollissant la dureté de leurs coeurs et leur communiquant la douceur et la simplicité des enfants de Dieu.

Saint Thomas Apôtre

 Mercredi 21 Décembre 2022

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"Le mot grec Didyme veut dire double en latin, et ce disciple est ainsi appelé à cause de ses doutes dans la foi. Le mot Thomas signifie abîme, parce qu'il a pénétré ensuite avec une foi certaine les profondeurs de la divinité. Or, ce n'était point par l'effet du hasard que ce disciple était alors absent, car la conduite de la divine bonté paraît ici d'une manière merveilleuse, elle voulait que ce disciple incrédule, en touchant les blessures du corps du Sauveur, guérît en nous les blessures de l'incrédulité. En effet, l'incrédulité de Thomas nous a plus servi pour établir en nous la foi que la foi elle-même des disciples qui crurent sans hésiter. L'exemple de ce disciple qui revient à la foi en touchant le corps du Sauveur chasse de notre âme toute espèce de doute et nous affermit à jamais dans la foi."
(Alcuin d'York, Poète, savant et théologien anglais)

Nativité de Notre Seigneur

♰  Jésus Christ

Dimanche 25 Décembre 2022

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"Être touchés par la présence de Dieu, qui se fait l'un de nous à Noël, est un don inestimable... Il n'y a rien de plus beau, de plus urgent, ni de plus important, que de donner gratuitement aux hommes ce que nous avons reçu gratuitement de Dieu. Rien ne peut nous exempter ni nous dispenser de cet engagement exigeant et fascinant. La joie de la Nativité..., tandis qu'elle nous comble d'espérance nous incite à annoncer à tous la présence de Dieu au milieu de nous."

(Pape émérite Benoît XVI, le 23 Décembre 2007)

Lettre de saint Paul Apôtre aux Hébreux 1:1-12

[1]Après avoir, à plusieurs reprises et en diverses manières, parlé autrefois à nos pères par les Prophètes,
[2]Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, et par lequel il a aussi créé le monde.
[3]Ce Fils, qui est le rayonnement de sa gloire, l'empreinte de sa substance, et qui soutient toutes choses par sa puissante parole, après nous avoir purifiés de nos péchés, s'est assis à la droite de la majesté divine au plus haut des cieux,
[4]d'autant plus grand que les anges, que le nom qu'il possède est plus excellent que le leur.
[5]Auquel des anges en effet Dieu a-t-il jamais dit: "Tu es mon Fils, aujourd'hui je t'ai engendré?" Et encore: "Je serai pour lui un père, et il sera pour moi un Fils?"
[6]Et lorsqu'il introduit de nouveau dans le monde le Premier-né, il dit: "Que tous les anges de Dieu l'adorent!"
[7]De plus, tandis qu'il est dit des anges: "Celui qui fait de ses anges des vents, et de ses serviteurs une flamme de feu",
[8]il dit au Fils: "Ton trône, ô Dieu, est éternel; le sceptre de ta royauté est un sceptre de droiture.
[9]Tu as aimé la justice et haï l'iniquité; c'est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t'a oint d'une huile d'allégresse au-dessus de tous tes compagnons."
[10]Et encore: "C'est toi, Seigneur, qui as au commencement fondé la terre, et les cieux sont l'ouvrage de tes mains;
[11]ils périront, mais tu demeures; ils vieilliront tous comme un vêtement;
[12]comme un manteau tu les rouleras, et ils seront changés; mais toi, tu restes le même, et tes années ne s'épuiseront point."

Évangile selon saint Jean 1:1-14

[1]Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu.
[2]Il était au commencement en Dieu.
[3]Tout par lui a été fait, et sans lui n'a été fait rien de ce qui existe.
[4]En lui était la vie,et la vie était la lumière des hommes,
[5]Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue.
[6]Il y eut un homme, envoyé de Dieu; son nom était Jean.
[7]Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui:
[8]non que celui-ci fût la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière.
[9]La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde.
[10]Il (le Verbe) était dans le monde, et le monde par lui a été fait, et le monde ne l'a pas connu.
[11]Il vint chez lui, et les siens ne l'ont pas reçu.
[12]Mais quant à tous ceux qui l'ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom,
[13]Qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu sont nés.
[14]Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, gloire comme celle qu'un fils unique tient de son Père tout plein de grâce et de vérité.

