top of page

Un nouveau site internet de la FSSP dédié à la formation spirituelle et intellectuelle des âmes : https://claves.org/

MESSE DOMINICALE À 10H15

Chapelet tous les samedis à 16h00

Mois de Février : Mois du Saint-Esprit

Mercredi 28 Février : Saint Gabriel de l'Addolorata

✟ ✟ ✟ ✟ ✟ ✟ ✟

Mois de Mars : Mois de Saint Joseph

Samedi 02 Mars : Premier samedi du mois de Mars

Samedi 02 Mars : Saint Jean Maron

Dimanche 03 Mars : IIIème Dimanche du Carême

Mercredi 06 Mars : Saintes Perpétue et Félicité

Jeudi 07 Mars : Saint Thomas d'Aquin

Dimanche 10 Mars : IVème Dimanche du Carême (Lætare)

Dimanche 10 Mars : Les Quarante Martyrs de Sébaste

Mardi 12 Mars : Saint Grégoire le Grand

Dimanche 17 Mars : Ier Dimanche de la Passion

Lundi 18 Mars : Saint Cyrille de Jérusalem

⚜ Mardi 19 Mars : Saint Joseph ⚜

Jeudi 21 Mars : Saint Benoît

Samedi 23 Mars : Sainte Rafqa

Dimanche 24 Mars : Dimanche des Rameaux

♱ Jeudi 28 Mars : Jeudi Saint 

♱♱♱ Vendredi 29 Mars : Vendredi Saint ♱♱

Samedi 30 Mars : Samedi Saint

Dimanche 31 Mars : Dimanche de la Résurrection 

✟ ✟ ✟ ✟ ✟ ✟ ✟

Mois d'Avril : Mois de la Divine Miséricorde

Lundi 1er Avril : Lundi de Pâques 

Samedi 06 Avril : Premier samedi du mois d'Avril

♱ Dimanche 07 Avril : Dimanche In Albis 

Lundi 08 Avril : Annonciation de la Très Sainte Vierge Marie

Samedi 13 Avril : Saint Herménégilde

Dimanche 14 Avril : IIème Dimanche après Pâques

Dimanche 21 Avril : IIIème Dimanche après Pâques

Mardi 23 Avril : Saint Georges

Jeudi 25 Avril : Saint Marc Évangéliste

Dimanche 28 Avril : IVème Dimanche après Pâques

Mardi 30 Avril : Sainte Catherine de Sienne

✟ ✟ ✟ ✟ ✟ ✟ ✟

Mois de Mai : Mois de la Très Sainte Vierge Marie

⚜ Mercredi 1er Mai : Saint Joseph Artisan 

Jeudi 02 Mai : Saint Athanase d'Alexandrie

Samedi 04 Mai : Premier samedi du mois de Mai

Samedi 04 Mai : Sainte Monique

Dimanche 05 Mai : Vème Dimanche après Pâques

Jeudi 09 Mai : Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ

Samedi 11 Mai : Saint Philippe et Saint Jacques le Mineur - Apôtres

 Dimanche 12 Mai : Solennité de Sainte Jeanne d'Arc 

Lundi 13 Mai : Notre-Dame de Fatima

Jeudi 16 Mai : Saint Simon Stock

♱♱♱ Dimanche 19 Mai : Dimanche de la Pentecôte ♱♱♱

Lundi 20 Mai : Saint Bernardin de Sienne

Mercredi 22 Mai : Sainte Rita de Cassia

♱♱♱ Dimanche 26 Mai : Dimanche de la Très Sainte Trinité ♱♱♱

♱♱♱ Jeudi 30 Mai : Fête-Dieu ♱♱♱

Vendredi 31 Mai : Fête de Marie Reine

✟ ✟ ✟ ✟ ✟ ✟ ✟

Mois de Juin : Mois du Sacré-Cœur de Jésus

Samedi 1er Juin : Premier samedi du mois d'Avril

Dimanche 02 Juin : IIème Dimanche après la Pentecôte

Mois de Février

Mois du Saint-Esprit

02 - Saint Esprit - 01

« Esprit-Saint, mon Dieu, j'éprouve le désir de parler de vous, et, néanmoins, je crains pour moi de le faire, car je ne trouve en moi rien qui me le permette. Pourrais-je, en effet, dire autre chose que ce que vous m'inspirerez? Pourrai-je prononcer un seul mot, si vous ne venez en moi pour vous substituer à moi et vous parler de vous-même? Donnez-vous donc à moi pour commencer, ô généreux bienfaiteur, ô don parfait; car, quant à vous, vous m'appartenez; rien ne peut m'appartenir, je ne puis m'appartenir moi-même, si je ne vous possède d'abord. Soyez à moi, et ainsi serai-je à moi, et aussi à vous: si je ne vous possède pas, rien ne m'appartiendra. Près de qui aurai-je le droit de vous posséder? Près de personne, si ce n'est près de vous. Il faut donc que vous vous donniez à moi, afin que je puisse faire auprès de vous votre acquisition. Prévenez-moi donc, préparez mon âme à vous recevoir, et quand vous y serez entré, parlez-vous pour moi et écoutez-vous en moi. Écoutez-vous en mon lieu et place, ô vous qui êtes si bienveillant! Écoutez une bonne fois, et ne vous irritez pas. Voyez de quel esprit s'inspirent mes paroles pour moi, je l'ignore, mais je sais pertinemment que, dépourvu de votre assistance, je ne puis rien dire. Je m'en souviens: il vous a suffi jadis de toucher un homme adultère et assassin pour en faire le psalmiste; vous avez délivré l'innocente Suzanne; vos regards se sont abaissés sur une femme possédée par sept démons, sur Madeleine, et la charité surabondante dont vous l'avez remplie en a fait l'apôtre des Apôtres; le larron a été visité par vous, pendant qu'il était en croix, et, le même jour, vous l'avez placé dans le ciel pour l'y faire jouir de la gloire du Christ. Sous votre influence, l'apostat a versé des larmes de repentir, et vous l'avez préparé à recevoir le souverain pontificat. N'est-ce point à votre appel que le publicain est devenu un évangéliste? N'avez-vous point terrassé le persécuteur, et, quand il s'ert relevé, n'était-il point devenu un docteur hors ligne? N'êtes-vous pas venu du ciel pour visiter les Juifs orgueilleux, et en les voyant consumés par les ardeurs de la plus audacieuse doctrine, ne les avez-vous pas délaissés? Dieu de sainteté, quand je réfléchis à ce que vous avez inspiré à tous ces personnages, je me sens encouragé, par leur exemple, à vous parler ainsi, et je sais, à n'en pas douter un instant, que vous m'avez appris à vous répondre de la sorte: voilà aussi pourquoi je soupire vers vous et me jette dans vos bras. Écoutez-moi, bonté sans limites, et que votre misérable créature n'encoure point votre indignation. Si mes crimes surpassent, par leur nombre, les crimes de tous ces personnages qui me rappellent vos miséricordes, votre indulgence dépasse de beaucoup en étendue ma culpabilité; car n'est-elle pas infinie? Il lui est facile de pardonner un péché! Ne lui est-il pas aussi aisé d'en pardonner des centaines de mille? À l'un il a suffi d'un seul péché mortel pour se voir réservé à la damnation, quand il est sorti de ce monde: avec des milliers de fautes, un autre a été réservé par Dieu, comme étant prédestiné à la vie. Qu'y a-t-il en cela, ô très-doux Esprit? C'est que, d'un côté, se manifeste votre miséricorde, et, de l'autre, votre justice. Ces deux hommes, bien différents l'un de l'autre, se trouvent également destinés après une multitude de crimes énormes et pour la fin du monde, celui-ci à entrer dans la vie, celui-là à tomber dans d'affreux tourments. Qu'en conclure, ô Dieu plein de bonté? C'est qu'en tout cela votre miséricorde sans bornes reste toujours égale à elle-même, bien que vous agissiez diversement. Le petit nombre des péchés ne donne pas plus la certitude d'arriver à la vie éternelle, que la grandeur et la multiplicité des fautes ne doit donner lieu au désespoir. Mais parce que votre miséricorde est préférable à toutes les vies, je l'invoque, je la désire, il m'est doux de m'y attacher. Donnez-vous à moi par son intermédiaire, et donnez-la moi par vous: que je la possède en vous, et qu'elle vous serve de chemin pour venir en moi. C'est elle qui m'inspire le confiant courage de vous parler; elle rend mon âme supérieure à elle-même: en la possédant je vous possède. Je ne demande donc rien que vous, car vous êtes le docteur et la science, le médecin et le remède, vous voyez l'état des âmes et vous les préparez, vous êtes l'amour et l'amant, la vie et le conservateur de la vie. Que dire de plus? Vous êtes tout ce qu'on peut appeler bon. Car si nous ne sommes point anéantis, c'est l'effet de votre indulgence: elle seule nous soutient en nous attendant; elle seule nous conserve en ne nous condamnant pas, nous rappelle sans nous faire de reproches, nous renvoie sans nous juger, nous accorde la grâce sans nous la reprendre, et nous sauve par sa persévérance »

("Prière au Saint-Esprit", Saint Augustin, Sermon XXXIV)

Saint Gabriel de l'Addolorata 

Mercredi 28 Février 2024

02_27 - Saint Gabriel de l'Addolorata - 01

Frère Gabriel de L'Addolorata (c'est-à-dire "de Notre-Dame des Sept-Douleurs") est le nom de religion que reçut François Possenti lorsqu'il fut entré chez les Passionnistes.

Dès son enfance, le jeune Saint professait une dévotion ardente envers la Sainte Vierge, dévotion qui lui avait été inspirée par les soins attentifs de sa mère. Pendant le temps de sa scolarité, cette dévotion s'intensifia sous l'influence de ses maîtres religieux, les Frères des Écoles Chrétiennes et les Pères Jésuites.

Aussi la divine Mère avait-Elle pour lui des attentions toutes particulières. Et on ne s'étonnera pas qu'Elle soit intervenue Elle-même dans l'appel du jeune homme à la vie religieuse.

À Spolète (Italie), on vénère une délicieuse et très antique image de la Madone, que l'on porte en procession dans la ville, le jour octave de l'Assomption. Personne ne voudrait manquer cette procession ni refuser de s'unir aux manifestations pieuses d'un peuple entier en l'honneur de la sainte image. Chacun s'efforce de se trouver sur son passage, de la contempler avec dévotion, dans l'espoir d'en obtenir quelque faveur particulière.

En 1856, comme les années précédentes, François Possenti se trouvait au milieu de la foule. Mais, cette fois, dès qu'il eut porté les yeux sur l'image de la Vierge, il se sentit profondément ému. Il avait aperçu la Sainte Vierge le regarder avec une maternelle tendresse; il L'avait entendue lui dire: "François, le monde n'est plus pour toi; il te faut entrer en religion".

Il entra donc chez les Passionnistes. Il y vécut saintement, puis y mourut en prédestiné, âgé de 24 ans, après six ans seulement de vie religieuse. Il est un des patrons de la jeunesse. Nous l'invoquons sous le nom de saint Gabriel de l'Addolorata, et sa fête se célèbre le 27 février.

La tendresse que saint Gabriel avait pour la Sainte Vierge atteignait à une véhémence qu'on ne saurait exprimer. Son cœur était comme un brasier brûlant d'amour pour sa tendre Mère. Et si vive que fût sa dévotion mariale pendant qu'il vivait encore dans le monde, elle n'était, pourtant, que l'ombre, pour ainsi dire, de celle qu'il manifesta une fois devenu religieux.

Dès son noviciat, il s'appliqua constamment à une union intime avec sa Mère du Ciel dans ses pensées, ses affections, ses paroles, ses actions. Il en était venu à ne plus perdre le souvenir de Marie, souvenir qui ne le quittait pas même pendant le sommeil, car ses rêves les plus fréquents avaient la Mère de Dieu pour objet.

La Sainte Vierge était le sujet le plus ordinaire de ses conversations. Il avait toujours quelque chose de nouveau à dire de Sa tendre Mère, et il faisait l'édification de tous ceux qui l'écoutaient. Ses lettres n'étaient qu'une longue louange de sa bonne Mère, qu'il désirait tant voir aimée et honorée des siens. Sans cesse, il leur recommandait la lecture du livre de saint Alphonse de Liguori intitulé "Les gloires de Marie".

C'est par amour pour la Sainte Vierge qu'il voulut s'appeler Frère Gabriel de Notre-Dame des Sept-Douleurs.

En esprit de pénitence et comme moyen d'écarter de lui tout ce qui aurait pu le détourner du souvenir constant de la divine Vierge, Frère Gabriel pratiquait strictement la modestie des yeux. Après cinq ans de cette pratique, il en était arrivé à ne plus avoir de distractions pendant ses prières.

Le jeune Saint s'était imposé un grand nombre de pratiques pieuses en l'honneur de Marie. L'une de ses plus chères dévotions était sa coutume d'offrir chaque jour à la bonne Mère un bouquet de petites mortifications, qu'il multipliait de façon étonnante. Mais il savait, et n'oublia jamais, que sa principale obligation de religieux était l'exacte observance de sa Règle.

Il était également plein d'ardeur pour faire partager à tous sa dévotion envers Marie. Il voulait s'engager par vœu particulier à étendre le règne de Marie. À la grande joie de son cœur, ses Supérieurs lui permirent de faire ce vœu apostolique.

Son agonie ne fut qu'une douce extase. Quelques instants avant de rendre le dernier soupir, il demanda l'image de Notre-Dame des Sept-Douleurs. L'ayant reçue, il la couvrit d'abord de baisers, puis la plaça sur son cœur, où il la pressa fortement de ses deux mains jointes. Soudain, un céleste sourire épanouit son visage, et c'est dans cette attitude qu'il rendit son âme.

Mois de Mars

Mois de Saint Joseph

03_19 - Saint Joseph - 03

« Je pris pour avocat et patron le glorieux Saint Joseph et je me recommandai instamment à lui. J’ai vu bien clairement que c’est lui, mon père et mon protecteur qui m’a guérie de cette infirmité, comme il m’a tirée également de dangers très grands où il s’agissait de mon honneur et du salut de mon âme. Son assistance m’a procuré plus de bien que je ne savais lui en demander. Je ne me souviens pas de lui avoir jamais rien demandé, jusqu’à ce jour, qu’il ne me l’ait accordé. C’est une chose merveilleuse que les grâces insignes dont Dieu m’a favorisée, et les dangers tant du corps que de l’âme dont il m’a délivrée par la médiation de ce bienheureux Saint.
Le Très-Haut donne seulement grâce aux autres Saints pour nous secourir dans tel ou tel besoin. Mais le glorieux Saint Joseph, je le sais par expérience, étend son pouvoir à tous nos besoins. Notre Seigneur veut nous faire comprendre que, s’il a été soumis sur la terre à celui qu’il appelait son père, parce que c’était son gouverneur qui pouvait lui commander, il défère également au Ciel, à toutes ses suppliques. Et c’est ce qu’ont vu comme moi par expérience, d’autres personnes auxquelles j’avais conseillé de se recommander à cet incomparable protecteur. À l’heure actuelle, elles sont nombreuses les âmes qui l’honorent et constatent de nouveau la vérité de ce que j’avance.
Il m’a toujours exaucée au-delà de mes prières et de mes espérances... Je faisais célébrer sa fête avec toute la solennité dont j’étais capable... Je voudrais porter tout le monde à la dévotion envers ce glorieux Saint tant j’ai d’expérience de son crédit auprès de Dieu. Je n’ai jamais vu personne lui être vraiment dévoué et l’honorer d’un culte spécial sans avancer dans la vertu, car il favorise singulièrement les progrès spirituels des âmes qui se recommandent à lui. Depuis plusieurs années, ce me semble, je lui demande une grâce le jour de sa fête, et je l’ai toujours obtenue. Lorsque ma supplique est quelque peu de travers, il la redresse pour le plus grand bien de mon âme... Je demande, pour l’amour de Dieu, à celui qui ne me croirait pas d’en faire l’épreuve. Il verrait, par sa propre expérience, combien il est avantageux de se recommander à ce glorieux patriarche et d’avoir pour lui une dévotion spéciale »

(Sainte Thérèse d’Avila, Vie écrite par elle-même, Chapitre VI)

03_19 - Saint Joseph - 02

« Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret »

(Mt 1:19)

***************

« Considérez d'abord l'amour que Joseph eut pour sa Sainte épouse. Elle était la plus belle femme qu'il y eût jamais eue; Elle était en même temps La plus humble, La plus douce, La plus pure, La plus obéissante, et La plus avancée dans l'amour de Dieu qu'il y ait jamais eu entre tous les hommes et entre tous les anges: ainsi Elle méritait tout l'amour de Joseph qui aimait tant la Vertu. Ajoutez encore à cela que Joseph voyait combien il était aimé de Marie, qui bien certainement préférait dans son Cœur son époux à toutes les créatures. Il La considérait d'ailleurs comme la Bien-Aimée de Dieu, choisie pour être la Mère de son Fils unique. Or à tous ces égards, considérez quelle devait être l'affection qu'entretenait dans son cœur le Juste et reconnaissant Joseph pour une épouse si aimable. Considérez en second lieu l'amour que Joseph avait pour Jésus. Lorsque Dieu choisit ce Saint pour tenir lieu de père à Jésus, Il dut certainement graver dans son cœur l'amour qui convenait à un père, au père d'un Fils si aimable, au père d'un enfant Dieu. Ainsi l'amour de Joseph ne fut pas un amour purement humain, comme est l'amour des autres pères, mais un amour sur-humain, qui lui faisait trouver dans la même personne et un fils et un Dieu. Joseph savait bien par la Révélation certaine et divine qu'il en avait eue de l'ange, que cet Enfant dont il se voyait toujours accompagné était le Verbe divin qui, pour l'amour des hommes, et en particulier de lui s'était Incarné. Il savait que Lui-même l'avait choisi entre tous pour être le Gardien de sa vie, et voulait être appelé son fils. Or considérez quel incendie de saint Amour devait s'allumer dans le cœur de Joseph quand il songeait à tout cela, et quand il voyait son divin Maître le servir comme un apprenti: tantôt ouvrir, tantôt fermer la boutique, tantôt l'aider à couper le bois, ou manier le rabot et la hache; tantôt ramasser les copeaux et balayer la maison; en un mot, lui obéir en tout ce qu'il ordonnait, et même ne faire aucune chose que sous la dépendance de l'autorité qu'il exerçait comme père. Quels sentiments affectueux devaient se réveiller dans son cœur, tandis qu'il Le portait dans ses bras, Le caressait et recevait les caresses que lui rendait cet aimable Enfant! Tandis qu'il recueillait de sa bouche les Paroles de Vie éternelle qui devenaient autant de flèches amoureuses dont son cœur était transpercé; et particulièrement ensuite, lorsqu'il observait les Saints exemples de toutes les Vertus que lui donnait ce divin Enfant! La longue familiarité des personnes qui s'aiment refroidit quelquefois l'amour, parce que plus les hommes conversent longuement entre eux, plus ils connaissent les défauts les uns des autres. Il n'en était pas ainsi pour Joseph: plus il conversait avec Jésus, plus il connaissait sa Sainteté. Jugez de là combien il aimait Jésus, ayant au rapport de plusieurs auteurs, joui de la compagnie de Jésus l'espace de vingt-cinq ans »

(Méditation de Saint Alphonse de Liguori)

Samedi 02 Mars

Dévotion des premiers samedis du mois

Coeur Immaculé.jpg

09h30 : Confessions

10h00 : Chapelet

10h30 : Méditation​

11h00 : Messe

La communion réparatrice des premiers samedis du mois

Le 13 juillet 1917, Notre-Dame confia aux petits voyants qu'elle viendrait demander la communion réparatrice des premiers samedis du mois dans le but de sauver les pécheurs.

