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Nouvelle page du site : Trésors des Écritures !

XVIe Dimanche après la Pentecôte

Dimanche 25 Septembre 2022 (Messe à 10h30)

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Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphesiens 3:13-21

[13]C'est pourquoi je vous prie de ne pas vous laisser décourager à cause des afflictions que j'endure pour vous: elles sont votre gloire.

[14]A cause de cela, je fléchis le genou devant le Père,

[15]de qui tire son nom toute famille dans les cieux et sur le terre,

[16]afin qu'il vous donne, selon les trésors de sa gloire, d'être puissamment fortifiés par son Esprit en vue de l'homme intérieur,

[17]et que le Christ habite dans vos cœurs par la foi, de sorte que, étant enracinés et fondés dans la charité,

[18]vous deveniez capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur et la longueur, la profondeur et la hauteur,

[19]même de connaître l'amour du Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu.

[20]A celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au delà de ce que nous demandons et concevons,

[21]à Lui soit la gloire dans l'Eglise et en Jésus-Christ, dans tous les âges, aux siècles des siècles! Amen!

Évangile selon saint Luc 14:1-11

[1]Un jour de sabbat, Jésus étant entré dans la maison d'un des principaux Pharisiens pour y prendre son repas, ceux-ci l'observaient.
[2]Et voici qu'un homme hydropique se trouvait devant lui.
[3]Jésus, prenant la parole, dit aux Docteurs de la Loi et aux Pharisiens: "Est-il permis de faire une guérison le jour du sabbat?"
[4]Et ils gardèrent le silence. Lui, prenant cet homme par la main, le guérit et le renvoya.
[5]Puis, s'adressant à eux, il dit: "Qui de vous, si son âne ou son bœuf tombe dans un puits, ne l'en retire aussitôt le jour du sabbat?"
[6]Et à cela ils ne surent que lui répondre.
[7]Ensuite, ayant remarqué l'empressement des conviés à choisir les premières places, Jésus leur dit cette parabole:
[8]"Quand tu seras invité par quelqu'un à des noces, ne prends pas la première place, de peur qu'il n'y ait un homme plus considéré que toi,
[9]et que celui qui vous aura invités l'un et l'autre ne vienne te dire: Cède-lui la place; et qu'alors tu ne commences avec confusion à occuper la dernière place.
[10]Mais lorsque tu seras invité, va te mettre à la dernière place; de cette façon, quand viendra celui qui t'a invité, il te dira: Mon ami, monte plus haut. Alors ce sera pour toi un honneur devant les autres convives.
[11]Car quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé."

Commentaire de Bède le Vénérable sur l'Évangile

"Et ils gardèrent le silence (Luc 14:4)"

Dans le sens mystique, l'hydropique est la figure de celui qui est comme accablé sous le poids du cours déréglé des voluptés charnelles, car l'hydropisie tire son nom d'un épanchement de sérosité aqueuse.

Nous lisons dans le texte sacré « Et Jésus répondant », parce qu'il répond, en effet, aux pensées de ceux dont il dit plus haut: « Et ils l'observaient », car le Seigneur pénètre les plus secrètes pensées des hommes.

Il choisit le boeuf et l'âne comme objet de sa comparaison, pour signifier les sages et les insensés, ou les deux peuples, c'est-à-dire, le peuple juif, accablé sous le joug de la loi, et le peuple des Gentils, qui n'avait pu être dompté par aucun moyen; car Notre-Seigneur les a tous retirés du puits de la concupiscence où ils étaient tombés.

Ils n'osent, et avec raison, répondre à cette question; quelle que soit leur réponse, ils voient qu'elle tournera contre eux, car s'il est permis de guérir le jour du sabbat, pourquoi épier le Sauveur pour voir s'il guérira? Et si ce n'est pas permis, pourquoi prennent-ils soin de leurs animaux même le jour du sabbat: « Et ils gardèrent le silence ».

Notre-Seigneur confond ainsi les pharisiens qui épiaient sa conduite, et condamne à la fois leur avarice, car c'était par un sentiment d'avarice qu'ils délivraient leurs animaux en péril le jour du sabbat. À combien plus juste titre, le Christ devait-il délivrer l'homme, mille fois supérieur à l'animal sans raison?

Il tranche donc la question par un exemple des plus propres à les convaincre qu'ils violaient le sabbat par un motif de cupidité, eux qui l'accusaient de le violer par une oeuvre de charité. Aussi l'Évangéliste ajoute-t-il: « Et ils ne pouvaient rien lui répondre ».