Commentaire de Saint Jean Chrysostome sur l'Évangile de saint Matthieu (Homélie V)

"À qui on donnera le nom d’Emmanuel... (Mt 1:23)"

« Or tout cela s’est fait pour accomplir ce que le Seigneur avait dit par le Prophète ». L’écrivain sacré s’exprime d’une manière aussi digne que possible, du grand mystère qu’il raconte, lorsqu’il dit: « Tout cela s’est fait ». Cet abîme de l’amour de Dieu; cet océan de miséricorde; ces grâces inespérées; ce renversement de toutes les lois de la nature; cette réconciliation de Dieu avec les hommes; cet abaissement de Celui qui était au-dessus de tout, jusqu’à l’état le plus humble; la destruction de « cette muraille de séparation (Ep 2:14) », dont parle saint Paul; tous les obstacles de notre salut entièrement levés, et ce grand nombre de merveilles renfermées dans ce mystère, il les embrasse toutes d’un coup d’oeil, il les exprime toutes par ce mot:

« Tout cela s’est fait pour accomplir ce que le Seigneur avait dit par son Prophète ». Ne considérez pas ce qui se passe maintenant, dit-il, comme une oeuvre dont l’idée soit nouvelle dans les desseins de Dieu, il y a longtemps qu’il l’a prédite et préfigurée; saint Paul s’applique à le démontrer partout dans ses écrits.

L’ange renvoie Joseph à Isaïe, afin que s’il oubliait à son réveil ce qu’il entendait en songe, les paroles du Prophète, dans la lecture desquelles il avait été nourri, l’en fissent souvenir. L’ange ne cite pas de même des prophéties à la Vierge, parce que n’étant encore qu’une jeune fille, elle pouvait n’en avoir pas connaissance; mais lorsqu’il parle à un homme, et à un homme juste, qui s’appliquait à la lecture des Prophètes, il a soin de lui citer leur témoignage. Remarquez aussi comment l’ange, avant d’avoir cité le Prophète, ajoute au nom de « Marie » les mots « votre femme »; et comment, après avoir invoqué l’autorité d’Isaïe, il ne craint plus de lui donner le nom de « vierge ». Car Joseph n’eût pas été si disposé à croire Marie vierge et mère tout ensemble, si l’ange ne lui eût fait voir auparavant qu’Isaïe autorisait cette vérité. Mais pour un homme qui avait longuement médité le Prophète, la merveille d’une vierge mère cessait d’être étrange pour devenir une idée familière et parfaitement admissible. C’est donc pour préparer l’esprit de Joseph à entendre ce miracle, que l’ange en appelle d’abord à Isaïe.

Il ne s’arrête pas encore là, mais il s’autorise par le témoignage de Dieu-même. Car il ne dit pas: « Tout cela s’est fait pour accomplir ce qui a été dit par Isaïe » en ces termes: mais « ce qui a été dit par le Seigneur ». Dieu même était celui qui avait prononcé cet oracle; Isaïe n’avait été que sa langue et sa voix. Mais que dit cet oracle? « Une vierge concevra et enfantera un fils, à qui on donnera le nom d’Emmanuel, c’est-à-dire Dieu avec nous ».