Effectivement, le 10 décembre 1925, elle apparaît à sœur Lucie pour lui confier cette demande et en préciser les pratiques.

 

Notre-Dame a demandé ce jour-là :
-De
se confesser
-De recevoir la Sainte Communion
-De réciter un chapelet
-De méditer 15 minutes sur les mystères du Rosaire
-Le tout en esprit de réparation pour les outrages commis envers le Cœur Immaculé de Marie.

poster,840x830,f8f8f8-pad,1000x1000,f8f8f8.u3.png

Saint Jean Maron 

Samedi 02 Mars 2024

03_02 - Saint Jean Maron - 01

Selon le récit traditionnel, Jean, né près d'Antioche, ayant fait ses études dans cette ville et à Constantinople, entra comme moine au monastère Saint-Maron (situé près de la ville d'Hama), y prenant le nom monastique de Maron. Il s'y signala déjà par son enseignement oral et écrit contre les deux grandes hérésies de la région: le monophysisme et le nestorianisme. En 677, les Mardaïtes chrétiens ayant soustrait le Liban à l'autorité des califes musulmans, Jean, évêque de Philadelphie en Arabie (l'actuelle Amman), institué par le pape Martin Ier vicaire du Saint-Siège en Orient, l'aurait consacré évêque de Botrys (l'actuelle Batroun). En 686, il serait devenu patriarche d'Antioche, reconnu par le pape Serge Ier. Il serait mort le 5 février 707. Les historiens maronites traditionnels lient sa carrière au mouvement des Mardaïtes, combattants chrétiens indépendants entre le califat musulman et l'Empire byzantin, et plus spécialement à une dynastie de princes chrétiens de Byblos, fondée à l'époque de l'occupation perse de la Syrie (612/628) et qui aurait défendu de tous côtés l'indépendance du Liban chrétien orthodoxe. Sous le pontificat de Jean Maron, l'ancien monastère Saint-Maron sur l'Oronte aurait été détruit de fond en comble par les troupes de l'empereur byzantin Justinien II, qui considérait les Mardaïtes/Maronites comme des rebelles.

IIIème Dimanche du Carême

Dimanche 03 Mars 2024 (Messe à 10h15)

Carême_III - Guérison de l'homme muet - 01

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 5:1-9

[1]Mes frères: Soyez donc des imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés;
[2]et marchez dans la charité, à l'exemple du Christ, qui nous a aimés et s'est livré lui-même à Dieu pour nous comme une oblation et un sacrifice d'agréable odeur.
[3]Qu'on n'entende même pas dire qu'il y ait parmi vous de fornication, d'impureté de quelque sorte, de convoitise, ainsi qu'il convient à des saints.
[4]Point de paroles déshonnêtes, ni de bouffonneries, ni de plaisanteries grossières, toutes choses qui sont malséantes; mais plutôt des actions de grâces.
[5]Car, sachez-le bien, aucun impudique, aucun impur, aucun homme cupide (lequel est un idolâtre), n'a d'héritage dans le royaume du Christ et de Dieu.
[6]Que personne ne vous abuse par de vains discours; car c'est à cause de ces vices que la colère de Dieu vient sur les fils de l'incrédulité.
[7]N'ayez donc aucune part avec eux.
[8]Autrefois vous étiez ténèbres, mais à présent vous êtes lumière dans le Seigneur: marchez comme des enfants de lumière.
[9]Car le fruit de la lumière consiste en tout ce qui est bon, juste et vrai.

Évangile selon saint Luc 11:14-28

[14]En ce temps-là, Jésus chassait un démon, et ce démon était muet. Lorsque le démon fut sorti, le muet parla, et le peuple était dans l'admiration.
[15]Mais quelques-uns d'entre eux dirent: "C'est par Béelzébub, prince des démons, qu'il chasse les démons".
[16]D'autres, pour l'éprouver, lui demandèrent un signe dans le ciel.
[17]Connaissant leurs pensées, Jésus leur dit: "Tout royaume divisé contre lui-même, se détruit, les maisons tombent l'une sur l'autre.
[18]Si donc Satan est divisé contre lui-même, comment son royaume subsistera-t-il? Car vous dites que c'est par Béelzébub que je chasse les démons.

[19]Et si, moi, je chasse les démons par Béelzébub, vos fils, par qui les chassent-ils? C'est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges.
[20]Mais si c'est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc venu à vous.
[21]Lorsqu'un homme fort et bien armé garde l'entrée de sa maison, ce qu'il possède est en sûreté.
[22]Mais qu'il en survienne un plus fort qui le vainque, il lui enlève toutes les armes dans lesquelles il se confiait, et il partage ses dépouilles.
[23]Qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui n'amasse pas avec moi, dissipe.
[24]Lorsque l'esprit impur est sorti d'un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos. N'en trouvant point, il dit: Je retournerai dans ma maison, d'où je suis sorti.
[25]Et quand il arrive, il la trouve nettoyée et ornée.
[26]Alors il s'en va, prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; puis ils entrent et s'y établissent: et le dernier état de cet homme devient pire que le premier".
[27]Comme il parlait ainsi, une femme élevant la voix du milieu de la foule, lui dit: "Heureux le sein qui vous a porté, et les mamelles qui vous ont allaité!"
[28]Jésus répondit: "Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent!"

Commentaire de Saint Pierre Damien sur l'Évangile de saint Luc (Sur la toute puissance divine, Chapitre III: Comment il faut entendre le non-pouvoir ou le non-savoir de Dieu)

"C'est par Béelzébub, prince des démons, qu'il chasse les démons... (Lc 11:15)"

On dit que Dieu ne peut une chose au sens même où l'on dit qu'il l'ignore: il est évident que tout ce qui est mal, il ne sait pas plus le faire qu'il ne peut le faire.
En effet,
il ne peut ni ne sait mentir, ou se parjurer, ou commettre une injustice, bien qu'il dise par son prophète: « Je suis le Seigneur, qui engendre la lumière et crée les ténèbres, qui fais la paix et crée le mal (Is 45:7) ».
S'il dit aussi dans l'Évangile: « Ce jour et cette heure, personne ne les connaît, ni les anges au ciel, ni le Fils, seul le Père (Mt 24:36) », cela sans aucun doute doit s'entendre en ce sens qu'il l'ignore pour ses disciples seulement, car pour lui-même il n'ignore absolument rien. En effet, Jésus, Verbe du Père, ayant créé toute la suite des temps, puisque tout a été fait par lui, comment en déduire que lui qui connaît tout, ignorera le jour du Jugement, c'est-à-dire une partie du temps? Mais l'Apôtre écrit encore au sujet du Sauveur: « en qui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science (Col 2:3) ». Pourquoi donc « cachés (Col 2:3) », sinon parce qu'ils ne sont pas montrés ouvertement à tous? Car, interrogé de nouveau par ses disciples sur ce même jour du Jugement, après sa résurrection, il leur dit: « Il ne vous appartient pas de connaître les temps ni les moments que la puissance du Père a établis (Ac 1:7) », comme s'il leur disait: « Il n'est pas opportun que vous les connaissiez, pour que l'incertitude qui vous tient en suspens vous fasse pratiquer toujours davantage les œuvres de piété et refrène en vous toute vanité, s'il vient à s'en glisser dans votre esprit »Il sait donc pour lui ce qu'il ne sait pas pour ses apôtres. C'est ce qu'il montre sans aucun doute possible, lorsqu'il déclare que le Père, avec qui il ne fait évidemment qu'un, le sait« Le Père et moi », dit-il, « nous sommes un (Jn 10:30) ».
Ainsi, à prendre les mots comme ils sonnent, il affirme qu'il ignore en quelque sorte ce que sait le Père, de même qu'il fait entendre parfois que, d'une certaine façon, il ne possède pas ce que possède le Père. D'où encore cette parole de l'Apôtre:
« quand il aura remis la royauté à Dieu son Père (1Co 15:24) », comme si, tant qu'il la détenait lui-même, le Père ne l'avait pas, et comme si, l'ayant remise au Père, lui-même ne devait plus la détenir; alors que remettre la royauté à Dieu le Père n'est rien d'autre, à l'entendre exactement, que faire parvenir les croyants à la contemplation de la face de Dieu le PèreCar le Fils remet la royauté à Dieu le Père dès lors qu'en médiateur entre Dieu et les hommes il fait passer la multitude des fidèles à la contemplation de la divinité éternelle, c'est-à-dire de manière que cesse désormais d'être nécessaire l'économie des figures administrée par les anges, les principautés, les puissances et les vertus. Leur rôle, il n'est pas déplacé de le comprendre en cette parole adressée à l'épouse dans le Cantique des Cantiques: « Nous te ferons des images d'or ponctuées d'argent, tant que le roi est sur sa couche (Ct 1:11-12) », c'est-à-dire tant que le Christ demeure dans sa retraite, puisque « notre vie est cachée en Dieu avec le Christ. Quand le Christ », dit l'Apôtre, « sera manifesté, lui qui est votre vie, alors vous aussi serez manifestés avec lui dans la gloire (Col 3:3-4) ». Avant que cela arrive, « nous voyons pour le moment dans un miroir, en énigme (1Co 13:12) », c'est-à-dire en figures; « alors ce sera face à face (1Co 13:12) ». Cette contemplation nous est promise comme la fin de toutes nos actions et l'éternelle perfection de toute félicité, car « nous sommes ses fils, et ce que nous serons n'est pas encore manifesté; nous savons que, lorsque cette manifestation sera accomplie, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est (1Jn 3:2) ». Ce qu'en effet Dieu dit à son serviteur Moïse: « Je suis celui qui suis », et: « tu diras donc aux enfants d'Israël: Celui qui est m'a envoyé vers vous (Ex 3:14) », c'est cela que nous contemplerons, quand nous le verrons pour l'éternité. Car il parle en ces termes: « La vie éternelle c'est qu'ils te connaissent, toi, seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ (Jn 17:3) ». C'est ce qui arrivera à la venue du Seigneur, quand il aura éclairé tout ce qui est caché dans les ténèbres, quand les ténèbres de cette condition mortelle et de cette corruption seront passées. Alors, ce sera pour nous ce matin dont il est dit dans le Psaume: « Au matin je me tiendrai devant toi et te verrai (Ps 5:4) ». On comprend que c'est de cette contemplation qu'il est dit: « quand il aura remis la royauté à Dieu son Père (1Co 15:24) », c'est-à-dire quand les justes en qui règne à présent, tandis qu'ils vivent de la foi, le Médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme, auront été amenés par lui jusqu'à la contemplation de Dieu le Père.
En un mot, on trouve bien des passages comme ceux-là dans les versets des écritures:
si nous nous contentons superficiellement de les prendre à la lettre, ils ne pourront point répandre en nous la lumière, mais produiront plutôt l'obscurité des ténèbres. Donc, il ne faut pas attribuer ce que l'on dit - que Dieu ne peut ou ne sait rien de mal - à une ignorance ou à une impuissance de Dieu, mais à la rectitude de son éternelle volonté.
Car c'est parce qu'il ne veut pas le mal, qu'on peut dire correctement qu'il ne sait ni ne peut rien faire de mal; au reste, tout ce qu'il veut, indubitablement il le peut aussi, comme l'écriture l'atteste: « Mais toi, disposant de ta force, tu juges avec modération, et tu nous gouvernes avec de grands ménagèments, car tu n'as qu'à vouloir, et ta puissance est là (Sg 12:18) ».

Saintes Perpétue et Félicité 

Mercredi 06 Mars 2024

03_06 - Saintes Perpétue et Félicité - 01

Sous la persécution de Septime-Sévère, au début de l'an 203, on arrêta à Carthage quelques jeunes catéchumènes. Parmi eux se trouvaient Félicité, jeune esclave, récemment mariée, qui était enceinte, et une jeune femme de bonne famille, nommée Perpétue. Le récit de la passion de ces martyrs, a été écrit par elle-même. C'est une des plus belles pages des Actes des Martyrs de la Primitive Église.

Dès la mise en accusation de ces confesseurs, Perpétue subit les assauts répétés de son vieux père, demeuré païen. « Nous étions encore avec nos persécuteurs », raconte Perpétue, « lorsque mon père vint faire de nouveaux efforts pour m'ébranler et me faire changer de résolution.

– Mon père », lui dis-je, « vous voyez ce vaisseau de terre que voici. Peut-on lui donner un autre nom que celui qu'il a?

– Non.

– De même, je ne puis être autre que ce que je suis: je suis chrétienne.

À ces mots, mon père se jeta sur moi, furieux et confus de n'avoir pu vaincre ma résolution. Après cette scène, je fus quelques jours sans le revoir. Ce fut pendant ce petit intervalle que nous fûmes baptisés ».

Peu de temps après, les confesseurs furent jetés dans une prison ténébreuse et infecte, où néanmoins ils pouvaient recevoir des visites. La mère et le frère de Perpétue lui apportaient même son enfant, et jusqu'à la fin, elle put l'allaiter et l'embrasser. Quand on apprit qu'ils allaient passer en jugement, le père de Perpétue redoubla ses instance pour amener sa fille à renoncer à sa foi, allant jusqu'à se jeter à ses pieds. Ce qui affligeait le plus la jeune femme, c'était la pensée que seul de sa famille, son père ne se réjouirait pas de son supplice, mais demeurerait obstinément rivé à la terre. Tous furent alors condamnés à être livrés aux bêtes.

Dans l'enthousiasme, la foi de Perpétue était plus forte que les larmes de son père et les cris enfantins de son fils: Elle ne se possédait pas de joie. « Vivante, j'ai toujours été gaie; je le serai plus encore au ciel ».

Félicité, au contraire s'affligeait: la loi défendait de mettre à mort les femmes enceintes. Elle attendait sa délivrance et appréhendait de ne pas l'être avant les fêtes de l'amphithéâtre, quand, par la miséricorde divine, l'enfant vint au monde. Au milieu des douleurs de l'enfantement, il lui échappait quelques gémissements. Un geôlier la raillait en disant: « Que diras-tu en face des bêtes? » Félicité lui fit cette belle réponse: « Aujourd'hui, c'est moi qui souffre; alors il y en aura un autre qui souffrira pour moi, parce que je souffrirai pour lui ». Elle mit au monde une fille qu'une chrétienne adopta.

Lorsque les martyrs furent appelés à l'amphithéâtre, ils dirent au procurateur: « Tu nous juges maintenant; Dieu te jugera un jour ». On lâcha les bêtes; elles déchirèrent Saturnin et l'avocat Révocat liés ensemble sur une estrade, mais épargnèrent Saturus. On lâcha alors un léopard qui le mordit. Leur compagnon, Secondule, était mort dans la prison.

Quand à Perpétue et Félicité, enfermées dans un filet, elles furent exposées à la fureur d'une vache qui souleva Perpétue et la lança en l'air. La pudique chrétienne retomba sur les reins et eut pour premier souci de ramener les plis de son vêtement qui s'était déchiré. Se relevant, elle alla vers Félicité rompue par la violence de sa chute, la prit par la main et la remit sur ses pieds.