Mais puisque l'Évangéliste appelle cet enseignement une parabole, examinons brièvement quel en est le sens figuré. Que celui qui est invité aux noces de Jésus-Christ et de son Église, et qui se trouve par la foi en union avec les membres de l'Église, ne s'enorgueillisse pas de ses mérites, comme s'il était plus élevé que les autres, car il sera obligé de céder la place à un plus honorable que lui, bien qu'invité après lui, lorsqu'il se verra précédé par l'ardeur de ceux qui l'ont suivi dans les voies ouvertes par Jésus-Christ. Et il descendra couvert de confusion à la dernière place, quand il reconnaîtra la supériorité des autres sur lui, et qu'il se verra obligé de rabattre de la haute estime qu'il avait de sa vertu. On s'assoie à la dernière place quand on met en pratique la recommandation de l'Esprit saint: «Plus vous êtes grand, plus vous devez vous humilier en toutes choses». ( Si 3,18 ). Alors le Seigneur donnant le nom d'ami à celui qu'il trouvera dans ces sentiments d'humilité, lui commandera de monter plus haut, car quiconque s'humilie comme un enfant, est le plus grand dans le royaume des cieux ( Mt 18,4 ). Remarquez ces paroles: «Alors ce sera une gloire pour vous»; ne cherchez donc pas maintenant ce qui vous est réservé pour la fin. On peut aussi cependant l'entendre de cette vie, car Notre-Seigneur entre tous les jours dans la salle du festin nuptial, tous les jours il abaisse les orgueilleux, et répand en si grande abondance dans le coeur des humbles les dons de son esprit, que tous les convives, c'est-à-dire l'assemblée des fidèles les admire et les honore. La conclusion générale qui termine cette parabole, prouve qu'il faut entendre dans un sens plus élevé les paroles de Notre-Seigneur, car il n'est pas vrai de dire que tous ceux qui s'élèvent devant les hommes soient abaissés, ou que ceux qui s'humilient devant les hommes soient exaltés par eux, mais celui qui s'enorgueillit de ses mérites sera certainement humilié par le Seigneur, et celui qui s'humilie des bienfaits qu'il en a reçus sera élevé par sa main puissante.

Samedi 1er Octobre

Dévotion des premiers samedi du mois

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15h30 : Confessions

16h00 : Chapelet

16h30 : Méditation

17h00 : Messe

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La communion réparatrice des premiers samedi du mois

Le 13 juillet 1917, Notre-Dame confia aux petits voyants qu'elle viendrait demander la communion réparatrice des premiers samedi du mois dans le but de sauver les pécheurs.

Effectivement, le 10 décembre 1925, elle apparaît à sœur Lucie pour lui confier cette demande et en préciser les pratiques.

 

Notre-Dame a demandé ce jour-là :
-De se
confesser.
-De
communier.
-De réciter un
chapelet.
-De
méditer 15 minutes sur les mystères du Rosaire.
-Le tout en esprit de réparation pour les outrages commis envers le Cœur Immaculé de Marie.

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XVIIe Dimanche après la Pentecôte

Dimanche 02 Octobre 2022 (Messe à 10h30)

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Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphesiens 4:1-6

[1]Mes frères, je vous prie donc instamment, moi qui suis prisonnier dans le Seigneur, d'avoir une conduite digne de la vocation à laquelle vous avez été appelés,
[2]en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant mutuellement avec charité,
[3]vous efforçant de conserver l'unité de l'esprit par le lien de la paix.
[4]Il n'y a qu'un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés par votre vocation à une même espérance.
[5]Il n'y a qu'un Seigneur, une foi, un baptême,
[6]un Dieu, Père de tous, qui est au-dessus de tous, qui agit par tous, qui est en tous. Il est béni dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Évangile selon saint Matthieu 22:34-46

[34]Les Pharisiens ayant appris que Jésus avait réduit au silence les Sadducéens, s'assemblèrent.
[35]Et l'un d'eux, docteur de la loi, lui demanda pour le tenter:
[36]"Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi?"
[37]Jésus lui dit: "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit.
[38]C'est là le plus grand et le premier commandement.
[39]Le second lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
[40]A ces deux commandements se rattachent toute la Loi, et les Prophètes."
[41]Les Pharisiens étant assemblés, Jésus leur fit cette question:
[42]"Que vous semble du Christ? De qui est-il fils?" Ils lui répondirent: "De David."
[43]"Comment donc, leur dit-il, David inspiré d'en haut l'appelle-t-il Seigneur, en disant:
[44]Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis l'escabeau de tes pieds?
[45]Si donc David l'appelle Seigneur, comment est-il son fils?"
[46]Nul ne pouvait rien lui répondre, et, depuis ce jour, personne n'osa plus l'interroger. 

Commentaire de Saint Jean Chrysostome sur l'Évangile (Homélie LXXI)

"Nul ne pouvait rien lui répondre, et, depuis ce jour, personne n'osa plus l'interroger (Mt 22:46)"

C’est ainsi qu’il termina enfin toutes ces questions que les Juifs lui faisaient pour le surprendre; et l’on peut dire que cette fin en fut glorieuse et surprenante, et qu’elle était capable de fermer éternellement la bouche à ses ennemis. En effet, depuis ce temps ils se tinrent dans le silence; silence qui, à la vérité, n’était pas volontaire, mais forcé; parce qu’ils n’avaient plus rien à lui dire. Ses réponses précédentes, comme autant de flèches mortelles, les avaient tellement abattus, qu’ils ne lui pouvaient plus résister. « A quoi personne ne lui put rien répondre: et depuis ce jour nul n’osa plus lui faire de questions ». Le peuple retirait un grand avantage de ce silence des pharisiens, puisque ceux-ci n’osaient plus interrompre les prédications du Sauveur. Aussi l’on voit que Jésus-Christ ne parle plus qu’au peuple dans la suite. Tous les pharisiens et les docteurs de la loi le fuient, et il semble qu’il ait mis tous ces ennemis en fuite comme une troupe de loups qui ne cherchaient qu’à le dévorer. Ces envieux ne retirèrent aucun fruit de leurs demandes envenimées; et l’amour de la vaine gloire dont ils étaient possédés, les empêcha de profiter de tant d’instructions si divines.