Pourquoi donc, me direz-vous, ne lui a-t-on pas donné le nom d'« Emmanuel », mais celui de Jésus-Christ? C’est parce que l’ange ne dit pas, « vous l’appellerez », mais indéterminément, « on lui donnera », c’est-à-dire, que les peuples lui donneront ce nom, d’après l’événement. Ce terme d’Emmanuel définit un événement selon la coutume de l’Écriture. Et lorsque l’ange dit: « On lui donnera le nom d’Emmanuel, c’est-à-dire, Dieu avec nous », c’est comme s’il disait: Les hommes verront Dieu vivant avec eux. Car bien que Dieu ait toujours été avec eux, il n’y était pas néanmoins d’une manière visible et sensible, comme depuis l’incarnation. Que si les Juifs osent s’opposer à ce que je dis, je leur ferai remarquer qu’on n’a jamais donné non plus à Jésus-Christ un autre nom marqué par le Prophète, et qui veut dire: « Hâtez-vous de prendre les dépouilles, hâtez-vous de ravir votre butin (Is 8:3) »,  Et qu’auront-ils à répondre? Pourquoi donc Isaïe dit-il: « Appelez son nom », c’est parce qu’aussitôt qu’il est né, il a remporté les dépouilles du démon, et le Prophète lui attribue comme son nom propre, cet effet si glorieux du pouvoir qu’il a eu dès sa naissance.

Il est dit de même que la ville de Jérusalem sera appelée: « Une ville de justice, la mère des cités, la fidèle Sion (Is 1:26) ». Cependant nous ne voyons point que Jérusalem ait porté le nom de « ville de justice »; et elle a toujours conservé son premier nom; et lorsque le Prophète dit qu’elle portera ce nom c’est un tour particulier qu’il emploie pour exprimer le fait de sa conversion au bien et à la justice. Lorsqu’une action d’éclat signale davantage celui qui l’a accomplie, que ne pourrait faire son nom propre, on lui donne un autre nom qui rappelle ce qu’il a fait.

Refoulés sur ce point, les Juifs reviennent à la charge sur un autre, ils s’en prennent à la virginité que nous attribuons à la mère du Messie, ils objectent que tous les interprètes n’entendent pas comme nous ce passage d’Isaïe, qu’ils traduisent non pas « une vierge », mais « une jeune fille ». A cela nous répondrons que les plus sûrs interprètes sont les Septante, qu’il n’y en a pas dont l’autorité soit égale à la leur; les autres ont écrit depuis Jésus-Christ, ils sont juifs, et par conséquent suspects, parce qu’ils ont malicieusement corrompu beaucoup d’endroits, et qu’ils ont fâché d’obscurcir les Prophètes. Au contraire les Septante ont fait leur version plus de cent ans avant Jésus-Christ et ils étaient plusieurs ensemble: ils évitent par là jusqu’à l’ombre du soupçon; leur temps, leur nombre et leur union leur donnent une autorité que les autres ne peuvent avoir.

Saint Étienne

 Lundi 26 Décembre 2022

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"Vous avez appris ce qu'était saint Étienne quand il fut choisi par les Apôtres, et avant qu'il fût mis à mort publiquement pour être secrètement couronné. Il est nommé le premier des diacres, comme l'apôtre saint Pierre le premier des Apôtres. Eh bien! Quoique ordonné par les Apôtres, il les précéda bientôt au martyre: ordonné par eux, il fut couronné avant eux. Qu'avez-vous entendu pendant la lecture sainte? « Rempli de la grâce et du Saint-Esprit, Étienne faisait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple, au nom de Jésus-Christ, le Seigneur (Ac 6:8) ». Qui faisait ces prodiges? Et au nom de qui? Vous qui savez aimer Étienne, aimez-le en Jésus-Christ. C'est ce qu'il veut, c'est ce qui lui est agréable; c'est ce qu'il désire, c'est ce qui lui plaît. Ah! Ce n'est pas son nom qu'il a voulu mettre en relief au milieu de ses bourreaux. Remarquez qui il confessait pendant qu'on le lapidait; qui il confessait sur la terre et qui il contemplait au ciel; pour qui il sacrifiait son corps, et à qui il recommandait son âme. Lisons-nous, en effet, ou pouvons-nous lire dans ses enseignements que Jésus-Christ faisait ou qu'il fait des miracles au nom d'Étienne? Étienne en a fait, mais au nom du Christ. Il continue; car tout ce que vous voyez s'opérer par le souvenir d'Étienne, se fait au nom du Christ; et cela, pour publier la gloire du Christ, pour le faire adorer, pour le faire attendre comme Juge des vivants et des morts, pour enfin disposer ceux qui l'aiment à mériter d'être placés à sa droite. Quand, en effet, il apparaîtra, les uns seront à sa droite et les autres à sa gauche; à sa droite pour être heureux, pour être malheureux à sa gauche.