À un court instant de sympathie de la part des assistants succéda bientôt un violent accès de férocité et de soif du sang: la populace demanda que les trois survivants fussent achevés de la main du bourreau, non dans le spoliarium, mais au milieu de l'amphithéâtre. Dès que ceux-ci en furent informés, ils se levèrent malgré leurs blessures et se rendirent eux-mêmes au milieu de l'arène. On les vit se donner le baiser de paix et recevoir le coup de la mort sans faire le moindre mouvement et dans un solennel silence.

Ainsi tombèrent ces glorieux héros de l'Afrique chrétienne, le 7 mars de l'année 203.

Saint Thomas d'Aquin 

Jeudi 07 Mars 2024

03_07 - Saint Thomas d'Aquin - 01

Saint Thomas d'Aquin naquit au château de Rocca-Secca, près de la petite ville d'Aquino, dans le royaume de Naples, l'année qui vit descendre au tombeau saint François d'Assise, et saint Louis monter sur le trône de France. Il fut le plus grand homme de son époque et l'une des plus éclatantes lumières de l'Église dans tous les temps.

Un fait charmant de son enfance nous montre déjà en lui le prédestiné de Dieu. Il était encore au berceau, quand un jour sa nourrice voulut lui ôter de la main un papier qu'il tenait; mais l'enfant se mit à crier. La mère survint; piquée de curiosité, elle arrache enfin de force le papier des mains de son fils, malgré ses cris et ses larmes, et elle voit avec admiration qu'il ne contient que ces deux mots: Ave, Maria.

Devenu plus grand, Thomas fut élevé au Mont-Cassin, non loin du château familial, dans la célèbre école des Bénédictins, et à l'âge de dix-huit ans, malgré ses parents, il entra chez les Dominicains, à Naples.

Sa noble et toute-puissante famille fit une guerre acharnée à sa vocation; on employa tout pour le perdre. Arraché à son monastère, il fut jeté en prison dans une tour du château paternel, et on introduisit près de lui une courtisane pour amollir son cœur. Thomas, sans défense, saisit dans le foyer un tison enflammé et la mit en fuite. Il se jeta ensuite à genoux et s'endormit; pendant son sommeil, il vit les anges descendre du Ciel pour le féliciter et lui ceindre les reins, en lui disant: "Recevez de la part de Dieu le don de chasteté perpétuelle". Son confesseur put déclarer après sa mort que Thomas était mort aussi pur qu'un enfant de cinq ans.

Victorieux de tous les obstacles, il put enfin suivre sa vocation et fit d'immenses progrès dans les sciences. Silencieux au milieu de la foule des étudiants, ne conversant qu'avec Dieu, il avait reçut le surnom de Bœuf muet, mais son professeur dit un jour de lui, en public: "Vous voyez ce bœuf que vous appelez muet, eh bien! il fera retentir bientôt tout l'univers de ses mugissements". Cette parole était prophétique. D'élève devenu le premier des maîtres, il illustra toutes les universités où l'obéissance le conduisit pour enseigner.

Le plus grand des miracles de sa courte vie de quarante-huit ans, ce sont les ouvrages incomparables et immenses qu'il trouva le temps d'écrire au milieu d'accablantes occupations. Les admirables hymnes de la fête du Très Saint-Sacrement sont l'œuvre de ce grand Docteur, dont la piété égalait la science.

Il entendit un jour Jésus-Christ lui adresser, du fond du Tabernacle, cette parole célèbre: "Tu as bien écrit de Moi, Thomas. Quelle récompense désires-tu recevoir?" Et le Saint, pénétré d'amour, s'écria: "Point d'autre que Vous, Seigneur!" Ce grand docteur fut l'ami de saint Louis et le bras droit des Papes.

03_07 - Saint Thomas d'Aquin - 02

Un matin qu’ils étudiaient au scriptorium, l’un des jeunes frères, se trouvant très drôle, s’écria: « Frère Thomas, venez vite voir ! Là-haut, dans le ciel, il y a un bœuf qui vole! » Et Thomas accourut, comme s’il avait cru à cette improbable annonce, ce qui déclencha un inextinguible fou rire parmi les autres. Alors, ouvrant pour une fois la bouche, il dit doucement: « Mes frères, il m’est plus facile de croire à l’existence d’un bœuf volant qu’à celle d’un religieux menteur… ».

« Je Vous reçois, ô salut de mon âme.

C'est par amour de Vous que j'ai étudié, veillé des nuits entières et que je me suis épuisé;

c'est Vous que j'ai prêché et enseigné.

Jamais je n'ai dit un mot contre Vous.

Je ne m'attache pas non plus obstinément à mon propre sens;

mais si jamais je me suis mal exprimé sur ce sacrement, je me soumets au jugement de la Sainte Église romaine dans l'obéissance de laquelle je meurs »

IVème Dimanche du Carême

(Dimanche de Lætare)

Dimanche 10 Mars 2024 (Messe à 10h15)

Carême_IV - Multiplication des pains - 01

Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 4:4-7

[22]Mes frères: il est écrit qu'Abraham eut deux fils, l'un de la servante, l'autre de la femme libre.
[23]Mais le fils de la servante naquit selon la chair, et celui de la femme libre en vertu de la promesse.
[24]Ces choses ont un sens allégorique; car ces femmes sont deux alliances. L'une, du mont Sinaï, enfantant pour la servitude: c'est Agar,
[25]—car Sinaï est une montagne en Arabie— elle correspond à la Jérusalem actuelle, laquelle est esclave, elle et ses enfants.
[26]Mais la Jérusalem d'en haut est libre: c'est elle qui est notre mère;
[27]car il est écrit: "Réjouis-toi, stérile, toi qui n'enfantais point! Éclate en cris de joie et d'allégresse, toi qui ne connaissais pas les douleurs de l'enfantement! Car les enfants de la délaissée seront plus nombreux que les enfants de celle qui avait l'époux".
[28]Pour vous, frères, vous êtes, à la manière d'Isaac, enfants de la promesse.
[29]Mais de même qu'alors celui qui était né selon la chair persécutait celui qui était né selon l'Esprit, ainsi en est-il encore maintenant.
[30]Mais que dit l'Écriture? "Chasse l'esclave et son fils, car le fils de l'esclave ne saurait hériter avec le fils de la femme libre".
[31]C'est pourquoi, frères, nous ne sommes pas enfants de la servante, mais de la femme libre.

Évangile selon saint Jean 6:1-15

[1]En ce temps-là: Jésus s'en alla ensuite de l'autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade.
[2]Et une foule nombreuse le suivait, parce qu'elle v
oyait les miracles qu'il opérait sur ceux qui étaient malades.
[3]Jésus monta sur la montagne, et là il s'assit avec ses disciples.
[4]Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche.
[5]Jésus donc ayant levé les yeux, et voyant qu'une grande foule venait à lui, dit à Philippe: "Où achèterons-nous du pain pour que ces gens aient à manger?"
[6]Il disait cela pour l'éprouver, car lui, il savait ce qu'il devait faire.
[7]Philippe lui répondit: "Deux cents deniers de pain ne suffiraient pas pour que chacun en reçoive un morceau".
[8]Un de ses disciples, André, frère de Simon-Pierre, lui dit:
[9]"Il y a ici un jeune homme qui a cinq pains d'orge et deux poissons; mais qu'est-ce que cela pour tant de monde?"
[10]Jésus dit: "Faites les asseoir". Il y avait
beaucoup d'herbe en ce lieu. Ils s'assirent donc, au nombre d'environ cinq mille.
[11]Jésus prit les pains, et ayant rendu grâces, il les distribua à ceux qui étaient assis; il leur donna de même des deux poissons, autant qu'ils en voulurent.
[12]Lorsqu'ils furent rassasiés, il dit à ses disciples: "Recueillez les morceaux qui restent, afin que rien ne se perde".
[13]Ils les recueillirent, et remplirent douze corbeilles des morceaux qui étaient restés des cinq pains d'orge, après qu'ils eurent mangé.
[14]Ces hommes ayant vu le miracle que Jésus avait fait, disaient: "Celui-ci est vraiment le Prophète qui doit venir dans le monde".
[15]Sachant donc qu'ils allaient venir l'enlever pour le faire roi, Jésus se retira de nouveau, seul, sur la montagne.

Commentaire de Saint Augustin sur l'Évangile de Saint Jean (Homélie XIV)

"​Cinq pains d'orge et deux poissons... (Jn 6:9)"

Toutes les fois, que dans l'Écriture, nous voyons le Seigneur nourrissant des foules nombreuses avec quelques pains, nous devons être pénétrés de respect bien plus encore que saisis d'admirationIl n'est pas étonnant qu'il ait pu, mais ce qui doit nous pénétrer du respect le plus profond, c'est qu'il ait voulu le faire. Que celui qui a créé toutes choses de rien nourrisse ensuite des foules nombreuses avec quelques poissons, il n'y a pas lieu pour nous d'en être surpris. Mais considérons que, d'après le texte même de l'Évangile, avant de nourrir ces foules, il leva d'abord les yeux pour les contempler. Les yeux du Seigneur ont en effet, dans le langage des Écritures, une double signification. Tantôt ils désignent les dons du Saint-Esprit, tantôt le regard même de la divine miséricorde. Par exemple, ils désignent les dons du Saint-Esprit dans ce passage de Zacharie: « Il y a sept yeux sur une seule pierre (Za 3:9) ». Dans l'Apocalypse de saint Jean, au contraire, lorsqu'il est dit: « Je vis un agneau immolé ayant sept cornes, et sept yeux qui sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre (Ap 5:6) », ils désignent la divine miséricorde, comme lorsqu'il est dit dans un des psaumes: « Les yeux du Seigneur sont sur les justes (Ps 33:16) »; et dans un autre: « Le Seigneur a regardé du haut des cieux, et il a vu tous les enfants des hommes (Ps 32:13) ». Sans doute tout est nu et à découvert devant ses yeux, mais on dit qu'il nous voit, soit lorsqu'il nous dispense les trésors de sa grâce, soit lorsqu'il nous délivre du poids des tribulations, comme lorsqu'il dit lui-même à Moïse: « J'ai vu de mes yeux l'affliction de mon peuple qui est en Egypte, j'ai entendu ses gémissements et je suis descendu pour le délivrer (Ex 3:7-8) ». Dans cet endroit donc de l'Évangile, l'élévation des regards du Seigneur est le symbole du regard même de sa miséricorde: il contemple d'abord d'un regard plein de compassion les multitudes qu'il nourrira tout à l'heure. C'est un regard de ce genre aussi que le Seigneur jeta sur Pierre quand celui-ci « sortit pour pleurer amèrement (Mt 26:75) ».

L'enfant dont il est ici question représente le peuple juif, lequel, par suite de la légèreté et de l'inconstance de son esprit, n'est point demeuré ferme dans la foi et dans la connaissance de Dieu. Ce peuple a eu cinq pains, c'est-à-dire qu'il a reçu les cinq livres de Moïse, savoir: la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome, livres qui, dans la langue hébraïque, se nomment respectivement Bresit, Elesemoth, Vagecra, Vagedaber, Elleabdabarim. Et c'est à juste titre qu'il est représenté ici comme ayant des pains d'orge, à cause de la dureté de la loi. L'orge, en effet, a une écorce très-dense, et il n'est pas facile d'en atteindre le cœur: image de l'obscurité de la loi qui, avant l'avènement du Seigneur, était tellement voilée, que nul homme ne pouvait la comprendre ni en saisir le sens spirituel, et que celui-là même qui avait donné la loi a dû venir pour en donner aussi l'intelligence. Si les cinq pains représentent les cinq livres de Moïse, nous pouvons reconnaître pareillement dans les deux poissons deux autres livres, je veux dire, les oracles des Prophètes et les cantiques des Psaumes, lesquels avaient, aux yeux de ce même peuple, l'autorité la plus grande et la plus sacrée après le livre de la loi. Le premier était lu fréquemment dans les synagogues, et le second était chanté de mémoire d'une manière non moins assidue. Ces deux poissons, en effet, rappellent très-naturellement les deux livres où est écrite par avance l'histoire du peuple qui, formé par l'Église, devait reproduire dans ses mœurs les caractères principaux qui distinguent le poisson. Ces caractères propres et naturels du poisson sont au nombre de quatre: le premier consiste en ce qu'il ne peut vivre sans eau; le second, en ce qu'il a coutume de sauter à la surface des eaux; le troisième, en ce que plus il est frappé par les flots, plus il devient fort et vigoureux; le quatrième, en ce que cette espèce d'animaux est essentiellement pure, ils engendrent et sont engendrés en dehors de toute union charnelle. De même donc que le poisson ne peut vivre sans eau, de même aussi le peuple dont il s'agit ne peut entrer dans la vie éternelle sans avoir été plongé dans l'eau baptismale; car le Seigneur a dit: « Quiconque ne renaît point de l'eau et de l'Esprit-Saint, ne pourra entrer dans le royaume de Dieu (Jn 3:5) ». Le poisson saute à la surface des eaux, et ce peuple, méprisant les choses de la terre, s'élève sur les ailes de la contemplation jusqu'aux choses célestes, conformément à ces paroles de l'Apôtre: « Notre vie est dans les cieux (Ph 3:20) ». Le poisson devient d'autant plus fort et vigoureux qu'il est plus frappé par les flots, et le vrai chrétien devient d'autant plus parfait et plus saint aux yeux de Dieu, qu'il subit dans cette vie des épreuves plus dures et plus multipliées, et qu'il peut dire avec le Prophète: « Vous nous avez fait tomber dans le piège que nos ennemis nous avaient tendu; vous avez chargé nos épaules de toute sorte d'afflictions; vous nous avez livrés comme esclaves à des hommes qui nous ont accablés de maux; nous avons passé par le feu et par l'eau, et vous nous avez enfin conduits dans un lieu de rafraîchissement (Ps 65:11-12) ». Et de même que les poissons sont purs et engendrent ou sont engendrés en dehors de toute union charnelle, de même aussi il y a dans l'Église des hommes qui renoncent à toute union de ce genre et qui s'appliquent à conserver leur virginité constamment intègre, accomplissant ainsi cette parole du Seigneur dans l'Évangile: « Que vos reins soient ceints et vos lampes toujours allumées (Lc 12:35) ». Nous pouvons aussi voir dans ces deux poissons le symbole des deux ordres qui étaient les plus célèbres parmi le peuple juif, savoir: l'ordre royal et l'ordre sacerdotal, destinés, le premier à diriger et gouverner, le second à instruire; le Seigneur Jésus a daigné réunir en lui ces deux ordres et se faire à la fois notre roi et notre prêtre; notre roi, pour nous diriger dans la voie du bien; notre prêtre, en s'offrant lui-même à Dieu pour nous comme une victime sans tache.

« Jésus dit donc: Faites asseoir ces hommes (Jn 6:10) ». Les hommes sont assis quand ils jouissent du repos spirituel dans la foi. Le Seigneur ordonna à ses disciples de faire asseoir les hommes le jour où il leur donna la mission de prêcher dans le monde en ces termes: « Allez par tout l'univers, enseignez toutes les nations et baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit; celui qui croira et sera baptisé sera sauvé (Mt 28:19-20) ». Les disciples firent asseoir les hommes quand, « étant partis, ils prêchèrent partout, Dieu coopérant avec eux et confirmant leur parole par les miracles qui l'accompagnaient (Mc 16:20) ». Mais nous ne devons point passer sous silence une circonstance qui nous est révélée par un autre Évangéliste: « Ils les firent asseoir par groupes de cinquante et de cent (Mc 6:40) ». Cette distribution des convives représente les diverses sortes de fidèles qui vivent dans le sein de l'Église. Les pénitents sont assis par groupes de cinquante; le nombre cinquante convient en effet aux pénitents, car le psaume cinquantième se chante dans les temps de pénitence, et l'année cinquantième est appelée, sous la loi, Jubilé, c'est-à-dire l'année du pardon. Les groupes de cent représentent les fidèles qui, par la grâce et la protection divine, n'ont besoin d'aucune pénitence publique. On peut aussi interpréter ce passage d'une autre manière et dire: Les groupes de cinquante représentent les personnes mariées, et les groupes de cent, les vierges. Ou bien enfin, on peut dire que les groupes de cinquante représentent ceux qui usent sagement des choses de la terre, et les groupes de cent ceux qui, cédant à l'amour de la perfection, abandonnent tout pour le Seigneur.