Car l’ambition, mes frères, est une passion étrange. Elle se diversifie en cent manières différentes. Les uns, pour être honorés, désirent d’être souverains, les autres d’être riches, les autres d’être forts et robustes. Cette passion tyrannique passant encore plus avant, fait que les uns cherchent la gloire par leurs aumônes, les autres par leurs jeûnes, les autres par leurs prières, les autres par leur science, tant ce monstre a de têtes et de faces différentes. On ne doit pas beaucoup s’étonner que les hommes cherchent de la gloire dans les grandeurs et dans les magnificences du monde; mais, ce qui est surprenant, et ce qu’on ne peut assez blâmer, c’est qu’on veut même tirer vanité de ses jeûnes et de ses prières. Nous tâcherons aujourd’hui de ne pas seulement nous élever contre ce vice, mais de vous en proposer aussi les remèdes. Quels seront donc les premiers que nous entreprendrons de guérir? Commencerons-nous par ceux qui tirent gloire de leurs richesses, ou de leurs habits magnifiques, par ceux qui s’enflent de leur dignité ou de leur science, qui se glorifient de quelque art, où ils excellent; ou de la force de leurs corps, on de la beauté et de l’agrément de leur visage? Parlerons-nous aujourd’hui contre ceux qui tirent gloire de leur puissance et de leurs rapines cruelles, ou contre ceux qui ont de la vanité de leurs aumônes? En un mot, tâcherons-nous de guérir ceux qui prennent avantage des choses mauvaises, ou ceux qui se glorifient de leurs bonnes oeuvres? Nous adresserons-nous à ceux qui ne sont superbes que jusqu’à la mort, ou à ceux dont l’orgueil s’étend même au delà de la vie? Car cette passion se diversifie étrangement dans ses effets, et elle est profondément enracinée dans le coeur des hommes. De là viennent ces testaments qui font dire tous les jours: Un tel est mort, et il a voulu se signaler après sa mort; il a enrichi l’un, et il a appauvri l’autre. Car la même vanité se nourrit également de ces deux effets si contraires, et elle aime à abaisser comme à élever.

Quels seront donc ceux que nous entreprendrons de guérir les premiers, puisqu’on ne peut parler tout ensemble à tant de si différentes personnes? Il vaut mieux que nous nous attachions aujourd’hui à ceux qui recherchent de la gloire dans leurs aumônes, Car je vous avoue que si j’aime extrêmement que l’on fasse l’aumône, je suis percé aussi jusqu’au coeur, lorsque je vois qu’on la corrompt par le poison de cette vanité secrète. Je suis frappé de ce malheur, et je déplore alors cette vertu, comme je verrais avec douleur la fille d’un grand roi entre les mains d’une femme impudique, qui ne prendrait le soin de l’élever que pour l’abandonner ensuite aux déréglements et aux désordres, qui lui commanderait d’abord de mépriser son père, et qui la parerait d’une manière qui lui déplairait infiniment, et plus digne d’une courtisane que d’une princesse, pour la rendre agréable à ceux qui n’auraient dessein que de la perdre et de la déshonorer.

Tâchons donc aujourd’hui de désaveugler ces personnes: et supposons d’abord qu’un homme fait de grandes aumônes pour se faire estimer des hommes. C’est ce premier abus qui fait sortir notre princesse de la chambre du roi, son père; son père, en effet, lui commande que sa main gauche ne sache pas ce que fait la droite, et elle se produit, au contraire, pour se faire voir des personnes les plus inconnues, et même par les derniers des esclaves. Vous jugez assez, par là, quelle est cette prostituée dont je vous parlais, qui corrompt cette vierge si pure, afin qu’elle devienne passionnée pour des impudiques, et qu’elle se pare pour paraître belle à leurs yeux.

Je pourrais même vous montrer que ce désir de la gloire ne corrompt pas seulement l’âme, mais qu’elle la met hors d’elle-même, et qu’elle la rend comme furieuse. Car n’est-ce pas une véritable fureur et une espèce de manie, à cette fille, non d’un roi de la terre, mais du Roi du ciel, de courir après des esclaves et des fugitifs, de chercher à plaire à des hommes vils et méprisables, d’embrasser ceux qui la rejettent, d’aimer ceux qui la haïssent, et de les poursuivre partout, lorsqu’ils ne la veulent pas seulement regarder, et qui rougissent même de cette passion qui lui fait perdre la honte aussi bien que l’honneur? Car les hommes ne trouvent personne de plus importun que ces ambitieux qui sont passionnés pour la vaine gloire. Ils se rient de leur vanité, et plus ils voient qu’ils’ s’élèvent, plus ils s’efforcent de les rabaisser. Il leur arrive le même malheur qui arriverait à la fille d’un roi qu’on aurait fait descendre du trône de son père pour l’abandonner au dernier esclave de son royaume, qui lui insulterait ensuite, et qui lui ferait mille outrages. Car, plus nous courons après le monde pour en tirer de la gloire, plus il s’éloigne et se rit de nous. Mais lorsque nous ne recherchons que la gloire de Dieu, Dieu nous reçoit, il nous embrasse, et il nous comble d’honneur et de gloire.