Toutefois, que le bienheureux Étienne imite son Seigneur. Sous une grêle de dures pierres, il souffrait avec une patience invincible, ces bourreaux qui lui lançaient, quoi? Sinon ce qu'ils étaient. Voulez-vous savoir combien effectivement ils étaient durs? « Durs de tête, leur dit-il, et incirconcis de coeur et d'oreilles, toujours vous résistez au Saint-Esprit ». Tu veux donc mourir, tu cours te faire lapider, tu aspires à être couronné. « Toujours vous résistez à l'Esprit-Saint ». Pendant que lui parlait ainsi, eux frémissaient et grinçaient les dents. Continue, Étienne; dis ce qu'ils ne supporteront pas, ce qu'ils ne pourront endurer; parle pour te faire lapider, afin que nous ayons de quoi célébrer.

Les cieux s'ouvrirent; le martyr y vit le Chef des martyrs; il y vit Jésus debout à la droite de son Père; il l'y vit, mais sans garder le silence. Les Juifs ne l'y voyaient pas, car ils étaient aveuglés par la haine. Pour parvenir jusqu'à Celui qu'il voyait, Étienne ne dissimula pas qu'il l'avait sous les yeux. « Voici, dit-il, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l'homme debout à la droite de son Père ». Comme si ces paroles eussent été un blasphème, les Juifs se bouchèrent les oreilles. Ne les reconnaissez-vous point dans ce passage d'un psaume: « Comme l'aspic qui se rend sourd en se bouchant les oreilles, pour n'écouter pas la voix de l'enchanteur, pour ne prendre pas le remède présenté par le sage ? (Ps 57:5-6) »."

(Saint Augustin, Sermon CCCXVI)

Saint Jean Apôtre et Évangéliste

 Mardi 27 Décembre 2022

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"Il se présente ici une question digne de notre attention et de nos recherches; pourquoi, tous étant dans l'inquiétude et dans la crainte, et le chef lui-même dans le trouble et dans la terreur, Jean, comme s'il eût été dans la joie, se couche sur le sein de Jésus, et non-seulement il s'y repose, mais aussi il y laisse tomber sa tête; et ce n'est point là seulement la question qui est digne de nos recherches, mais encore ce qui suit. Quoi? Ce que Jean dit de lui-même: « Le disciple que Jésus aimait ». Pourquoi aucun autre n'a parlé de lui en ces termes? Et d'ailleurs les autres aussi étaient aimés? Mais celui-ci l'était plus que tous les autres. Que si nul autre n'a parlé de lui en ces termes, et si Jean lui-même est le seul qui l'ait fait, il n'est rien en cela qui nous doive surprendre. Saint Paul, dans l'occasion, en a usé de même, il a dit: « Je connais un homme, qui fut ravi il y a quatorze ans (2 Co 22:2) ». Et encore le saint apôtre a raconté beaucoup de choses qui ne lui font pas médiocrement honneur.

Jean entend cette parole: « Suivez-moi (Mt 4:21) »; sur-le-champ il quitte ses filets et son père, et il suit: croyez-vous que ce soit là peu de chose? Et que Jésus l'ait pris avec Pierre, et l'ait mené à l'écart sur une montagne (Mt 17:1); selon vous, est-ce là peu de chose? Et encore qu'il soit entré avec son Maître dans la maison du grand prêtre? Mais Jean lui-même, quel éloge n'a-t-il pas fait de Pierre? Il n'a point passé sous silence ces paroles de Jésus-Christ: « Pierre, m'aimez-vous plus que ne font ceux-ci? (Jn 21:15) » Partout il le représente vif et bouillant, et sincèrement attaché à son Maître. Au reste, c'est par un grand amour pour Jean que Pierre fit cette demande: « Et celui-ci, Seigneur, que deviendra-t-il? (Jn 21,21) » [...]