« Or, il y avait beaucoup d'herbe en ce lieu (Jn 6:10) ». L'herbe est le produit spontané des prairies; tant qu'elle est verte, elle offre à l'œil un aspect agréable, invite aux douceurs du repos et aux charmes de la promenade; mais lorsqu'elle est tombée sous la faux, elle perd tout à coup sa fraîcheur première et son aspect séduisant. L'herbe est donc ici le symbole des jouissances charnelles, ou de la fragilité même de la chair: celle-ci apparaît d'abord tout environnée de charmes et de beauté aux yeux de ses amants; mais, sitôt que la faux de la mort est venue y porter son tranchant, elle se transforme en une vile poussière, suivant cette parole d'Isaïe: « Toute chair est une herbe, et toute la gloire de la chair passe comme la fleur des prairies (1P 1:24) ». « L'herbe s'est desséchée », dit-il encore, « et la fleur est tombée (1P 1:24) », parce que l'Esprit du Seigneur a soufflé dessus. En vérité cette herbe, c'est le peuple. Un autre Prophète avait aussi observé le néant de cette sorte d'herbe; « L'homme est comme l'herbe de la plaine », disait-il, « ses jours fleuriront et passeront comme la fleur des champs (Ps 102:14) ». Et Job à son tour: « L'homme né de la femme vit très-peu de temps, et il est en proie à des misères sans nombre; son sort est celui de la fleur qui, à peine éclose, est foulée aux pieds: il fuit comme l'ombre et ne demeure jamais dans le même état (Jb 14:1-2) ». Cette foule nourrie par le Seigneur s'asseoit sur l'herbe pour nous faire comprendre que si, nous aussi, nous désirons recevoir de sa libéralité divine une nourriture spirituelle, il faut nécessairement que nous comprimions les désirs de la chair et que nous les soumettions à la puissance de l'esprit, conformément à ces paroles de l'Apôtre: « Que le péché ne règne point dans votre corps mortel, en sorte que vous obéissiez à ses convoitises (Rm 6:12) »; mais « faites mourir en vous les membres de l'homme terrestre (Col 3:5) », c'est-à-dire la fornication, l'impureté, l'avarice et tous les autres vices.

Les Quarante Martyrs de Sébaste 

Dimanche 10 Mars 2024

03_10 - Quarantes Martyrs de Sébaste - 02

L'empereur Licinius ayant ordonné que toute son armée sacrifiât aux dieux, quarante soldats de la Légion fulminante, alors campée à Sébaste, en Arménie, refusèrent de trahir la foi de leur baptême et n'eurent tous qu'une réponse aussi simple que sublime: "Nous sommes chrétiens!" Ni la douceur, ni les menaces ne peuvent les gagner, et, après quelques jours de prison, ils sont conduits au supplice.

On était en plein hiver. Il y avait près de la ville un étang couvert de glace; le gouverneur donna l'ordre d'y exposer les quarante soldats pendant toute une nuit. Les saints martyrs, joyeux de souffrir pour Jésus-Christ, disaient: "Il est bien difficile, sans doute, de supporter un froid si aigu; mais ce sera une chose douce d'aller en Paradis par ce chemin; le tourment est peu de temps, et la gloire sera éternelle; cette nuit cruelle nous vaudra une éternité de délices. Seigneur, nous entrons quarante au combat, faites que nous soyons quarante à recevoir la couronne".

Qui pourrait imaginer les tortures endurées par ces hommes héroïques sur leur lit de glace? La seule pensée en fait frémir. Au milieu de la nuit, un des combattants se laissa vaincre par l'intensité du froid, il abandonna le poste d'honneur et vint se jeter dans le bassin d'eau tiède préparé à dessein; mais la brusque transition de température le suffoqua; il expira aussitôt, perdant à la fois la vie de la terre et la vie du Ciel: fin doublement misérable, qui ne servit qu'à fortifier tous les autres martyrs dans leur inébranlable résolution de souffrir jusqu'à la mort.

En ce moment une brillante lumière inonda la surface glacée; l'un des gardiens, ébloui par cette céleste clarté, leva les yeux et vit des anges descendre du Ciel, tenant à la main des couronnes suspendues au-dessus de la tête des généreux martyrs; mais la quarantième couronne était sans destination: "Elle sera pour moi", se dit-il, et quittant ses vêtements, il alla remplacer sur la glace le malheureux apostat, en s'écriant: "Je suis chrétien!"

Le lendemain matin, les martyrs respiraient encore; le gouverneur leur fit briser les jambes et ordonna de les jeter dans un bûcher ardent. Le plus jeune d'entre eux, Méliton, était encore plein de vie; mais, aidé des exhortations de son héroïque mère, il résista à toutes les sollicitations des bourreaux, et consomma dans le feu son sacrifice avec ses glorieux compagnons.

Leurs corps furent brûlés, et leurs ossements jetés dans une rivière; mais ils flottèrent sur l'eau et furent recueillis par les fidèles.

Les soldats chrétiens des premiers siècles ont souvent illustré leur foi et leur courage dans les supplices, au milieu des persécutions.

Saint Grégoire le Grand 

Mardi 12 Mars 2024

03_12 - Saint Grégoire le Grand - 02

C'est à bon droit que cet illustre Pape est appelé le Grand; il fut, en effet, grand par sa naissance, — fils de sénateur, neveu d'une sainte, la vierge Tarsille; — grand par sa science et par sa sainteté; — grand par les merveilles qu'il opéra; — grand par les dignités de cardinal, de légat, de Pape, où la Providence et son mérite l'élevèrent graduellement.

Grégoire était né à Rome. Il en occupa quelques temps la première magistrature, mais bientôt la cité, qui avait vu cet opulent patricien traverser ses rues en habits de soie, étincelants de pierreries, le vit avec bien plus d'admiration, couvert d'un grossier vêtement, servir les mendiants, mendiant lui-même, dans son palais devenu monastère et hôpital. Il n'avait conservé qu'un seul reste de son ancienne splendeur, une écuelle d'argent dans laquelle sa mère lui envoyait tous les jours de pauvres légumes pour sa nourriture; encore ne tarda-t-il pas de la donner à un pauvre marchand qui, après avoir tout perdu dans un naufrage, était venu solliciter sa charité si connue.

Grégoire se livra avec ardeur à la lecture des Livres Saints; ses veilles, ses mortifications étaient telles, que sa santé y succomba et que sa vie fut compromise. Passant un jour sur le marché, il vit de jeunes enfants d'une ravissante beauté que l'on exposait en vente. Apprenant qu'ils étaient Angles, c'est-à-dire du pays, encore païen, d'Angleterre: "Dites plutôt des Anges", s'écria-t-il, "s'ils n'étaient pas sous l'empire du démon". Il alla voir le Pape, et obtint d'aller prêcher l'Évangile à ce peuple; mais les murmures de Rome forcèrent le Pape à le retenir.

Le Souverain Pontife étant venu à mourir, Grégoire dut courber ses épaules sous la charge spirituelle de tout l'univers. L'un des faits remarquables de son pontificat, c'est l'évangélisation de ce peuple anglais dont il eût voulu lui-même être l'apôtre.

Grégoire s'est rendu célèbre par la réforme de la liturgie et le perfectionnement du chant ecclésiastique. Il prêchait souvent au peuple de Rome, et lorsque la maladie lui ôtait cette consolation, il composait des sermons et des homélies qui comptent parmi les chefs-d'œuvre de ce grand docteur. Son pontificat fut l'un des plus féconds dont s'honore l'Église. Grégoire mourut le 12 mars 604. On le représente écoutant une colombe qui lui parle à l'oreille. Il est regardé comme le patron des chantres.

03_12 - Saint Grégoire le Grand - 01

« Nous pouvons dans les différentes heures [du jour] distinguer les âges successifs d'une vie humaine.

Dans le matin, nous verrons l'enfance.

On peut voir dans la troisième heure l'adolescence: le soleil prend de la hauteur, l'âge gagne en chaleur.

La sixième heure, c'est la jeunesse: le soleil est à son apogée, la pleine vigueur s'affirme.

Dans la neuvième heure on peut voir la vieillesse: de son apogée le soleil descend, l'âge sent décroître la chaleur de la jeunesse.

La onzième heure, c'est l'âge où l'on se casse et où l'on est un vieillard.
Comme un tel est amené dans son enfance à bien vivre, tel autre dans son adolescence, un autre dans sa jeunesse, un autre dans la vieillesse, un autre dans l'extrême vieillesse, des ouvriers sont appelés à la vigne aux différentes heures.
Observez votre façon de vivre, frères, et voyez si vous êtes déjà ouvriers de Dieu. Que chacun examine ce qu'il fait, et se demande s'il travaille bien dans la vigne du Seigneur. Car celui qui en cette vie cherche ses intérêts n'est pas encore venu dans la vigne du Seigneur. Ceux-là travaillent pour le Seigneur qui ne pensent pas à ce qu'ils gagnent, eux, mais à ce que gagne le Seigneur »

(Saint Grégoire le Grand. Homélies sur les Évangiles)

Ier Dimanche de la Passion

Dimanche 17 Mars 2024 (Messe à 10h15)

Carême_V - Dimanche de la passion - 01

Lettre de saint Paul Apôtre aux Hébreux 9:11-15

[11]Mes frères: le Christ ayant paru comme grand prêtre des biens à venir, c'est en passant par un tabernacle plus excellent et plus parfait, qui n'est pas construit de main d'homme, c'est-à-dire, qui n'appartient pas à cette création-ci,
[12]et ce n'est pas avec le sang des boucs et des taureaux, mais avec son propre sang, qu'il est entré une fois pour toutes dans le saint des Saints, après avoir acquis une rédemption éternelle.
[13]Car si le sang des boucs et des taureaux, si la cendre d'une vache, dont on asperge ceux qui sont souillés, sanctifient de manière à procurer la pureté de la chair,
[14]combien plus le sang du Christ qui, par l'Esprit éternel, s'est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il notre conscience des œuvres mortes, pour servir le Dieu vivant?
[15]Et c'est pour cela qu'il est médiateur d'une nouvelle alliance, afin que, sa mort ayant eu lieu pour le pardon des transgressions commises sous la première alliance, ceux qui ont été appelés reçoivent l'héritage éternel qui leur a été promis.

Évangile selon saint Jean 8:46-59

[46]En ce temps-là, Jésus disait à la foule des Juifs: Qui de vous me convaincra de péché? Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas?
[47]Celui qui est de Dieu entend la parole de Dieu; c'est parce que vous n'êtes pas de Dieu que vous ne l'entendez pas".
[48]Les Juifs lui répondirent: "N'
avons-nous pas raison de dire que vous êtes un Samaritain et que vous êtes possédé d'un démon?"
[49]Jésus répondit: "Il n'y a point en moi de démon; mais j'honore mon Père, et vous, vous m'outragez.
[50]Pour moi, je n'ai pas souci de ma gloire: il est quelqu'un qui en prend soin et qui fera justice.
[51]En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort".
[52]Les Juifs lui dirent: "Nous voyons maintenant qu'un démon est en vous. Abraham est mort, les prophètes aussi, et vous, vous dites: Si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort.
[53]Êtes-vous plus grand que notre père Abraham, qui est mort? Les Prophètes aussi sont morts; qui prétendez-vous être?"
[54]Jésus répondit: "Si je me glorifie moi-même, ma gloire n'est rien; c'est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites qu'il est votre Dieu;
[55]et pourtant vous ne le connaissez pas; mais moi, je le connais; et si je disais que je ne le connais pas, je serais menteur comme vous. Mais je le connais et je garde sa parole.
[56]Abraham votre père, a tressailli de joie de ce qu'il devait voir mon jour; il l'a vu, et il s'est réjoui".
[57]Les Juifs lui dirent: "Vous n'avez pas encore cinquante ans, et vous avez vu Abraham!"
[58]Jésus leur répondit: "En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis".
[59]Alors ils prirent des pierres pour les lui jeter; mais Jésus se cacha, et sortit du temple.

Commentaire de Saint Augustin sur l'Évangile de saint Jean (Sermon CCXI, Du pardon des injures)

"N'avons-nous pas raison de dire que vous êtes un Samaritain et que vous êtes possédé d'un démon? (Jn 8:48)"

Ces saints jours que nous consacrons à l'observation du Carême, nous invitent à vous entretenir de l'union fraternelle, à vous engager d'en finir avec les ressentiments que vous pouvez avoir contre autrui, pour qu'on n'en finisse pas avec vous.

Gardez-vous de dédaigner ceci, mes frères. Cette vie fragile et mortelle, cette vie qui rencontre tant d'écueils et de tentations dans ce monde et qui demande la grâce de ne pas sombrer, ne peut, hélas! rester exempte de quelques péchés, dans les justes eux-mêmes. Il n'y a donc pour la préserver qu'un seul moyen, c'est celui que nous a indiqué Dieu notre Maître en nous ordonnant de dire dans la prière: « Remettez-nous nos offenses comme nous remettons nous-mêmes à ceux qui nous ont offensés (Mt 6:12) ». Nous avons fait un pacte, un contrat avec le Seigneur; nous avons apposé notre signature sur l'acte qui dit à quelle condition il nous pardonnera nos fautes. Avec pleine confiance nous lui demandons de nous pardonner, si nous pardonnons nous-mêmes. Si donc nous ne pardonnons pas, ne croyons pas qu'il nous pardonne, ce serait nous abuser. Que nul ne se trompe ici, car ce n'est pas Dieu qui trompe qui que ce soit.

La colère est une faiblesse attachée à l'humanité; puissions-nous toutefois en être exempts! C'est donc une faiblesse attachée à l'humanité, et en naissant elle est comme un petit germe sortant de terre; mais prends garde de l'arroser de soupçons, elle serait bientôt de la haine, le germe deviendrait un gros arbre. La haine est effectivement différente de la colère. On voit souvent un père se fâcher contre son fils sans le haïr; il veut, dans sa colère, simplement le corriger. Or, s'il se fâche pour corriger, c'est en quelque sorte l'amour qui inspire sa colère. Aussi bien est-il dit: « Tu vois le fétu dans l'œil de ton frère; mais dans le tien tu ne vois pas la poutre (Mt 6:3) ». Tu condamnes la colère d'un tel, et tu conserves de la haine en toi-même. Comparée à la haine, la colère est comme un fétu; mais en le nourrissant, tu en feras une poutre, au lieu qu'il n'en serait plus question si tu l'arrachais pour le jeter au loin.

Si vous étiez attentifs à la lecture de l'Épître, vous avez dû être effrayés d'une pensée de saint Jean. « Les ténèbres sont passées », dit-il, « déjà luit la vraie lumière (1Jn 2:8) ». Puis il ajoute: « Celui qui se prétend dans la lumière, tout en baissant son frère, est encore dans les ténèbres (1Jn 2:9) ». Ne croira-t-on pas que ces ténèbres sont de la nature des ténèbres auxquelles sont condamnés les prisonniers? Ah! si elles n'étaient que cela! Personne cependant ne recherche ces dernières; et l'on peut y jeter les innocents aussi bien que les coupables, puisque les martyrs y ont été enfermés. Oui, ils étaient de toutes parts environnés par ces ténèbres, mais une lumière secrète brillait dans leurs cœurs. Leurs yeux étaient plongés dans l'obscurité, mais l'amour de leurs frères leur permettait de voir Dieu. Veux-tu savoir de quelle nature sont ces ténèbres dont il est parlé dans ces mots: « Celui qui hait son frère est encore dans les ténèbres (1Jn 2:9) »? Le même Apôtre dit ailleurs: « Celui qui hait son frère est un homicide (1Jn 3:15) ». Cet homme haineux se met en mouvement, il sort, il rentre, il voyage, il ne paraît ni chargé de chaînes, ni enfermé dans un cachot; mais il est lié par le crime. Ne t'imagine point qu'il ne soit pas en prison; son cœur est son cachot. Afin donc d'écarter toute idée d'indifférence pour les ténèbres dont il dit: « Celui qui hait son frère est encore dans les ténèbres (1Jn 2:9) », l'Apôtre ajoute: « Celui qui hait son frère est homicide (1Jn 3:15) ». Toi, tu hais ton frère et tu voyages tranquillement! Quoique Dieu t'en donne le moyen, tu refuses de te réconcilier avec lui! Tu es donc homicide, et pourtant tu vis encore! Si Dieu se vengeait, tu serais emporté soudain avec ta haine contre ton frère. Mais Dieu t'épargne encore, épargne-toi aussi et réconcilie-toi.

Le voudrais-tu sans que ton frère le voulût? C'est assez pour toi. Tu as, hélas! un motif de le plaindre; mais toi, tu es dégagé; et quoiqu'il refuse la réconciliation, dès que tu la veux, tu peux dire tranquillement: « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons nous-mêmes à ceux qui nous ont offensés (Mt 6:12) ».

C'est toi peut-être qui lui as manqué; tu voudrais faire la paix, tu voudrais lui dire: Pardonne-moi, frère, mes torts contre toi. Mais lui ne veut point pardonner, il ne veut rien quitter; il refuse de te remettre ce que tu lui dois. Qu'il ouvre donc les yeux quand il devra prier. Cet homme qui refuse de te remettre ce que tu peux lui devoir, comment se tirera-t-il d'embarras quand viendra pour lui le moment de prier? Qu'il dise d'abord: « Notre Père qui êtes aux cieux (Mt 6:9) ». Ensuite: « Que votre nom soit sanctifié (Mt 6:9) ». Ensuite encore: « Que votre règne arrive (Mt 6:10) ». Continue: « Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel (Mt 6:10) ». Poursuis: « Donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour (Mt 6:11». C'est bien: mais ne voudras-tu point passer par-dessus ce qui suit, y substituer autre chose? pas moyen de passer, te voici arrêté. Dis donc encore, dis sincèrement; ou plutôt, si tu n'as pas de motif de prononcer ces paroles: « Pardonnez-nous nos offenses (Mt 6:12) », ne les prononce pas. Que devient toutefois cet oracle de l'Apôtre: « Si nous prétendons être sans péché, nous nous séduisons nous-mêmes et la vérité n'est point en nous (1Jn 1:8) ». Si donc ta conscience te reproche des fragilités et si de toutes parts abonde l'iniquité dans ce siècle, dis sincèrement: « Pardonnez-nous nos offenses (Mt 6:12) »; mais remarque ce qui suit. Comment! tu as refusé de pardonner à ton frère et tu vas dire: « Comme nous pardonnons nous-mêmes à ceux qui nous ont offensés (Mt 6:12) »? Ne diras-tu pas cela? Alors tu n'obtiendras pas. Le diras-tu? Ce sera mentir. Dis-le plutôt et dis-le sincèrement. Comment le dire sincèrement après avoir refusé de remettre le tort à ton frère?