Saint François d'Assise

 Mardi 04 Octobre 2022

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« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à
être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie. »

Notre-Dame du Saint Rosaire

 Vendredi 07 Octobre 2022

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« Le Rosaire ! Le Rosaire mes enfants ! Dans les familles, les monastères, les Églises, c’est la plus belle prière que vous pouvez m’offrir. Portez le Chapelet autour du cou, dans la poche, c’est votre moyen de défense contre l’ennemi c’est notre salut »…

(6 Septembre 1969, Saint Damien Italie)

« Je suis la Reine du Rosaire, priez le Chapelet quotidiennement… Les hommes doivent se réconcilier et demander la rémission de leurs péchés, qu’ils cessent de courroucer Jésus Christ notre Seigneur car jusqu’à présent le mal a dépassé les limites »

(13 Octobre 1917, Fatima)

XVIIIe Dimanche après la Pentecôte

Dimanche 09 Octobre 2022 (Messe à 10h30)

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Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1:4-8

[4]Mes frères, je rends à mon Dieu de continuelles actions de grâces à votre sujet, pour la grâce de Dieu qui vous a été faite en Jésus-Christ.

[5]Car par votre union avec lui, vous avez été comblés de toute sorte de richesses, en toute parole et en toute connaissance,

[6]le témoignage du Christ ayant été solidement établi parmi vous,

[7]de sorte que vous ne le cédez à personne en aucun don de grâce, attendant avec confiance la révélation de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

[8]Il vous affermira aussi jusqu'à la fin, pour que vous soyez irréprochables, au jour de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Évangile selon saint Matthieu 9:1-8

[1]Jésus étant donc monté dans la barque, repassa le lac et vint dans sa ville.
[2]Et voilà qu'on lui présenta un paralytique, étendu sur un lit. Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique: "Mon fils, aie confiance, tes péchés te sont remis."
[3]Aussitôt quelques Scribes dirent en eux-mêmes: "Cet homme blasphème."
[4]Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit: "Pourquoi pensez-vous le mal dans vos cœurs?
[5]Lequel est le plus aisé de dire: Tes péchés te sont remis; ou de dire: Lève-toi et marche?
[6]Or, afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés: Lève-toi, dit-il au paralytique, prends ton lit, et va dans ta maison."
[7]Et il se leva, et s'en alla dans sa maison.
[8]La multitude voyant ce prodige fut saisie de crainte, et rendit gloire à Dieu, qui avait donné une telle puissance aux hommes.

Commentaire de Saint Jean Chrysostome sur l'Évangile (Homélie XXIX)

"Pourquoi pensez-vous le mal dans vos cœurs? (Mt 9:4)"

Cependant l’âme de ces hommes rampe encore à terre, car l’évangéliste ajoute: «Le peuple voyant cela, fut rempli d’admiration et rendit gloire à Dieu, de ce qu’il avait donné une telle puissance aux hommes» (Mt 9,8). Après ce grand miracle, il regarde encore Jésus-Christ comme un «homme.» La chair dont il s’était revêtu les empêchait de le regarder comme un Dieu. Cependant Jésus-Christ ne leur reproche point leur peu d’intelligence. Il tâche seulement de les exciter de plus en plus, et d’élever leurs pensées par la sublimité de ses oeuvres. C’était déjà beaucoup qu’ils le regardassent comme le plus grand de tous les hommes, et comme étant venu de Dieu. Cette opinion, une fois bien enracinée dans leurs esprits, pouvait peu à peu les conduire plus avant, et leur faire croire qu’il était véritablement le Fils de Dieu. Mais ils n’y demeurèrent pas fermes. Leur inconstance fut cause qu’ils ne purent s’élever plus haut, et qu’ayant changé de sentiment, ils dirent: «Cet homme n’est point de Dieu. Comment cet homme pourrait-il être de Dieu?» (Jn 7,20) Ils redisaient continuellement ces paroles pour se faire un prétexte à leur infidélité et à leurs passions secrètes.

C’est l’état, mes frères, où tombent aujourd’hui ceux qui, sous prétexte de venger l’honneur de Dieu, se vengent eux-mêmes et satisfont leur animosité particulière, au lieu que des chrétiens devraient se conduire en tout avec douceur et modération. Dieu même, qui est si fort offensé par les blasphèmes de ses créatures, et qui pourrait les anéantir d’un coup de foudre, « fait néanmoins lever son soleil sur ces ingrats, et tomber sa pluie sur eux,» et il les comble de mille biens. Imitons, mes frères, ce grand modèle envers ceux qui nous offensent. Exhortons-les, avertissons-les, excitons-les, témoignons-leur une extrême douceur, sans nous laisser jamais emporter. Pourquoi les blasphèmes lancés contre Dieu vous jettent-ils dans l’impatience? Il est hors d’atteinte à tous ces outrages. L’impiété ne nuit qu’à l’impie; les traits qu’il lance ne blessent que lui. Pleurez-le donc, répandez des larmes sur son malheur, puisqu’il mérite qu’on le pleure, et qu’il n’y a point de remède plus souverain pour guérir ces sortes de plaies que la douceur et la patience, car la douceur est plus efficace que toute la violence dont on userait.

Considérez de quelle manière Dieu même, qui est l’offensé, parle dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament. Il dit dans l’Ancien: «Mon peuple; que vous ai-je fait?» (Mi 6,3) Et dans le Nouveau: «Saul, Saul, pourquoi me persécutez-vous?» (Ac 9,4) Aussi ce même apôtre recommande-t-il ensuite de reprendre avec douceur nos adversaires. Jésus-Christ lui-même, lorsque ses disciples lui demandaient que le feu tombât du ciel sur une ville, leur fit une sévère réprimande, et leur dit: «Vous ne savez de quel esprit vous êtes.» (Lc 9,55) Nous n’entendons de même ici aucune injure sortir de sa bouche, il ne dit pas aux pharisiens: O hommes exécrables, ô funestes charlatans, coeurs affligés par l’envie, ennemis du salut du monde; mais seulement: «Pourquoi donnez-vous entrée à de mauvaises pensées dans votre coeur?»