Lorsque vous entendez que Jean était couché sur le sein de Jésus, et qu'il était si familier avec son Maître, croyez-vous avoir appris peu de chose? Mais si vous demandez ce qui lui procurait cet honneur et cet avantage, je vous dirai que c'est l'amour que Jésus avait pour lui; c'est pourquoi il dit: « Celui que Jésus aimait ». Pour moi, je pense que Jean eut un autre sujet de faire cette question, et que c'était pour se montrer innocent du crime dont le Maître accusait l'un d'entre eux. Voilà pourquoi il interroge hardiment et avec confiance; et en effet, pour quelle autre raison ne fait-il cette demande que lorsque le chef des apôtres lui fait signe? C'est afin que vous ne croyiez pas que Pierre s'adresse préférablement à lui, comme étant plus grand que les autres, aussi Jean déclare que c'est à cause que Jésus l'aimait beaucoup.

Pourquoi Jean se reposa-t-il sur le sein de Jésus-Christ? C'est parce qu'en général les disciples n'avaient pas encore une digne opinion de lui, et à l'égard de Jean, il soulageait par là son affliction. Il y a toute apparence qu'ils avaient tous le visage fort triste; car si leur âme était pleine de trouble et de tristesse, leur visage sans doute l'était beaucoup plus encore. Jésus-Christ les console donc et par ses paroles, et par la réponse qu'il fait à cette demande, et il invite Jean à reposer sa tête sur son sein. Mais remarquez que cet évangéliste est très éloigné du faste et de l'ostentation; il ne se nomme pas, mais il dit: « Celui que Jésus aimait ». De même que fait saint Paul, lorsqu'il dit: « Je connais un homme qui fut ravi il y a quatorze ans ».

(Saint Jean Chrysostome, Homélie LXXII)

Les Saints Innocents

 Mercredi 28 Décembre 2022

12_28 - Les Saints Innocents - 01

"Les mères s'arrachaient les cheveux; elles voulaient cacher leurs petits enfants, mais ces tendres créatures se trahissaient elles-mêmes; elles ne savaient pas se taire, n'ayant pas appris à craindre. C'était un combat entre la mère et le bourreau; l'un saisissait violemment sa proie, l'autre la retenait avec effort. La mère disait au bourreau: "Moi, te livrer mon enfant! Mes entrailles lui ont donné la vie, et tu veux le briser contre la terre!" Une autre mère s'écriait: "Cruel, s'il y a une coupable, c'est moi! Ou bien épargne mon fils, ou bien tue-moi avec lui!" Une voix se faisait entendre: "Qui cherchez-vous? Vous tuez une multitude d'enfants pour vous débarrasser d'un seul, et Celui que vous cherchez vous échappe!" Et tandis que les cris des femmes formaient un mélange confus, le sacrifice des petits enfants était agréé du Ciel."

"Ô bienheureux enfants ! Que celui-là doute de la couronne que vous a méritée le martyre souffert pour Jésus-Christ, qui nie l'utilité du baptême de Jésus-Christ pour les enfants. Est-ce qu'en effet celui qui a pu avoir des anges pour prédicateurs de sa naissance, et des Mages pour adorateurs dans son berceau, n'aurait pas pu garantir ces enfants de la mort qu'ils ont soufferte pour lui, si cette mort devait être pour eux une perte sans retour, au lieu d'être le commencement d'une vie bien plus heureuse? Gardons-nous de penser que le Christ qui venait sur la terre pour l'affranchissement et le salut de tous les hommes, n'ait rien fait pour la récompense des enfants qui mouraient pour lui, alors que lui-même, suspendu au bois de la croix, alla jusqu'à prier pour ses bourreaux."

(Saint Augustin)

De 1min02 à 1min14 nous pouvons admirer le soin que prend le Padre Pio à enlever les parties fragiles de l'Hostie non consacrée pour qu'aucune parcelle ne risque de tomber après la consécration !

CHAPELLE SAINT MICHEL D'INGOUVILLE