Saint Cyrille de Jérusalem 

Lundi 18 Mars 2024

03_18 - Saint Cyrille de Jérusalem - 01

Saint Cyrille naquit à Jérusalem ou aux environs. Il s'appliqua de bonne heure à l'étude de l'Écriture Sainte, et se la rendit si familière, que ses discours, même ceux qu'il n'écrivait pas, n'étaient qu'un tissu de passages des Livres inspirés. Il joignit à cette étude celle des saints Pères et même celle des auteurs profanes, où il trouvait de puissantes armes contre l'erreur et pour la défense de la vérité.

Cyrille reçut l'onction sacerdotale vers l'an 345, et dès lors il se dévoua tout entier, corps et âme, à la conversion des païens et à l'instruction des catéchumènes. On accourait à ses catéchismes, de Jérusalem et de toutes les villes voisines.

Il nous reste de lui vingt-trois instructions familières sur l'ensemble des vérités chrétiennes, le symbole de la foi et les sacrements. Ces instructions sont une de ses gloires les plus pures, car c'est un arsenal où l'apologiste chrétien trouve, même aujourd'hui, des armes puissantes et invincibles. Nous y voyons en particulier, que l'usage de faire le signe de la Croix était connu dès les premiers siècles:

"Ne rougissez pas", disait-il, "de la Croix de Jésus-Christ; imprimez-la sur votre front, afin que les démons, apercevant l'étendard du Roi, s'enfuient en tremblant. Faites ce signe, et quand vous mangez, et quand vous buvez, et quand vous êtes debout ou assis, quand vous vous couchez, quand vous vous levez et quand vous marchez; en un mot, faites-le dans toutes vos actions".

La gloire de saint Cyrille est d'avoir été l'ami et le défenseur de saint Athanase et du dogme chrétien contre les hérétiques. Trois fois exilé de Jérusalem, dont il était devenu évêque, trois fois rétabli sur son siège, il restera comme l'un des beaux modèles de la fermeté pastorale.

Plusieurs faits merveilleux favorisèrent son apostolat et l'aidèrent à convertir les païens. Un jour de l'an 351, une Croix immense apparut dans le ciel, s'étendant du Calvaire au mont des Oliviers; tous les habitants de Jérusalem la virent, et un grand nombre de païens crurent en Jésus-Christ.

Dix ans plus tard, Julien l'Apostat, voulant faire mentir la prophétie évangélique qui annonçait la destruction du Temple, entreprit de le rebâtir; mais Cyrille prédit les châtiments de Dieu; il ne se firent pas attendre, car des tourbillons de flammes sortirent de terre et dévorèrent les ouvriers. Une multitude d'infidèles se convertirent.

Saint Joseph 

Époux de la Très Sainte Vierge Marie

Patron de l'Église Universelle

Mardi 19 Mars 2024

03_19 - Saint Joseph - 02

Lecture du livre de l'Écclésiastique 45:1-6

[1]Il a fait sortir de Jacob un homme pieux, 
qui trouva grâce auprès de toute chair, 
un homme aimé de Dieu et des hommes

que sa mémoire soit en bénédiction!
[2]Il lui a donné une gloire égale à celle des saints, 
il l'a rendu grand par les terreurs qu'il inspira aux ennemis.
[3]Par sa parole, il a fait cesser les prodiges; 
il l'a glorifié devant les rois; 
il lui a donné des commandements pour son peuple, 
et il lui a fait voir un rayon de sa gloire.
[4]À cause de sa foi et de sa mansuétude, il l'a consacré, 
il l'a choisi d'entre tous les mortels.
[5]Il lui a fait entendre sa voix, 
et l'a introduit dans la nuée; 
il lui a donné face à face des commandements, 
la loi de la vie et de la science, 
pour qu'il enseignât à Jacob son alliance, 
et ses décrets à Israël.
[6]Il a élevé Aaron, un saint semblable à lui, 
son frère, de la tribu de Lévi.

Évangile selon saint Matthieu 1:18-21

[18]Marie, la mère de Jésus, étant fiancée à Joseph, il se trouva, avant qu'ils eussent habité ensemble, qu'elle avait conçu par la vertu du Saint-Esprit.
[19]Joseph, son mari, qui était un homme juste, ne voulant pas la diffamer, résolut de la renvoyer secrètement.
[20]Comme il était dans cette pensée, voici qu'un ange du Seigneur lui apparut en songe, et lui dit: "Joseph, fils de David, ne craint point de prendre avec toi Marie ton épouse, car ce qui est formé en elle est l'ouvrage du Saint-Esprit.
[21]Et elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus; car il sauvera son peuple de ses péchés".

Commentaire de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face sur l'Évangile de saint Matthieu (Cantique)

"​...Un homme juste... (Mt 1:19)"

Joseph, votre admirable vie
Se passa dans l'humilité
;
Mais, de Jésus et de Marie,
Vous contempliez la beauté!

Joseph, ô tendre Père,
Protégez le Carmel!
Que vos enfants, sur cette terre,
Goûtent déjà la paix du ciel.

Le Fils de Dieu, dans son enfance,
Plus d'une fois, avec bonheur,
Soumis à votre obéissance,
S'est reposé sur votre cœur!

Comme vous, dans la solitude,
Nous servons Marie et Jésus;
Leur plaire est notre seule étude;
Nous ne désirons rien de plus.

Sainte Thérèse, notre Mère,
En vous se confiait toujours;
Elle assure que sa prière,
Vous l'exauciez d'un prompt secours.

Quand l'épreuve sera finie,
Nous en avons le doux espoir
Près de la divine Marie,
Saint Joseph, nous irons vous voir.

Bénissez, tendre Père,
Notre petit Carmel;
Après l'exil de cette terre
Réunissez-nous dans le ciel
.

Saint Benoît 

Jeudi 21 Mars 2024

03_21 - Saint Benoît - 01

Benoît naquit dans une petite ville des montagnes de l'Ombrie, d'une des plus illustres familles de ce pays. Le Pape saint Grégoire assure que le nom de Benoît lui fut providentiellement donné comme gage des bénédictions célestes dont il devait être comblé.

Craignant la contagion du monde, il résolut, à l'âge de quatorze ans, de s'enfuir dans un désert pour s'abandonner entièrement au service de Dieu. Il parvint au désert de Subiaco, à quarante milles de Rome, sans savoir comment il y subsisterait; mais Dieu y pourvut par le moyen d'un pieux moine nommé Romain, qui se chargea de lui faire parvenir sa frugale provision de chaque jour.

Le jeune solitaire excita bientôt par sa vertu la rage de Satan; celui-ci apparut sous la forme d'un merle et l'obséda d'une si terrible tentation de la chair, que Benoît fut un instant porté à abandonner sa retraite; mais, la grâce prenant le dessus, il chassa le démon d'un signe de la Croix et alla se rouler nu sur un buisson d'épines, tout près de sa grotte sauvage. Le sang qu'il versa affaiblit son corps et guérit son âme pour toujours. Le buisson s'est changé en un rosier qu'on voit encore aujourd'hui: de ce buisson, de ce rosier est sorti l'arbre immense de l'Ordre bénédictin, qui a couvert le monde.

Les combats de Benoît n'étaient point finis. Des moines du voisinage l'avaient choisi pour maître malgré lui; bientôt ils cherchèrent à se débarrasser de lui par le poison; le saint bénit la coupe, qui se brisa, à la grande confusion des coupables.

Cependant il était dans l'ordre de la Providence que Benoît devînt le Père d'un grand peuple de moines, et il ne put se soustraire à cette mission; de nombreux monastères se fondèrent sous sa direction, se multiplièrent bientôt par toute l'Europe et devinrent une pépinière inépuisable d'évêques, de papes et de saints.

Parmi ses innombrables miracles, citons les deux suivants: Un de ses moines avait, en travaillant, laissé tomber le fer de sa hache dans la rivière; Benoît prit le manche de bois, le jeta sur l'eau, et le fer, remontant à la surface, revint prendre sa place. Une autre fois, cédant aux importunes prières d'un père qui le sollicitait de ressusciter son fils, Benoît se couche sur l'enfant et dit:

"Seigneur, ne regardez pas mes péchés, mais la foi de cet homme!" Aussitôt l'enfant s'agite et va se jeter dans les bras paternels.

La médaille de saint Benoît est très efficace contre toutes sortes de maux.

03_21 - Saint Benoît - 02

Le premier degré de l'humilité est l'obéissance sans retard. Celle-ci convient à ceux qui n'ont rien de plus cher que le Christ. Mus par le service sacré dont ils ont fait profession, la crainte de l'enfer et la gloire de la vie éternelle, dès que le supérieur a commandé quelque chose, ils ne peuvent souffrir d’en différer l’exécution, tout comme si Dieu lui-même en avait donné l’ordre.
C'est en parlant d'eux que le Seigneur dit: « Dès que son oreille a entendu, il m'a obéi (Ps 17:45) ».
Et il dit aussi à ceux qui enseignent: « Qui vous écoute m'écoute (Lc 10:16) ».
De tels moines, délaissant aussitôt leurs intérêts personnels et leur propre volonté, lâchent immédiatement ce qu'ils tenaient et laissent inachevé ce qu'ils faisaient, pour suivre, avec une obéissance qui emboîte le pas, la voix de celui qui ordonne.
Et, comme en un même instant, l'ordre proféré par le maître et sa réalisation par le disciple s'accomplissent toutes deux à la fois, dans l'empressement qu'inspire la crainte de Dieu: c’est ainsi qu’agissent ceux qui aspirent ardemment à la vie éternelle. C'est pour cela qu’ils s'engagent sur la voie étroite dont le Seigneur dit: « Étroite est la voie qui conduit à la vie (Mt 7:14) ».
Aussi, ne vivant plus à leur guise, n'obéissant plus à leurs désirs et à leurs inclinations, mais marchant au jugement et au commandement d'autrui, ils désirent vivre en communauté et se soumettre à un abbé. Assurément de tels hommes se conforment à cette sentence du Seigneur, qui dit: « Je ne suis pas venu faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé (Jn 6:38) ».

(L'obéissance, Règle de Saint Benoît)

Sainte Rafqa 

Samedi 23 Mars 2024

03_23 - Sainte Rafqa - 01

Rafqa est née le 29 juin 1832 dans une famille paysanne maronite à Himlaya dans la montagne à quelques kilomètres de Beyrouth. Elle fut baptisée sous le prénom de Boutrossieh, ou Pierrette en français, en souvenir de Sainte Pétronille, convertie par Saint Pierre.

Elle perdit sa mère alors qu'elle n'avait que 7 ans. À l'âge de 10 ans, elle fut placée comme servante à Damas dans une famille chrétienne maronite, elle y restera quatre ans.

En 1847, la jeune fille revint au domicile familial, où son père, remarié, souhaitait la voir se marier, mais déjà, elle voulait devenir religieuse, et dut lutter contre les desseins de sa famille.

Malgré l'opposition de son père, elle entra comme sœur converse (domestique) chez les Mariamettes ou Filles de Marie, une congrégation récemment fondée par le Père Joseph Gemayel. Les tentatives faites pour la ramener chez elle échouèrent.

Lors de l'attaque des Druzes en 1860, et le massacre des chrétiens qui s'ensuivit, Boutrossieh (à qui on avait donné le nom d'Anissa en religion) réussit à sauver un enfant druze en le cachant sous ses vêtements.

C'est en 1862 qu'elle prononça ses premiers vœux et fut envoyée comme cuisinière au collège-séminaire de Ghazir avant de devenir institutrice, dès 1863, et de fonder une école de filles où elle œuvra sept ans.

Mais en 1871 sa congrégation fut dissoute. Dans une vision, il lui est indiqué de rejoindre l'Ordre libanais maronite, ce qu'elle fit, en rejoignant le couvent Saint-Simon-le-Stylite d'Aïto, au nord du pays. Là, elle prend le prénom de sa mère, Rafqa (ce qui veut dire Rébecca en arabe), et fit sa profession solennelle l'année suivante, en 1872. Elle restera plus de vingt-cinq ans dans ce couvent.

Au bout de treize années de vie religieuse, elle demanda par la grâce de Dieu sa passion rédemptrice. Le même soir elle ressentit une violente douleur à la tête qui se propagea par la suite à l'œil. Un chirurgien tenta une intervention où elle refusa l'anesthésie et qui échoua, lui causant la perte de cet œil.

Malgré une santé chancelante, Rafqa fut envoyée, en 1897 dans un couvent nouvellement fondé, dans les environs de Batroun. Six moniales l'accompagnèrent. Elle s'y employa aux travaux domestiques et à la prière, en toute simplicité et humilité. Mais en 1899, elle devint complètement aveugle. Comme elle se trouva être en plus atteinte de tuberculose osseuse, elle dut passer les dernières années de sa vie étendue sur le côté. Elle supporta ses souffrances par la prière avec patience, foi et apaisement.

Rafqa mourut le 23 mars 1914, et fut enterrée dans le monastère où elle avait vécu la plus grande partie de son existence. Des miracles furent constatés sur sa tombe.

03_23 - Sainte Rafqa - 02

« En canonisant Rafqa Choboq Ar-Rayes, l'Église met en lumière le mystère de l'amour donné et accueilli pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Moniale de l'Ordre libanais maronite, elle a désiré passionnément aimer Dieu et donner sa vie pour ses frères. Puisse sainte Rafqa veiller sur ceux qui connaissent la souffrance, en particulier sur les peuples du Moyen-Orient affrontés à la spirale destructrice et stérile de la violence! »

(Saint Jean-Paul II, Lors de la cérémonie de canonisation de Sainte Rafqa)

Dimanche des Rameaux

Dimanche 24 Mars 2024 (Messe à 10h15)

Carême_Rameaux - 01

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 2:5-11

[5]Mes frères: Ayez en vous les mêmes sentiments dont était animé le Christ Jésus:
[6]bien qu'il fût dans la condition de Dieu, il n'a pas retenu avidement son égalité avec Dieu;
[7]mais il s'est anéanti lui-même, en prenant la condition d'esclave, en se rendant semblable aux hommes, et reconnu pour homme par tout ce qui a paru de lui;
[8]il s'est abaissé lui-même, se faisant obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix.
[9]C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé, et lui a
donné le nom qui est au-dessus de tout nom, (ici on fléchit le genou)
[10]afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et dans les enfers,
[11]et que toute langue confesse, à la gloire de Dieu le Père, que Jésus-Christ est Seigneur.