Il faut donc traiter avec une grande douceur les maladies de nos frères, parce que celui qui ne se retire du vice que par une crainte purement humaine, y retombera bientôt. Ce fut pour cette raison que Jésus-Christ défendit d’arracher l’ivraie de son champ, voulant par cette patience donner lieu à la pénitence des hommes. On a vu quelquefois par ce moyen des pécheurs touchés d’un profond regret, et de corrompus devenir très vertueux. Saint Paul, le publicain, le bon larron, ont été de ce nombre. Ce n’était d’abord que de l’ivraie, et ils furent changés ensuite en excellent grain. Les semences de la terre ne sont point susceptibles de ce changement; mais les dispositions des hommes peuvent être ainsi changées. Car la volonté n’est point liée ni assujétie aux lois inviolables de la nature; et Dieu l’a honorée du don de la liberté.

Lors donc que vous voyez quelque ennemi de la vérité, faites tous vos efforts pour le guérir; ménagez-le, tâchez de l’attirer au bien, exhortez-le à la vertu, montrez-lui l’exemple d’une vie pure, parlez-lui d’une manière édifiante; témoignez-lui dans tous ses besoins une charité parfaite. Tentez toutes sortes de voies pour le ramener à la santé. Enfin imitez en cela les plus habiles médecins du corps: ils ont divers remèdes pour guérir leurs malades. S'ils pausent une plaie, lorsque ce qu’ils y ont mis d’abord ne réussit pas, ils y appliquent un nouveau remède, et passent ainsi de l’un à l’autre. Ils sont même quelquefois contraints de lier les malades, d’employer le fer et le feu, et de guérir la douleur par la douleur, et une plaie par d’autres plaies.

Vous donc qui êtes les médecins des âmes ne vous lassez pas de tenter tous les moyens de les guérir, selon les règles que Jésus-Christ a prescrites, afin que vous soyez récompensés pour vous être sauvés vous-mêmes en sauvant les autres, et pour avoir tout fait pour la gloire de Dieu seul, ce qui vous comblera vous-mêmes de gloire. Car Dieu dit dans l’Ecriture: «Je glorifierai ceux qui me glorifient, et ceux qui me méprisent seront méprisés.» (1S 2,9) Faisons donc tout pour glorifier le Tout-Puissant, et nous trouverons dans sa gloire notre repos: c’est ce que je vous souhaite, par la grâce et la miséricorde de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui est la gloire et l’empire dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Sainte Thérèse d'Avila

 Samedi 15 Octobre 2022

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"Nous méditons, je suppose, un mystère de la Passion, par exemple celui qui nous représente Notre Seigneur à la colonne. L’entendement recherche les motifs qui lui feront comprendre quelles grandes douleurs et quelle angoisses Sa Majesté endure dans un tel abandon. S’il est actif et enrichi de connaissances, il déduira encore beaucoup d’autres considérations. Tel est le mode d’oraison par lequel tous doivent commencer continuer et finir. Cette voie est excellente et très sûre jusqu’à ce que le Seigneur nous élève à d’autres chose surnaturelles. Je dis que ce mode est pour nous. Bien des âmes néanmoins trouveront plus de profit à méditer d’autres sujets que ceux de la Passion. S’il y a beaucoup de demeures au ciel, il y a ans beaucoup de chemins pour y arriver. Certaines âmes profitent en se considérant déjà en enfer. D’autre que la pensée de l’enfer attriste, profiteront davantage en se considérant au ciel. Il y en a encore pour qui la pensée de la mort est très utile. Certaines personnes qui ont une grande tendresse de cœur, se fatiguent beaucoup si elles méditent constamment la Passion, mais elles trouveront du repos et du profit à considérer le pouvoir et la grandeur que Dieu manifeste dans les créatures, l’amour qu’il a eu pour nous et qu’il fait resplendir en tous lieux. Ce mode d’oraison est admirable, mais il faut revenir souvent à la Passion et à la vie de Notre Seigneur, car c’est de là que nous sont venus et nous viennent tous les biens."

(Autobiographie, chapitre XIII,12-13)

"Pour prier comme il faut, vous devez [...] trouver une compagnie. Mais quelle meilleure compagnie que celle du Maître lui-même qui vous a enseigné la prière que vous allez réciter ? Imaginez que le Seigneur est tout près de vous, et regardez avec quel amour et avec quelle humilité il vous instruit. Croyez-moi, faites tout votre possible pour ne jamais vous séparer d’un si bon ami. Si vous vous habituez à le garder près de vous, et s’il voit que vous le faites avec amour et que vous vous efforcez de le contenter, vous ne pourrez plus, comme on dit, vous en débarrasser. Il ne vous manquera jamais, il vous aidera dans toutes vos difficultés, il sera partout avec vous. Pensez-vous que ce soit peu de chose que d’avoir un tel ami à vos côtés ? [...] Je ne vous demande pas de penser à lui, ni de forger quantité de concepts ou de tirer de votre esprit. Je ne vous demande que de le regarder. Qui peut vous empêcher de tourner les yeux de l’âme, ne serait-ce qu’un instant si vous ne pouvez davantage, vers lui ? [...] Mes filles, votre Époux ne vous quitte jamais des yeux. Il a supporté de votre part mille choses laides et abominables, et ces offenses contre lui n’ont pas suffi pour qu’il détournât de vous ses regards. Est-ce donc beaucoup que vous détourniez les yeux de l’âme des choses extérieures pour les porter quelquefois sur lui ? Songez, comme il le dit à l’Épouse, qu’il n’attend de vous qu’un regard ; vous le trouverez tel que vous le désirerez. Il estime tant ce regard que, de son côté, il ne négligera rien pour l’avoir."