Évangile selon saint Matthieu 26:36-75, 27:1-60

[46]En ce temps-là, Jésus alla avec ses disciples dans une propriété appelée Gethsémani, et il dit à ses disciples: "Asseyez-vous ici, pendant que je m'éloignerai pour prier".
[37]Ayant pris avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, il commença à éprouver de la tristesse et de l'angoisse.
[38]Et il leur dit: "Mon âme est triste jusqu'à la mort; demeurez ici et veillez avec moi".
[39]Et s'étant un peu avancé, il se prosterna la face contre terre, priant et disant: "Mon Père, s'il est possible, que ce calice passe loin de moi! Cependant, non pas comme je veux, mais comme vous voulez".
[40]Il vint ensuite à ses disciples, et, les trouvant endormis, il dit à Pierre: "Ainsi, vous n'avez pu veiller une heure avec moi!
[41]Veillez et priez, afin que vous n'entriez point en tentation; l'esprit est prompt, mais la chair est faible".
[42]Il s'éloigna une seconde fois et pria ainsi: "Mon Père, si ce calice ne peut passer sans que je le boive, que votre volonté soit faite!"
[43]Étant venu de nouveau, il les trouva encore endormis, car leurs yeux étaient appesantis.
[44]Il les laissa, et s'en alla encore prier pour la troisième fois, disant les mêmes paroles.
[45]Puis il revint à ses disciples et leur dit: "Dormez maintenant et reposez-vous; voici que l'heure est proche, où le Fils de l'homme va être livré aux mains des pécheurs.
[46]Levez-vous, allons, celui qui me trahit est près d'ici".
[47]Il parlait encore, lorsque Judas, l'un des Douze, arriva, et avec lui une troupe nombreuse de gens armés d'épées et de bâtons, envoyée par les Princes des prêtres et les Anciens du peuple.
[48]Le traître leur avait donné ce signe: "Celui que je baiserai, c'est lui, arrêtez-le".
[49]Et aussitôt, s'approchant de Jésus, il dit: "Salut, Maître", et il le baisa.
[50]Jésus lui dit: "Mon ami, pourquoi est-tu ici?" En même temps, ils s'avancèrent, mirent la main sur Jésus et le saisirent.
[51]Et voilà qu'un de ceux qui étaient avec Jésus, mettant l'épée à la main, en frappa le serviteur du grand prêtre et lui emporta l'oreille.
[52]Alors Jésus lui dit: "Remets ton épée à sa place; car tous ceux qui se serviront de l'épée, périront par l'épée.
[53]Penses-tu que je ne puisse pas sur l'heure prier mon Père, qui me donnerait plus de douze légions d'anges?
[54]Comment donc s'accompliront les Écritures, qui attestent qu'il en doit être ainsi?"
[55]En même temps, Jésus dit à la foule: "Vous êtes venus, comme à un voleur, avec des épées et des bâtons pour me prendre. J'étais tous les jours assis parmi vous, enseignant dans le temple, et vous ne m'avez pas saisi;
[56]mais tout cela s'est fait, afin que s'accomplissent les oracles des prophètes". Alors tous les disciples l'abandonnèrent et prirent la fuite.
[57]Ceux qui avaient arrêté Jésus l'emmenèrent chez Caïphe, le grand prêtre, où s'étaient assemblés les Scribes et les Anciens du peuple.
[58]Pierre le suivit de loin jusqu'à la cour du grand prêtre, y entra, et s'assit avec les serviteurs pour voir la fin.
[59]Cependant les Princes des prêtres et tout le Conseil cherchaient quelque faux témoignage contre Jésus afin de le faire mourir;
[60]et ils n'en trouvèrent point, quoique plusieurs faux témoins se fussent présentés. Enfin il en vint deux
[61]qui dirent: "Cet homme a dit: Je puis détruire le temple de Dieu et le rebâtir en trois jours".
[62]Le grand prêtre, se levant, dit à Jésus: "Ne réponds-tu rien à ce que ces hommes déposent contre toi?"
[63]Jésus gardait le silence. Et le grand prêtre lui dit: "Je t'adjure par le Dieu vivant de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu?"
[64]Jésus lui répondit: "Tu l'as dit; de plus, je vous le dis, dès ce jour vous verrez le Fils de l'homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel".
[65]Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant: "Il a blasphémé, qu'avons-nous encore besoin de témoins? Vous venez d'entendre son blasphème:
[66]que vous en semble?" Ils répondirent: "Il mérite la mort".
[67]Alors ils lui crachèrent au visage, et le frappèrent avec le poing; d'autres le souffletèrent,
[68]en disant: "Christ, devine qui t'a frappé".
[69]Cependant Pierre était dehors, assis dans la cour. Une servante l'aborda et lui dit: "Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen".
[70]Mais il le nia devant tous en disant: "Je ne sais ce que tu veux dire".
[71]Comme il se dirigeait vers le vestibule, pour s'en aller, une autre servante le vit et dit à ceux qui se trouvaient là: "Celui-ci était aussi avec Jésus de Nazareth".
[72]Et Pierre le nia une seconde fois avec serment: "Je ne connais pas cet homme".
[73]Peu après, ceux qui étaient là s'approchèrent de Pierre, et lui dirent: "Certainement, tu es aussi de ces gens-là; car ton langage même te faire reconnaître".
[74]Alors il se mit à faire des imprécations et à jurer qu'il ne connaissait pas cet homme. Aussitôt le coq chanta.
[75]Et Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite: "Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois"; et étant sorti, il pleura amèrement.


[1]Dès le matin, tous les Princes des prêtres et les Anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire mourir.
[2]Et, l'ayant lié, ils l'emmenèrent et le livrèrent au gouverneur Ponce Pilate.
[3]Alors Judas, qui l'avait livr
é, voyant qu'il était condamné, fut touché de repentir, et rapporta les trente pièces d'argent aux Princes des prêtres et aux Anciens,
[4]disant: "J'ai péché en livrant le sang innocent". Ils répondirent: "Que nous importe? Cela te regarde".
[5]Alors, ayant jeté les pièces d'argent dans le Sanctuaire,
il se retira et alla se pendre.
[6]Mais les Princes des prêtres ramassèrent l'argent et dirent: "Il n'est pas permis de le mettre dans le trésor sacré, puisque c'est le prix du sang".
[7]Et, après s'être consultés entre eux, ils achetèrent avec cet argent le champ du Potier pour la sépulture des étrangers.
[8]C'est pourquoi ce champ est encore aujourd'hui appelé Champ du sang.
[9]Alors fut accomplie la parole du prophète Jérémie: "Ils ont reçu trente pièces d'argent, prix de celui dont les enfants d'Israël ont estimé la valeur;
[10]et ils les ont données pour le champ du Potier, comme le Seigneur me l'a ordonné".
[11]Jésus comparut devant le gouverneur, et le gouverneur l'interrogea, en disant: "Es-tu le roi des Juifs?" Jésus lui répondit: "Tu le dis".
[12]Mais il ne répondait rien aux accusations des Princes des prêtres et des Anciens.
[13]Alors Pilate lui dit: "N'entends-tu pas de combien de choses ils t'accusent?"
[14]Mais il ne lui répondit sur aucun grief, de sorte que le gouverneur était dans un grand étonnement.
[15]À chaque fête de Pâque, le gouverneur avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que demandait la foule.
[16]Or ils avaient alors un prisonnier fameux, nommé Barabbas.
[17]Pilate, ayant fait assembler le peuple, lui dit: "Lequel voulez-vous que je vous délivre, Barabbas ou Jésus qu'on appelle Christ?"
[18]Car il savait que c'était par envie qu'ils avaient livré Jésus.
[19]Pendant qu'il siégeait sur son tribunal, sa femme lui envoya dire: "Qu'il n'y ait rien entre toi et ce juste; car j'ai été aujourd'hui fort tourmentée en songe à cause de lui".
[20]Mais les Princes des prêtres et les Anciens persuadèrent au peuple de demander Barabbas, et de faire périr Jésus.
[21]Le gouverneur, prenant la parole, leur dit: "Lequel des deux voulez-vous que je vous délivre?" Ils répondirent: "Barabbas".
[22]Pilate leur dit: "Que ferai-je donc de Jésus, appelé Christ?"
[23]Ils lui répondirent: "Qu'il soit crucifié!" Le gouverneur leur dit: "Quel mal a-t-il donc fait?" Et ils crièrent encore plus fort: "Qu'il soit crucifié!"
[24]Pilate, voyant qu'il ne gagnait rien, mais que le tumulte allait croissant, prit de l'eau et se lava les mains devant le peuple, en disant: "Je suis innocent du sang de ce juste; à vous d'en répondre".
[25]Et tout le peuple dit: "Que son sang soit sur nous et sur nos enfants!"
[26]Alors il leur relâcha Barabbas; et, après avoir fait battre de verges Jésus, il le livra pour être crucifié.
[27]Les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus d
ans le prétoire, et ils assemblèrent autour de lui toute la cohorte.
[28]L'ayant dépouillé de ses vêtements, ils jetèrent sur lui un manteau d'écarlate.
[29]Ils tressèrent une couronne d'épines, qu'ils posèrent sur sa tête, et lui mirent un roseau dans la main droite; puis, fléchissant le genou devant lui, ils lui disaient par dérision: "Salut, roi des Juifs".
[30]Ils lui crachaient aussi au visage, et prenant le roseau, ils en frappaient sa tête.
[31]Après s'être ainsi joués de lui, ils lui ôtèrent le manteau, lui remirent ses vêtements et l'emmenèrent pour le crucifier.
[32]Comme ils sortaient, ils rencontrèrent un homme de Cyrène, nommé Simon, qu'ils réquisitionnèrent pour porter la croix de Jésus.
[33]Puis, étant arrivés au lieu appelé Golgotha, c'est-à-dire, le lieu du Crâne,
[34]ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel; mais, l'ayant goûté, il ne voulut pas le boire.
[35]Quand ils l'eurent crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en les tirant au sort, afin que s'accomplit la parole du Prophète: "Ils se sont partagés mes vêtements, et ils ont tiré ma robe au sort".
[36]Et, s'étant assis, ils le gardaient.
[37]Au-dessus de sa tête ils mirent un écriteau indiquant la cause de son supplice: "Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs".
[38]En même temps, on crucifia avec lui deux brigands, l'un à sa droite et l'autre à sa gauche.
[39]Et les passants l'injuriaient, branlant la tête
[40]et disant: "Toi, qui détruis le temple et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même! Si tu es Fils de Dieu, descends de la croix!"
[41]Les Princes des prêtres, avec les Scribes et les Anciens, le raillaient aussi et disaient:
[42]"Il en a sauvé d'autres, et il ne peut se sauver lui-même; s'il est roi d'Israël, qu'il descende maintenant de la croix, et nous croirons en lui.
[43]Il s'est confié en Dieu; si Dieu l'aime, qu'il le délivre maintenant; car il a dit: Je suis Fils de Dieu".
[44]Les brigands qui étaient en croix avec lui, l'insultaient de la même manière.
[45]Depuis la sixième heure jusqu'à la neuvième, il y eut des ténèbres sur toute la terre.
[46]Vers la neuvième heure, Jésus cria d'une voix forte: "Éli, Éli, lamma sabacthani, c'est-à-dire, mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné?"
[47]Quelques-uns de ceux qui étaient là, l'ayant entendu, dirent: "Il appelle Élie".
[48]Et aussitôt l'un d'eux courut prendre une éponge qu'il emplit de vinaigre, et, l'ayant mise au bout d'un roseau, il lui présenta à boire.
[49]Les autres disaient: "Laisse; voyons si Élie viendra le sauver".
[50]Jésus poussa de nouveau un grand cri et rendit l'esprit.
 (Ici on se met à genoux, l’espace d’un *Pater*)
[51]Et voilà que le voile du sanctuaire se déchira en deux, depuis le haut jusqu'en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent,
[52]les sépulcres s'ouvrirent, et plusieurs saints, dont les corps y étaient couchés, ressuscitèrent.
[53]Étant sortis de leur tombeau, ils entrèrent, après la résurrection de Jésus, dans la ville sainte et apparurent à plusieurs.
[54]Le centurion et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus, voyant le tremblement de terre et tout ce qui se passait, furent saisis d'une grande frayeur, et dirent: "Cet homme était vraiment Fils de Dieu".
[55]Il y avait là aussi plusieurs femmes qui regardaient de loin; elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée, pour le servir.
[56]Parmi elles étaient Marie-Madeleine, Marie mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.
[57]Sur le soir, arriva un homme riche d'Arimathie, nommé Joseph, qui était aussi un disciple de Jésus.
[58]Il alla trouver Pilate, et lui demanda le corps de Jésus. Et Pilate ordonna qu'on le lui remît.
[59]Joseph prit le corps, l'enveloppa d'un linceul blanc,
[60]et le déposa dans le sépulcre neuf, qu'il avait fait tailler dans le roc pour lui-même; puis, ayant roulé une grosse pierre à l'entrée du sépulcre, il s'en alla.

Commentaire de Saint Jean Chrysostome sur l'Évangile de saint Matthieu (Homélie LXXXVI)

"Il se retira et alla se pendre (Mt 27:5)"

Vous voyez que le démon commence toujours par de petites choses, et qu’il conduit insensiblement les hommes jusqu’aux plus grands crimes, d’où il les jette ensuite dans le désespoir qui est le comble de tous les autres. Car celui qui désespère après son crime, sera plus damné pour son désespoir que pour son crime qui en est la cause. Lorsqu’un homme a commis un grand péché, il peut le guérir s’il a recours à la pénitence; mais si, après avoir péché, au lieu de se repentir, il désespère du pardon, il rend son mal incurable, parce qu’il fuit le remède qui le doit guérir. Le démon a encore un troisième piège pour surprendre les personnes de piété et pour les faire tomber dans le crime. Car quelquefois il leur déguise tellement le vice sous une apparence de vertu, qu’il les fait pécher en croyant bien faire. Est-il possible, me direz-vous, que le démon ait une si grande puissance? Je m’en vais vous le faire voir. Apprenez ses artifices pour les craindre et pour les éviter en les craignant.

Nous savons par exemple que Jésus-Christ a commandé par saint Paul que l’homme ne se sépare point de sa femme, et qu’ils ne se refusent point le devoir l’un à l’autre sans un mutuel consentement. Cependant on a vu des femmes comme emportées par un amour ardent pour la chasteté, se séparer indiscrètement de leurs maris et prétendre même faire une action d’une haute vertu, lorsqu’elles les contraignaient, par cette séparation illégitime, à commettre des adultères. Pleurez, mes frères, Je malheur de ces personnes aveuglées, puis, qu’après avoir souffert tous les travaux de la chasteté, elles n’en peuvent enfin attendre d’autre fruit que la punition des adultères où leur zèle indiscret a fait tomber leurs maris. On en a vu d’autres qui, s’abstenant de l’usage de la viande selon la loi du jeûne, se sont enfin laissées aller jusqu’à la détester avec horreur par un excès qui les a rendues criminelles aux yeux de Dieu.

Ces maux, mes frères, arrivent lorsque des personnes ont assez de présomption pour préférer leurs sens et leurs lumières particulières aux règles de l’Écriture. Ce fut par ce désordre que quelques Corinthiens crurent que c’était être fort parfait que de manger indifféremment de tout, et des choses mêmes qui étaient expressément défendues. Cependant cette licence, bien loin d’être une perfection, était au contraire une très-grande faute. Saint Paul s’emporte contre elle avec beaucoup de force, et il menace ceux qui en sont coupables d’un supplice éternel, s’ils ne s’en corrigent et ne s’en repentent. (1Co 8:4)

D’autres croient faire une action de grande vertu, en laissant croître leurs cheveux. Cependant c’est une chose défendue et qui est déshonorante. D’autres louent ces excès de douleur, et ces abattements de tristesse où l’on tombe après ses péchés, comme si ces tristesses immodérées étaient fort avantageuses; au lieu que nous voyons, par l’exemple de Judas, que c’est le démon qui par ses artifices jette les âmes dans ces pensées noires qui les accablent, et qui les empêchent de trouver leur paix dans un véritable repentir. C’est pourquoi saint Paul craignit très-justement pour ce Corinthien qui était tombé dans un inceste. Sa sagesse lui fit appréhender qu’il ne tombât dans le désespoir, et il avertit les Corinthiens de hâter sa réconciliation, de peur qu’il ne s’abimât dans l’excès de sa douleur; il montre ensuite que c’était le démon seul qui était l’auteur de cette profonde tristesse, lorsqu’il ajoute: « Afin que Satan n’emporte rien sur nous. Car nous n’ignorons pas ses pensées et ses artifices (2Co 2:6) ».

Si le démon nous faisait une guerre ouverte, il nous serait plus aisé de le vaincre; et j’ose dire même que, si nous veillions sur nous, nous ne trouverions rien de difficile dans cette guerre. Car Dieu nous a assez instruits contre tous ses pièges, et armés contre toutes ses violences, lorsqu’il nous a conseillé de ne point mépriser les petites choses: « Celui », dit Jésus-Christ, « qui appelle son frère fou, méritera le feu d’enfer (Mt 5:22) »: Et celui « qui aura regardé une femme avec un mauvais désir, a commis un adultère dans son cœur (Mt 5:28) ». Il déplore de même le malheur de ceux qui rient; il les appelle « malheureux »; et on voit que partout il s’efforce d’arracher les premières racines du mal, en nous menaçant de nous faire rendre compte de toutes nos paroles inutiles (Mt 12:36).  Aussi nous voyons dans l’Écriture que Job avait soin d’offrir à Dieu des sacrifices pour expier les fautes que ses enfants avaient peut-être commises, non-seulement dans leurs actions, mais même dans leurs paroles (Jb 1:5). Mais voici de quelle manière l’Écriture parle contre le désespoir: « Celui qui est tombé ne se relèvera-t-il pas? Celui qui s’en est allé, ne reviendra-t-il pas? (Jr 8:4) ». Et ailleurs: « Je ne veux point la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse, et qu’il vive (Ez 18:23) ». Et ailleurs: « Aujourd’hui si vous entendez sa voix (Ps 95:8) ». Et enfin l’Évangile nous assure que « les anges se réjouissent dans le ciel pour un pécheur qui fait pénitence (Lc 15:9) ». Nous voyons dans toute l’Écriture plusieurs exemples semblables. Et afin que le prétexte d’une fausse piété ne nous surprenne point en ces occasions, il faut se souvenir continuellement de cette parole de saint Paul: « De peur qu’il ne soit accablé d’une tristesse excessive (2Co 2:7) ».

Méditons ces vérités, mes frères, et opposons la force de l’Écriture aux artifices dont le démon se sert pour surprendre les faibles. Ne dites point: Quel mal ferai-je, si je regarde curieusement cette femme? Celui qui a déjà commis le crime dans le fond de son cœur, ne se fera guère de scrupule de le commettre au dehors. Ne dites point: Quel mal ai-je fait de passer devant ce pauvre sans lui rien donner? Le mépris que vous avez fait de ce pauvre vous en fera mépriser encore un autre, et ensuite vous les mépriserez tous. Ne dites point: Quel mal fais-je, de désirer le bien de mon prochain? C’est ce qui a perdu le roi Achab. Quoique ce prince offrît à Naboth de lui donner tout ce que valait sa terre, ce seul péché de vouloir acheter ce que l’autre ne voulait pas vendre, fut un crime qui le jeta dans cet abîme de maux que nous savons. Celui qui veut acheter un bien ne doit pas contraindre celui qui en est le juste maître de le vendre, mais seulement lui en donner le prix lorsqu’il s’en défait volontairement. Mais si Achab a été justement puni de Dieu, quoiqu’il offrît à Naboth le prix de sa vigne, que deviendront ceux qui n’achètent pas, mais qui ravissent le bien d’autrui par une pure violence, principalement dans le temps de la loi nouvelle, et de la grâce de l’Évangile?