(Le chemin de perfection XXVI)

XIXe Dimanche après la Pentecôte

Dimanche 16 Octobre 2022 (Messe à 10h30)

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Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 4:23-28

[23]Mes frères, renouvelez-vous de l'esprit de votre intelligence,

[24]et revêtez-vous de l'homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté véritables.

[25]C'est pourquoi, renonçant au mensonge, parlez selon la vérité, chacun dans ses rapports avec son prochain, car nous sommes membres les uns des autres.

[26]Êtes-vous en colère, ne péchez point;" que le soleil ne se couche point sur votre irritation.

[27]Ne donnez pas non plus accès au diable.

[28]Que celui qui dérobait ne dérobe plus; mais plutôt qu'il s'occupe en travaillant de ses mains à quelque honnête ouvrage, afin d'avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin

Évangile selon saint Matthieu 22:1-14

[1]Jésus, prenant la parole, leur parla de nouveau en paraboles, et il dit:

[2]"Le royaume des cieux est semblable à un roi qui faisait les noces de son fils.

[3]Il envoya ses serviteurs appeler ceux qui avaient été invités aux noces, et ils ne voulurent pas venir.

[4]Il envoya encore d'autres serviteurs, en disant: Dites aux conviés: Voilà que j'ai préparé mon festin; on a tué mes bœufs et mes animaux engraissés; tout est prêt, venez aux noces.

[5]Mais ils n'en tinrent pas compte, et ils s'en allèrent, l'un à son champ, l'autre à son négoce;

[6]et les autres se saisirent des serviteurs, et après les avoir injuriés, ils les tuèrent.

[7]Le roi, l'ayant appris, entra en colère; il envoya ses armées, extermina ces meurtriers et brûla leur ville.

[8]Alors il dit à ses serviteurs: le festin des noces est prêt, mais les conviés n'en étaient pas dignes.

[9]Allez donc dans les carrefours, et tous ceux que vous trouverez, invitez-les aux noces.

[10]Ces serviteurs, s'étant répandus par les chemins, rassemblèrent tous ceux qu'ils trouvèrent, bons ou mauvais; et la salle des noces fut remplie de convives.

[11]Le roi entra pour voir ceux qui étaient à table et ayant aperçut là un homme qui n'était point revêtu d'une robe nuptiale,

[12]il lui dit: Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir une robe de noces? Et cet homme resta muet.

[13]Alors le roi dit à ses serviteurs: Liez-lui les mains et les pieds, et jetez-le dans les ténèbres extérieures: c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents.

[14]Car il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus."

Commentaire de Saint Jean Chrysostome sur l'Évangile (Homélie XXIX)

"Le roi entra pour voir ceux qui étaient à table et ayant aperçut là un homme qui n'était point revêtu d'une robe nuptiale (Mt 9:4)"

Voulez-vous que je vous montre quels sont ceux qui ont ces vêtements divins, et qui sont revêtus de la robe nuptiale? Souvenez-vous de ces saints solitaires dont je vous parlais la dernière fois; de ces hommes austères qui sont couverts d’un cilice et qui passent toute leur vie dans le fond d’un désert. Voilà ceux qui sont parés comme Jésus-Christ veut que le soient ceux qui viennent à ses noces. Si vous présentiez à ces hommes un habillement de pourpre, ils le rejetteraient avec autant d’horreur qu’un roi rejetterait les haillons des pauvres dont on le voudrait revêtir. Ce qui leur donne un si grand mépris pour cette vaine magnificence du corps, c’est la connaissance et le désir qu’ils ont de la beauté des vêtements de leurs âmes. C’est là ce qui leur fait fouler aux pieds la pourpre et l’écarlate comme des toiles d’araignée. Le sac et le cilice dont ils sont toujours revêtus les soutiennent même dans cette pensée, puisque, dans cet état si vil et si méprisable en apparence, ils ne laissent pas d’être infiniment plus grands et plus illustres que les rois. Si vous pouviez pénétrer le dedans de ce sanctuaire, envisager de près leurs âmes, et en considérer les ornements, ce grand éclat vous éblouirait et vous ferait tomber par terre. Vous ne pourriez soutenir cette lumière si vive, et l’éclat de leur conscience toute pure et sans aucune tache vous éblouirait les yeux.

J’avoue que nous avons dans nos livres des exemples aussi admirables et des hommes aussi rares que ceux d’aujourd’hui; mais néanmoins, comme ce qui se voit des yeux touche davantage les personnes moins spirituelles, je ne me lasse point de vous prier d’aller voir ces saints solitaires dans leurs retraites et dans leurs cellules. Vous n’y verrez rien de triste, rien qui les afflige ou qui les puisse chagriner.. On croirait qu’ils ont placé leurs tentes dans le ciel même, où ils demeurent paisiblement éloignés de tous ces accidents fâcheux qui traversent la vie des hommes, combattant généreusement contre le démon, et entreprenant avec autant de joie de le combattre et de le vaincre, que s’ils allaient à des noces. C’est pour ce sujet qu’ils vont chercher dans les déserts un lieu reculé pour s’y dresser une tente, et qu’ils fuient les villes et les places publiques, parce qu’un soldat ne peut être en même temps à la guerre et dans une maison. Il cherche une tente qu’il dresse à la hâte, et où il demeure comme en devant sortir bientôt.

Ces solitaires vivent donc d’une manière qui est étrangement opposée à la nôtre. Car pour nous, bien loin de vivre comme si nous étions dans un camp, nous vivons comme au milieu d’une ville et comme dans une profonde paix. Qui s’est jamais mis en peine à l’armée de creuser des fondements pour bâtir une maison où il habite, puisqu’on n’y fait que passer d’un lieu en un autre? N’est-il pas vrai, au contraire, que si quelqu’un voulait faire ainsi la guerre, on le regarderait comme un lâche, et qu’on le tuerait comme un traître? Quel est le soldat qui, étant dans le camp, pense à acquérir de grandes terres, ou à faire quelque trafic pour amasser de l’argent? Car il n’y est pas pour s’enrichir, mais pour combattre. Faisons de même, mes frères. Nous sommes soldats, et la terre est notre camp. Ne pensons point à trafiquer en un lieu que nous quitterons dans un moment. Quand nous serons arrivés en notre patrie céleste, nous nous enrichirons assez. Je vous dis donc à vous tous qui aimez à acquérir du bien: Attendez alors à devenir riches. Mais je me trompe: lorsque vous y serez arrivés, vous n’aurez pas besoin de travailler pour cela. Votre roi y prépare lui-même une abondance infinie de biens, dont il comblera tous vos désirs.

Vivons donc, mes frères, comme dans un lieu et un temps de guerre. Nous n’avons besoin que de tentes ou de huttes, nous n’avons point besoin de maisons. N’avez-vous point entendu dire quelquefois que les Scythes vivent dans des chariots sans avoir aucune demeure arrêtée? C’est ainsi, mes frères, que doivent vivre les chrétiens. Ils doivent parcourir toute la terre en combattant contre le démon, en retirant de sa tyrannie les captifs qu’il entraîne, et en méprisant généreusement ce qui ne regarde que la vie présente. Pourquoi donc, ô chrétien, vous bâtissez-vous avec tant de soin des maisons et des palais pour y demeurer? Est-ce afin de vous lier à la terre par des chaînes plus pesantes? Pourquoi cachez-vous votre argent dans la terre? Est-ce afin d’inviter votre ennemi à venir prendre son avantage pour vous combattre? Pourquoi élevez-vous des murailles si solides? Est-ce pour vous bâtir une prison?

Si vous croyez qu’il vous soit pénible de vous passer de toutes ces choses, allez au désert de ces solitaires; voyez leurs cabanes, et reconnaissez enfin combien il est facile de ne rien rechercher de tout ce que vous vous croyez si nécessaire. Ils ne demeurent que sous de petites tentes qu’ils quittent avec autant de facilité lorsqu’il le faut, qu’un soldat quitte sa hutte pour aller goûter la paix dans les villes. Je trouve infiniment plus de plaisir à voir un vaste désert rempli de petites cellules où demeurent ces saints solitaires, que de voir une armée campée dans un champ, les tentes dressées, les pointes des piques élevées en haut, les drapeaux suspendus aux lances et agités de l’air; l’éclat des boucliers qui, frappés du soleil, jettent des flammes et, des rayons de toutes parts; cette multitude effroyable de têtes d’airain et d’hommes de fer, la tente du général, comme un palais fait en un moment, toute environnée de gardes et d’officiers; et cette confusion d’hommes mêlés ensemble, dont les uns sont sous les armes, les autres courent ou repassent çà et là au bruit des trompettes et des tambours.

Ce spectacle frappe les yeux et étonne agréablement, et néanmoins il n’a rien de comparable à celui que je vous propose. Car si nous allons dans ces déserts, et si nous y considérons les tentes de ces soldats de Jésus-Christ, nous n’y trouverons ni lances, ni épées, ni aucune arme; ni ces draps d’or dont on pare les tentes des empereurs et des généraux d’armées; mais nous serons surpris, comme si, passant dans un pays sans comparaison plus beau et plus heureux que celui-ci, nous voyions paraître tout d’un coup un ciel nouveau sur une nouvelle terre. Car les cellules de ces saints qui y sont ne cèdent pas au ciel même, puisque les anges y viennent, et le Roi des anges. Car si ces bienheureux esprits se sont tant plu autrefois avec le saint patriarche Abraham, quoiqu’il fût engagé dans le mariage, ayant sa femme et ses enfants, parce qu’il aimait à recevoir les étrangers; combien se plairont-ils davantage, et aimeront-ils plus ardemment à ne faire qu’un même coeur avec des hommes qui sont dans une vertu et une condition beaucoup plus pure, qui sont dégagés entièrement de leurs corps, et qui, dans la chair même, se sont élevés au-dessus de la chair?