Pour éviter donc ces justes peines, mes frères, fuyons de tout notre cœur toutes les violences et les rapines. Conservons-nous purs non-seulement de tout péché, mais des commencements même du péché. Vivons en chrétiens pour régner un jour avec Dieu, par la grâce et par la miséricorde de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui appartient la gloire et l’empire dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Jeudi Saint

Jeudi 28 Mars 2024

Jeudi_Saint - Eucharistie - 01

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 11:20-32

[20]Mes frères: lorsque vous vous réunissez ce n'est plus le repas du Seigneur que vous célébrez;
[21]car, à table, chacun commence par prendre son propre repas, en sorte que tels ont faim, tandis que d'autres se gorgent.
[22]N'avez-vous pas des maisons pour y manger et boire? ou méprisez-vous l'Église de Dieu, et voulez-vous faire un affront à ceux qui n'ont rien? Que vous dirai-je? Que je vous loue? Non, je ne
vous loue point en cela.
[23]Car, pour moi, j'ai reçu du Seigneur, ce que je vous ai aussi transmis, savoir, que le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain,
[24]et après avoir rendu grâces, le rompit et dit: "[Prenez et mangez]; ceci est mon corps, [qui sera livré] pour vous; faites ceci en mémoire de moi".
[25]De même, après avoir soupé, il prit le calice et dit: "Ce calice est la nouvelle alliance en mon sang; faites ceci, toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi".
[26]Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez ce calice, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne.
[27]C'est pourquoi celui qui mangera le pain ou boira le calice du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur.
[28]Que chacun donc s'éprouve soi-même, et qu'ainsi il m
ange de ce pain et boive de ce calice;
[29]car celui qui mange et boit [indignement], sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit son propre jugement.
[30]C'est pour cela qu'il y a parmi vous beaucoup de gens débiles et de malades, et qu'un grand nombre sont morts.
[31]Si nous nous examinions nous-mêmes nous ne serions pas jugés.
[32]Mais le Seigneur nous juge et nous châtie, afin que nous ne soyons pas condamnés avec ce monde.

Évangile selon saint Jean 13:1-15

[1]Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père, après avoir aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'à la fin.
[2]Pendant le souper, lorsque déjà le diable avait mis dans le cœur de Judas, fils de Simon Iscariote, le dessein de le livrer,
[3]Jésus, qui savait que son Père avait remis toutes choses entre ses mains, et qu'il était sorti de Dieu et s'en allait à Dieu,
[4]se leva de table, posa son manteau, et, ayant pris un linge, il s'en ceignit.
[5]Puis il versa de l'eau dans le bassin et se mit à laver les pieds de ses disciples, et à les essuyer avec le linge dont il était ceint.
[6]Il vint donc à Simon-Pierre; et Pierre lui dit: "Quoi, vous Seigneur, vous me lavez les pieds!"
[7]Jésus lui répondit: "Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant, mais tu le comprendras bientôt".
[8]Pierre lui dit: "Non, jamais vous ne me laverez les pieds". Jésus lui répondit: "Si je ne te lave, tu n'auras point de part avec moi".
[9]Simon-Pierre lui dit: "Seigneur, non seulement les pieds, mais encore les mains et la tête!"
[10]Jésus lui dit: "Celui qui a pris un bain n'a besoin que de laver ses pieds; il est pur tout entier. Et vous aussi, vous êtes purs, mais non pas tous".
[11]Car il savait quel était celui qui allait le livrer; c'est pourquoi il dit: "Vous n'êtes pas tous purs".
[12]Après qu'il leur eut lavé les pieds, et repris son manteau, il se remit à table et leur dit: "Comprenez-vous ce que je vous ai fait?
[13]Vous m'appelez le Maître et le Seigneur: et vous dites bien, car je le suis.
[14]Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres.
[15]Car je vous ai donné l'exemple, afin que, comme je vous ai fait, vous fassiez aussi vous-mêmes.

Jeudi_Saint - Lavement des pieds - 01

Commentaire de Saint Augustin sur l'Évangile de saint Jean (Sermon CXXXII, Pureté et sainte communion)

"Celui qui mange et boit, sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit son propre jugement (1Co 11:29)"

Nous venons de l'entendre pendant la lecture du saint Évangile, c'est en nous promettant la vie éternelle que Jésus-Christ notre Seigneur nous exhorte à manger sa chair et à boire son sang. Vous l'avez tous entendu, mais tous vous ne l'avez pas compris. Vous qui êtes baptisés et vous qui êtes au nombre des fidèles, vous savez la pensée du Seigneur. Quant à ceux qui sont encore Catéchumènes où Écoutants, ils ont pu entendre ses paroles, mais en ont-ils saisi le sens? Aussi nous adressons-nous aux uns et aux autres.
Ceux qui déjà mangent la chair du Seigneur et boivent son sang, doivent songer à ce qu'ils mangent et à ce qu'ils boivent; pour ne pas s'exposer, comme s'exprime l'Apôtre, à manger et à boire leur condamnation
(1Co 11:29). Pour ceux qui ne communient pas encore, qu'ils s'empressent d'approcher de ce divin banquet où ils sont invités. C'est à cette époque que les maîtres de maison donnent des repas: Jésus en donne chaque jour, et voilà sa table dressée au milieu de cette enceinte. Qui vous empêche, ô Écoutants, de voir cette table et de vous asseoir à ce festin? Vous vous êtes dit peut-être, durant la lecture de l'Évangile: Quelle idée nous faire de ces mots: « Ma chair est véritablement une nourriture et mon sang véritablement un breuvage? (Jn 6:55) » Comment se mange la chair et comment se boit le sang du Seigneur? Que veut-il dire? Mais qui t'a fermé l'entrée de ce mystère? Tu y vois un voile; ce voile, si tu veux, sera soulevé. Viens à la profession de foi et la question sera résolue pour toi, car ceux qui l'ont faite connaissent ce qu'a voulu dire notre Seigneur Jésus. Quoi! on t'appelle Catéchumène, on t'appelle Écoutant, et tu es sourd! Tu as ouvert l'oreille du corps, puisque tu entends le bruit des paroles; mais tu as fermée encore l'oreille du cœur, puisque tu n'en comprends point le sens. Je parle, mais je n'explique pas. Nous voici à Pâques, fais-toi inscrire pour le Baptême. Si la fête ne suffit pas pour t'exciter, laisse-toi conduire par la curiosité même, par le désir de savoir ce que signifie « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi et moi en lui (Jn 6:56) ». Pour comprendre avec moi le sens de ces mots: frappe et on t'ouvrira. Je te dis: Frappe et on t'ouvrira; moi aussi je frappe, ouvre-moi; je fais bruit aux oreilles, mais je frappe au cœur.
Mes frères, si nous devons exciter les Catéchumènes à ne point différer de recevoir cette grâce 
immense de la régénération, quel soin devons-nous consacrer à porter les fidèles à profiter de ce qu'ils reçoivent, à ne pas manger, à ne pas boire leur condamnation à cette table divine! Qu'ils vivent donc bien, pour être préservés de ce malheur. Et vous, exhortez, non par vos paroles, mais par vos mœurs, ceux qui ne sont pas baptisés, à suivre vos exemples sans y trouver la mort. Époux, gardez à vos épouses la foi nuptiale; faites pour elles, ce que vous exigez pour vous. Mari, tu requiers de ta femme la garde de la chasteté, donne-lui l'exemple et non des paroles. Tu es le chef; vois où tu marches; car tu ne dois marcher que par où elle peut te suivre sans danger; que dis-je? partout où tu veux qu'elle mette le pied, tu dois mettre le tien. De ce sexe faible tu exiges la force: comme vous éprouvez l'un et l'autre les convoitises de la chair, c'est au plus fort de vaincre le premier. N'est-il pas toutefois déplorable de voir tant d'hommes vaincus par les femmes? Des femmes gardent la chasteté que des hommes refusent d'observer; ils mettent même leur honneur d'homme à ne l'observer pas, comme si leur sexe n'était plus fort que pour se laisser plus facilement dompter par l'ennemi. Il y a lutte, il y a combat, il y a bataille. L'homme est plus fort que la femme, dont il est le chef (Ep 5:23). La femme combat, elle triomphe; et toi tu succombes! Le corps reste debout et la tête est tombée!
Pour vous, qui n'êtes point mariés encore et qui pourtant vous approchez de la table du Seigneur pour y manger sa chair et y boire son sang, conservez-vous pour vos futures épouses si vous devez en prendre. Ne doivent-elles pas vous trouver telles que vous désirez les trouver vous-mêmes? Quel est le jeune homme qui ne désire une épouse chaste, qui ne demande l'intégrité la plus parfaite dans la vierge à laquelle il veut s'unir? Sois ce que tu veux qu'elle soit; tu la veux pure, sois pur. Ne pourrais-tu ce dont elle est capable? Si la vertu est impossible, pourquoi la pratique-t-elle? Et si elle la pratique, n'est-ce pas t'enseigner qu'elle est praticable? C'est Dieu sans doute qui la dirige pour l'en rendre capable.
Souviens-toi cependant qu'à la pratiquer tu auras plus de gloire qu'elle. Pourquoi plus de gloire? C'est qu'elle est comprimée par la vigilance de ses parents, arrêtée par la pudeur de son faible sexe, retenue enfin par la peur de lois que tu n'as pas à craindre. Voilà pourquoi tu auras réellement plus de gloire à demeurer chaste, la pureté sera en toi la preuve que tu crains Dieu. Elle, en dehors de Dieu, que n'a-t-elle pas à craindre? Toi, tu n'as d'autre crainte que celle de Dieu; mais aussi quelle grandeur comparable à celle de ce Dieu que tu crains? Il faut le craindre en public et le craindre en secret. Si tu sors il te voit, il te voit encore si tu entres; ta lampe brûle, il te voit; elle est éteinte, il te voit encore; il te voit quand tu pénètres dans ton cabinet, il te voit aussi quand tu réfléchis en ton cœur. Crains, crains cet œil qui ne te perd pas de vue, et que la crainte au moins te maintienne chaste; ou bien, si tu es déterminé à pécher, cherche un endroit où Dieu ne te verra pas, et fais là ce que tu veux.
Pour vous qui déjà avez fait le vœu de pureté, châtiez plus sévèrement votre corps, ne laissez pas la convoitise aller même à ce qui est permis; non content de vous abstenir de tout contact impur, sachez dédaigner même un regard licite. Quelque soit votre sexe, souvenez-vous que vous menez sur la terre la vie des Anges, puisque les Anges ne se marient point. Après la résurrection, nous serons tous comme eux (Mt 32:30); mais combien vous l'emportez sur les autres, vous qui commencez d'être avant la mort ce qu'ils ne seront qu'après la résurrection! Soyez fidèles à vos engagements divers, comme Dieu sera fidèle à vous glorifier diversement. Les morts ressuscités sont comparés aux étoiles du ciel. « Une étoile », dit l'Apôtre,
« diffère en clarté d'une autre étoile. Ainsi en est-il de la résurrection (1Co 15:41-42) ». Autre sera l'éclat de la virginité, autre l'éclat de la chasteté conjugale, autre encore l'éclat de la viduité sainte. La gloire sera diverse, mais tous les élus auront la leur. La splendeur n'est pas la même, le ciel est commun.
Réfléchissez ainsi à vos devoirs, soyez fidèles à vos obligations diverses et recevez la chair, recevez le sang du Seigneur. Qu'on n'approche point, si l'on n'a pas la conscience en bon état. Que mes paroles vous portent de plus en plus à la componction. Elles portent la joie dans ceux qui savent rendre à leurs épouses ce qu'ils demandent d'elles et dans ceux aussi qui observent avec perfection la continence qu'ils ont vouée à Dieu. Mais il en est d'autres qui s'affligent en m'entendant dire: N'approchez pas de ce pain sacré, vous qui n'êtes pas purs. Je voudrais bien ne pas tenir ce langage: mais que faire? Aurai-je peur de l'homme pour ne pas annoncer la vérité? Il faudra donc que ces serviteurs infidèles ne craignant pas le Seigneur, je ne le craigne pas non plus, comme si je ne connaissais pas cette sentence: « Serviteur mauvais et paresseux, tu aurais dû donner et moi j'aurais fait rendre (Mt 26:27) ».
Ah! j'ai donné, Seigneur mon Dieu; oui, devant vous, devant vos Anges et devant votre peuple j'ai distribué vos richesses; car je redoute vos jugements. J'ai distribué, à vous de faire rentrer. Du reste vous le ferez assez sans que je le dise. Je dirai donc au contraire: J'ai distribué, à vous de toucher, à vous de pardonner. Rendez purs ceux qui étaient impurs. Ainsi, au jour de vos arrêts, nous serons tous dans la joie, et celui qui a donné et celui qui a reçu. Le voulez-vous, mes frères? Veuillez-le. Ô impudiques, corrigez-vous pendant que vous êtes en vie. Je puis bien annoncer la parole de Dieu, mais je ne saurais soustraire au jugement et à la condamnation suprême les impurs qui auront persévéré dans leurs infamies.

♱♱ Vendredi Saint ♱♱

Vendredi 29 Mars 2024

Vendredi_Saint - Jésus sur la Croix - 03

Évangile selon saint Jean 18:1-40, 19:1-42

[1]En ce temps-là: Jésus se rendit, accompagné de ses disciples, au delà du torrent de Cédron, où il y avait un jardin, dans lequel il entra lui et ses disciples.
[2]Judas, qui le trahissait, connaissait aussi ce lieu, parce que Jésus y était souvent allé avec ses disciples.
[3]Ayant donc pris la cohorte et des satellites fournis par les Pontifes et les Pharisiens, Judas y vint avec des lanternes, des torches et des armes.
[4]Alors Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, s'avança et leur dit: "Qui cherchez-vous?"
[5]Ils lui répondirent: "Jésus de Nazareth". Il leur dit: "Jésus de Nazareth, c'est moi". Or, Judas, qui le trahissait, était là avec eux.
[6]Lors donc que Jésus leur eut dit: "C'est moi", ils reculèrent et tombèrent par terre.
[7]Il leur demanda encore une fois: "Qui cherchez-vous?" Et ils dirent: "Jésus de Nazareth".
[8]Jésus répondit: "Je vous l'ai dit, c'est moi; si donc c'est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci".
[9]Il dit cela, afin que fût accomplie la parole qu'il avait dite: "Je n'ai perdu aucun de ceux que vous m'avez donnés".
[10]Alors Simon-Pierre, qui avait une épée, la tira, et frappant le serviteur du grand prêtre, il lui coupa l'oreille droite: ce serviteur s'appelait Malchus.
[11]Mais Jésus dit à Pierre: "Remets ton épée dans le fourreau. Ne boirai-je donc pas le calice que mon Père m'a donné?"
[12]Alors la cohorte, le tribun et les satellites des Juifs se saisirent de Jésus et le lièrent.
[13]Ils l'emmenèrent d'abord chez Anne parce qu'il était beau-père de Caïphe, lequel était grand-prêtre cette année-là.
[14]Or, Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs: "Il est avantageux qu'un seul homme meure pour le peuple".
[15]Cependant Simon-Pierre suivait Jésus, avec un autre disciple. Ce disciple, étant connu du grand-prêtre, entra avec Jésus dans la cour du grand-prêtre,
[16]mais Pierre était resté près de la porte, en dehors. L'autre disciple, qui était connu du grand-prêtre sortit donc, parla à la portière, et fit entrer Pierre.
[17]Cette servante, qui gardait la porte, dit à Pierre: "N'es-tu pas, toi aussi, des disciples de cet homme?" Il dit: "Je n'en suis point".
[18]Les serviteurs et les satellites étaient rangés autour d'un brasier, parce qu'il faisait froid, et ils se chauffaient; Pierre se tenait aussi avec eux, et se chauffait.
[19]Le grand-prêtre interrogea Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine.
[20]Jésus lui répondit: "J'ai parlé ouvertement au monde; j'ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple, où tous les Juifs s'assemblent, et je n'ai rien dit en secret.
[21]Pourquoi m'interroges-tu? Demande à ceux qui m'ont entendu, ce que je leur ai dit; eux, ils savent ce que j'ai enseigné".
[22]À ces mots, un des satellites qui se trouvait là, donna un soufflet à Jésus, en disant: "Est-ce ainsi que tu réponds au grand-prêtre?"
[23]Jésus lui répondit: "Si j'ai mal parlé, fais voir ce que j'ai dit de mal; mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu?"
[24]Anne avait envoyé Jésus lié à Caïphe, le grand-prêtre.
[25]Or, Simon-Pierre était là, se chauffant. Ils lui dirent: "N'es-tu pas, toi aussi, de ses disciples?" Il le nia et dit: "Je n'en suis point".
[26]Un des serviteurs du grand-prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, lui dit: "Ne t'ai-je pas vu avec lui dans le jardin?"
[27]Pierre nia de nouveau et aussitôt le coq chanta.
[28]Ils conduisirent Jésus de chez Caïphe au prétoire: c'était le matin. Mais ils n'entrèrent pas eux-mêmes dans le prétoire, pour ne pas se souiller et afin de pouvoir manger la Pâque.
[29]Pilate sortit donc vers eux, et dit: "Quelle accusation portez-vous contre cet homme?"
[30]Ils lui répondirent: "Si ce n'était pas un malfaiteur, nous ne te l'aurions pas livré".
[31]Pilate leur dit: "Prenez-le vous-mêmes, et jugez-le selon votre loi". Les Juifs lui répondirent: "Il ne nous est pas permis de mettre personne à mort":
[32]afin que s'accomplît la parole que Jésus avait dite, lorsqu'il avait indiqué de quelle mort il devait mourir.
[33]Pilate étant donc rentré dans le prétoire, appela Jésus, et lui dit: "Es-tu le roi des Juifs?"
[34]Jésus répondit: "Dis-tu cela de toi-même, ou d'autres te l'ont-ils dit de moi?"
[35]Pilate répondit: "Est-ce que je suis Juif? Ta nation et les chefs des prêtres t'ont livré à moi: qu'as-tu fait?"
[36]Jésus répondit: "Mon royaume n'est pas de ce monde; si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour que je ne fusse pas livré aux Juifs, mais maintenant mon royaume n'est point d'ici-bas".
[37]Pilate lui dit: "Tu es donc roi?" Jésus répondit: "Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité: quiconque est de la vérité écoute ma voix".
[38]Pilate lui dit: "Qu'est-ce que la vérité?" Ayant dit cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs, et il leur dit: "Pour moi, je ne trouve aucun crime en lui.
[39]Mais c'est la coutume qu'à la fête de Pâque je vous délivre quelqu'un. Voulez-vous que je vous délivre le roi des Juifs?"
[40]Alors tous crièrent de nouveau: "Non pas lui, mais Barabbas". Or, Barabbas était un brigand.

 


[1]Alors Pilate prit Jésus et le fit flageller.
[2]Et les soldats ayant tressé une couronne d'épines, la mirent sur sa tête, et le revêtirent d'un manteau de pourpre;
[3]puis, s'approchant de lui, ils disaient: "Salut, roi des Juifs!" et ils le souffletaient.
[4]Pilate sortit encore une fois et dit aux Juifs: "Voici que je vous l'amène dehors, afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun crime".
[5]Jésus sortit donc, portant la couronne d'épines et le manteau d'écarlate; et Pilate leur dit: "Voici l'homme".
[6]Lorsque les Princes des prêtres et les satellites le virent, ils s'écrièrent: "Crucifie-le! crucifie-le!" Pilate leur dit: "Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le; car, pour moi, je ne trouve aucun crime en lui".
[7]Les Juifs lui répondirent: "Nous avons une loi, et, d'après notre loi, il doit mourir, parce qu'il s'est fait Fils de Dieu".
[8]Ayant entendu ces paroles, Pilate fut encore plus effrayé.
[9]Et rentrant dans le prétoire, il dit à Jésus: "D'où es-tu?" Mais Jésus ne lui fit aucune réponse.
[10]Pilate lui dit: "C'est à moi que tu ne parles pas? Ignores-tu que j'ai le pouvoir de te délivrer et le pouvoir de te crucifier?"
[11]Jésus répondit: "Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait pas été donné d'en haut. C'est pourquoi celui qui m'a livré à toi a un plus grand péché".
[12]Dès ce moment, Pilate cherchait à le délivrer. Mais les Juifs criaient disant: "Si tu le délivres, tu n'es point ami de César; quiconque se fait roi, se déclare contre César".
[13]Pilate, ayant entendu ces paroles, fit conduire Jésus dehors, et il s'assit sur son tribunal, au lieu appelé Lithostrotos, et en hébreu Gabbatha.
[14]C'était la Préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs: "Voici votre roi".
[15]Mais ils se mirent à crier: "Qu'il meure! Qu'il meure! Crucifie-le". Pilate leur dit: "Crucifierai-je votre roi?" Les Princes des prêtres répondirent: "Nous n'avons de roi que César".
[16]Alors il le leur livra pour être crucifié. Et ils prirent Jésus et l'emmenèrent.
[17]Jésus, portant sa croix, arriva hors de la ville au lieu nommé Calvaire, en Hébreu Golgotha;
[18]c'est là qu'ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu.
[19]Pilate fit aussi une inscription, et la fit mettre au haut de la croix; elle portait ces mots: "Jésus de Nazareth, le roi des Juifs".
[20]Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, car le lieu où Jésus avait été crucifié était près de la ville, et l'inscription était en hébreu, en grec et en latin.
[21]Or, les princes des prêtres des Juifs dirent à Pilate: "Ne mets pas: Le roi des Juifs; mais que lui-même a dit: Je suis le roi des Juifs".
[22]Pilate répondit: "Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit".
[23]Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent ses vêtements, et ils en firent quatre parts, une pour chacun d'eux. Ils prirent aussi sa tunique: c'était une tunique sans couture, d'un seul tissu depuis le haut jusqu'en bas.
[24]Ils se dirent donc entre eux: "Ne la déchirons pas, mais tirons au sort à qui elle sera": afin que s'accomplît cette parole de l'Écriture: "Ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont tiré ma robe au sort". C'est ce que firent les soldats.
[25]Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie-Madeleine.
[26]Jésus, ayant vu sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère: "Femme, voilà votre fils".
[27]Ensuite il dit au disciple: "Voilà votre mère". Et depuis cette heure-là, le disciple la prit chez lui.
[28]Après cela, Jésus sachant que tout était maintenant consommé, afin que l'Écriture s'accomplît, dit: "J'ai soif".
[29]Il y avait là un vase plein de vinaigre; les soldats en remplirent une éponge, et l'ayant fixée au bout d'une tige d'hysope, ils l'approchèrent de sa bouche.
[30]Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit: "Tout est consommé"; et baissant la tête, il rendit l'esprit.
 (Ici on se met à genoux et on fait une pause)
[31]Or, comme c'était la Préparation, de peur que les corps ne restassent sur la croix pendant le sabbat, car le jour de ce sabbat était très solennel, les Juifs demandèrent à Pilate qu'on rompît les jambes aux crucifiés et qu'on les détachât.
[32]Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes du premier, puis de l'autre qui avait été crucifié avec lui.
[33]Mais quand ils vinrent à Jésus, le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes;
[34]mais un des soldats lui transperça le côté avec sa lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau.
[35]Et celui qui l'a vu en rend témoignage, et son témoignage est vrai; et il sait qu'il dit vrai, afin que vous aussi, vous croyiez.
[36]Car ces choses sont arrivées afin que l'Écriture fut accomplie: "Aucun de ses os ne sera rompu".
[37]Et il est encore écrit ailleurs: "Ils regarderont celui qu'ils ont transpercé".
[38]Après cela, Joseph d'Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate d'enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Il vint donc, et prit le corps de Jésus.
[39]Nicodème, qui était venu la première fois trouver Jésus de nuit, vint aussi, apportant un mélange de myrrhe et d'aloès, d'environ cent livres.
[40]Ils prirent donc le corps de Jésus, et l'enveloppèrent dans des linges, avec les aromates, selon la manière d'ensevelir en usage chez les Juifs.
[41]Or, au lieu où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin, et dans le jardin un sépulcre neuf, où personne n'avait encore été mis.
[42]C'est là, à cause de la Préparation des Juifs, qu'ils déposèrent Jésus, parce que le sépulcre était proche.

Vendredi_Saint - Jésus sur la Croix - 01

Commentaire de Saint Jean Chrysostome sur l'Évangile de saint Jean (Extrait d'une homélie sur la Croix)

La gloire de la Croix

Aujourd'hui Notre-Seigneur Jésus-Christ est sur la croix, et nous sommes en fête pour vous apprendre que la croix est un sujet de fête et de réjouissance spirituelle. Autrefois, la croix était le symbole de la condamnation maintenant elle est devenue un signe d'honneur. Auparavant c'était un instrument de mort, aujourd'hui c'est la cause du salut. En effet, elle a été pour nous la source de biens innombrables: c'est elle qui nous a délivrés de l'erreur, qui nous a éclairés alors que nous étions dans les ténèbres; vaincus par le démon, elle nous a réconciliés avec Dieu; ennemis, elle nous a rendus amis; éloignés, elle nous a rapprochés. Elle est la destruction de l'inimitié, la garantie de la paix, et le trésor de tous les biens. Grâce à elle, nous n'errons plus dans les déserts, car nous connaissons la véritable voie; nous n'habitons plus hors du royaume, nous avons trouvé la porte, nous ne craignons plus les traits enflammés du démon, nous avons aperçu une source rafraîchissante. Par la croix, nous ne sommes plus dans le veuvage, nous avons reçu l'Époux, nous ne redoutons pas le loup, nous avons le bon Pasteur: « Je suis le bon Pasteur (Jn 10:11) », dit-il. Par elle nous ne craignons pas le tyran, nous sommes à côté du roi, et voilà pourquoi nous sommes en fête en célébrant la mémoire de la croix. De même, autrefois, saint Paul ordonna de solenniser la fête de la croix: « Célébrons cette fête », dit-il, « non avec le vieux levain, mais avec les pains sans levain de la sincérité et de la vérité (1Co 5:8) ». Et pour donner les motifs de son exhortation il ajoute: « Parce que le Christ, notre pâque, a été immolé pour nous (1Co 5:7) ». Voyez-vous pourquoi il ordonne de célébrer une fête à cause de la croix? C'est parce que le Christ a été immolé sur la croix; parce que là où est le sacrifice, là aussi se trouve l'abolition des péchés, là aussi la réconciliation avec le Seigneur, là enfin la fête et la joie: Le Christ, notre pâque, a été immolé pour nous. Où, je vous le demande, a-t-il été immolé? sur un gibet élevé. L'autel de ce sacrifice est nouveau, parce que le sacrifice lui-même est nouveau et prodigieux. Le même Christ était prêtre et victime: victime selon la chair, prêtre selon l'esprit. Il offrait et il était offert selon la chair.

Apprenez comment saint Paul annonce ces deux choses: « Tout pontife », dit-il, « est pris d'entre les hommes et est établi pour les hommes; c'est pourquoi il est nécessaire qu'il ait quelque chose qu'il puisse offrir. Notre-Seigneur s'offre lui-même (He 6:1, He 8:3) ». Ailleurs encore il dit: « Jésus-Christ a été offert une fois pour effacer les péchés de plusieurs, et la seconde fois il apparaîtra pour le salut de ceux qui l'attendent (He 9:28) ». Il a été offert d'abord, puis il s'est offert. Voyez-vous comment il a été victime et prêtre, et comment la croix a été son autel? Et pourquoi, direz-vous, la victime est-elle offerte hors de la ville et des murailles et non dans le temple? C'était pour l'accomplissement de cette parole: « Il a été mis au nombre des scélérats (Is 53:12) ». Pourquoi est-elle immolée sur un gibet élevé et non sous un toit? Pour purifier l'air: c'est la raison par laquelle il choisit un lieu élevé d'où il ne soit pas dominé par un toit, mais par le ciel seul. L'air était purifié, puisque l'agneau était immolé en haut lieu, la terre l'était également, car elle était arrosée par le sang qui coulait de son côté. Il ne voulut pas être sous un toit ni dans le temple des Juifs, dans la crainte que ces derniers ne s'appropriassent exclusivement cette victime, et qu'on ne crût qu'elle était offerte seulement pour leur nation. Ce fut en dehors de la ville et des murailles, pour nous apprendre que c'était un sacrifice universel, une oblation pour la terre entière; enfin, une purification générale et non particulière comme celle qui avait lieu chez les Juifs. Dieu ordonna aux Juifs de venir de tous les points de la terre pour lui offrir des victimes et des prières dans un seul lieu, parce que toute la terre était souillée par la fumée, l'odeur et toutes les autres impuretés des sacrifices des païens répandus à sa surface. Nous, au contraire, nous pouvons prier en tout lieu depuis que le Christ par sa venue a purifié l'univers. C'est pourquoi saint Paul exhortait en ces termes les fidèles à prier partout sans crainte: « Je veux que les hommes prient en tout lieu, levant des mains pures (1Tm 2:8) ». Comprenez-vous que l'univers a été purifié, puisqu'en tout lieu on peut lever des maint pures? que toute la terre a été sanctifiée, et rendue plus sainte que n'était l'intérieur des temples, puisqu'on n'y offrait qu'un animal, sans intelligence, tandis que nous avons une victime spirituelle. Or, la sanctification est d'autant plus complète que le sacrifice est d'un plus grand prix.

Voulez-vous connaître un autre effet remarquable de la Croix? Elle nous a ouvert en ce jour le paradis fermé depuis cinq mille ans et plus: car c'est en ce jour, à cette heure, que Dieu y a introduit le bon larron, nous apprenant ainsi deux choses bien importantes, savoir, que le ciel était ouvert et qu'un larron y avait été reçu. Aujourd'hui le Seigneur nous a rendu notre antique patrie, aujourd'hui, il nous a ramenés dans la cité de nos pères et il a ouvert un asile à toute la nature humaine. « Aujourd'hui », dit-il, « tu seras avec moi en paradis (Lc 23:43) ». Que dites-vous, ô mon Sauveur? Vous êtes crucifié, attaché avec des clous, et vous promettez le paradis? Sans doute, nous répond-il, car je veux vous apprendre quelle puissance j'ai sur la croix. Pour vous distraire du triste spectacle de la croix par la puissance du Crucifié, il opère sur la croix même ce miracle qui manifeste le plus sa vertu surnaturelle. Ce n'est pas en ressuscitant les morts, en commandant aux vents et à la mer, en mettant en fuite les démons, mais sur la croix, alors qu'il était percé de clous, couvert d'outrages, de crachats, d'insultes, accablé d'opprobres, qu'il peut changer l'âme perverse du larron; et afin que de toutes parts éclatât sa puissance, il ébranlait en même temps la nature entière, il brisait les rochers, il attirait et glorifiait l'âme du bon larron plus dure que la pierre, car il lui dit: « Aujourd'hui tu seras avec moi en paradis (Lc 23:43) ». Sans doute les chérubins gardaient le paradis, mais il est le maître des chérubins; ils étaient armés d'un glaive de feu, mais il a tout pouvoir sur le feu et sur l'enfer, sur la vie et sur la mort. A-t-on jamais vu un roi permettre à un voleur ou à tout autre de ses serviteurs de s'asseoir à ses côtés pour entrer dans sa ville? Le Christ l'a fait et en entrant dans la Patrie sainte, il introduit un voleur à ses côtés. N'allez pas croire que par cet acte il ait méprisé le paradis, il l'ait déshonoré par les pas de ce voleur; au contraire, il l'a honoré, car c'est une gloire de plus pour le ciel d'appartenir à un Maître qui puisse rendre un voleur digne du bonheur qu'on y goûte. Et lorsqu'il introduisait les publicains et les femmes pécheresses dans le royaume des cieux, ce n'était point un déshonneur mais bien une gloire pour ce royaume, car il montrait ainsi que le Maître de ce royaume était si puissant qu'il pouvait changer les publicains et les femmes pécheresses au point de les rendre dignes d'une telle gloire et d'une telle récompense. Car, de même que nous admirons surtout un médecin lorsque nous le voyons rendre la santé à des hommes atteints de maladies incurables, ainsi est-il juste d'admirer Notre-Seigneur quand il guérit des blessures désespérées, quand il ramène le publicain et la femme pécheresse à un tel état de santé spirituelle qu'ils sont trouvés dignes du ciel.

Mais, me demandez-vous, qu'a donc fait de si grand le larron pour passer instantanément de la croix dans le ciel? Je vais vous démontrer en peu de mots son mérite. Tandis que Pierre reniait au pied de la croix, lui confessait sur la croix, ce que je dis, non pour accuser saint Pierre, Dieu m'en garde! mais pour vous donner une preuve de la vertu du larron. Le disciple ne résiste pas aux menaces d'une jeune fille sans importance, le voleur, au contraire, à la vue de tout le peuple qui l'environne en criant, en lançant les blasphèmes, les insultes, ne s'émeut pas, ne songe pas au déshonneur actuel du Crucifié, mais s'élevant plus haut avec les yeux de la foi, il ne fait nulle attention à ces vils obstacles, il reconnaît le Maître des cieux et se prosternant en esprit devant lui il disait: « Souvenez-vous de moi, Seigneur, lorsque vous serez dans votre royaume (Lc 23:42) ». Ne nous hâtons pas trop de quitter ce voleur et ne rougissons pas de nous instruire à l'école de celui que Notre-Seigneur ne rougit pas d'introduire le premier dans le ciel. N'ayons pas honte de prendre pour maître celui qui avant toutes les autres créatures terrestres parut digne de la cité du ciel, mais faisons ressortir avec soin tous les détails de sa conduite, afin d'apprendre la vertu de la croix. Le Seigneur ne lui dit point comme à Pierre: « Viens à ma suite et je te ferai pêcheur d'hommes (Mt 4:19) ». Il ne lui dit pas comme aux douze: « Vous serez assis sur douze trônes, jugeant les douze tribus d'Israël (Mt 19:28) ». Il ne l'honora pas même d'une parole. Il ne lui montra pas de miracles, il ne lui fit pas voir les morts ressuscités, les démons mis en fuite, la mer soumise, il ne lui parla ni du royaume des cieux ni de l'enfer, et cependant il le confessa avant tous les autres, malgré les insultes de son compagnon. L'autre voleur, en effet, insultait le Sauveur, c'est qu'il y avait encore un voleur crucifié avec Notre-Seigneur, afin que fût accomplie cette parole: « Il a été mis au rang des scélérats (Is 53:12) ». Les Juifs voulaient