Leur table a banni pour jamais toutes sortes de voluptés et de luxe. Elle est toujours pure et sobre, et toujours digne d’un chrétien. On ne voit point là, comme dans nos villes, des ruisseaux de sang des bêtes égorgées, et des animaux coupés en cent parties. On n’y voit point ni ce feu, ni ces fumées, ni ces odeurs insupportables, ni ce bruit et ce tumulte, ni tous ces raffinements pour satisfaire le goût, suites de l’art et de l’empressement des cuisiniers. On voit pour tous mets sur leur table du pain et de l’eau. Ils ont l’une d’une fontaine voisine, et gagnent l’autre par leurs justes et saints travaux. S’ils veulent quelquefois faire quelque grand festin, cet extraordinaire se borne à quelque fruit que les arbres de leurs déserts leur produisent, et ils trouvent en cela infiniment plus de délices que d’autres n’en trouveraient dans la table des rois. Ils ne sont pas exposés en ce lieu aux craintes et aux frayeurs. Les puissances ne les inquiètent point. Ils n’ont point de femmes ni d’enfants qui les fâchent. Ils ne s’abandonnent jamais à des ris démesurés, et ils ne sont point assiégés de ces hommes lâches, qui leur puissent inspirer de la complaisance par leurs louanges et leurs flatteries.

Saint Pierre d'Alcantara

 Mercredi 19 Octobre 2022

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"Quel parfait imitateur de Jésus-Christ Dieu vient de nous ravir, en appelant à la gloire ce religieux béni, Pierre d'Alcantara ! Il l'avait gardé dans toute sa rigueur la règle primitive de Saint et pratiqué cette pénitence dont je ne pourrai rapporter que quelques traits. Le monde, dit-on, n'est plus capable d'une perfection si haute ; les santés sont plus faibles, et, nous ne sommes plus aux temps passés. Ce Saint était de ce siècle, et sa mâle ferveur égalait cependant celle des temps anciens ; aussi tenait-il le monde sous ses pieds. Mais sans porter le dépouillement aussi loin que lui, sans faire une aussi âpre pénitence, il est plusieurs choses dans lesquelles, comme je l'ai souvent dit, nous pouvons pratiquer le mépris du monde, et que Notre-Seigneur nous fait connaître dès qu'il voit en nous du courage. Qu'il dut être grand celui que reçut de Dieu le Saint dont je parle, pour soutenir pendant quarante-sept ans cette pénitence si austère que tous connaissent aujourd'hui ! En voici quelques détails que je me plais à rapporter, et dont la vérité m'est parfaitement connue ; c'est de sa propre bouche que je les ai entendus avec une autre personne dont il se cachait peu. Quant à moi, je dus cette ouverture à l'affection qu'il me portait ; Notre-Seigneur la lui avait donnée, afin qu'il prît ma défense et m'encourageât dans un temps où son appui m'était si nécessaire, comme on l'a vu et comme on le verra encore par mon récit. Entre autres austérités, il avait porté pendant vingt années un cilice de lames de fer-blanc, sans jamais le quitter. Il avait passé quarante ans sans jamais dormir plus d'une heure et demie par jour ; de toutes ses mortifications, celle qui lui avait le plus coûté dans les commencements, c'était de vaincre le sommeil ; dans ce dessein, il se tenait toujours ou à genoux ou debout. Le peu de repos qu'il accordait à la nature, il le prenait assis, la tête appuyée contre un morceau de bois fixé dans le mur ; eût-il voulu se coucher, il ne l'aurait pu, parce que sa cellule, comme on le sait, n'avait que quatre pieds et demi de long. Durant le cours de toutes ces années, jamais il ne se couvrit de son capuce, quelque ardent que fût le soleil, quelque forte que fût la pluie. Jamais il ne se servit d'aucune chaussure. Il ne portait qu'un habit de grosse bure, sans autre chose sur la chair ; encore cet habit était-il aussi étroit que possible ; et par-dessus il mettait un petit manteau de même étoffe. Dans les grands froids il le quittait, et laissait quelque temps ouverte la porte et la petite fenêtre de sa cellule ; il les fermait ensuite, il reprenait son mantelet, et c'était là, nous disait-il, sa manière de se chauffer, et de donner à son corps un peu de soulagement. Il lui était fort ordinaire de ne manger que de trois en trois jours ; et comme j'en paraissais surprise, il me dit que c'était très facile à quiconque en avait pris la coutume. Un de ses compagnons m'assura qu'il passait quelquefois huit jours sans prendre aucune nourriture. Cela devait arriver, je pense, dans l'oraison et dans ces grands ravissements où le jetaient les brûlants transports de son amour pour Dieu ; je l'ai vu moi-même une fois entrer en extase. Sa pauvreté était extrême, et il était si mortifié, même dès sa jeunesse, qu'il m'a avoué confidemment qu'il avait passé trois ans dans une maison de son Ordre sans connaître aucun des religieux, si ce n'est au son de la voix, parce qu'il ne levait jamais les yeux ; de sorte qu'il n'aurait pu se rendre aux endroits où l'appelait là règle, s'il n'avait suivi les autres. Il gardait cette même modestie par les chemins. Il passa plusieurs années sans jamais regarder de femmes ; mais il me confessa qu'à l'âge où il était parvenu, c'était pour lui la même chose de les voir ou de ne pas les voir ; à la vérité, il était déjà très vieux quand je vins à le connaître, et son corps était tellement exténué, qu'il semblait n'être formé que de racines d'arbre. Avec toute cette sainteté, il était très affable ; il ne parlait guère que lorsqu'il était interrogé ; mais la justesse et les grâces de son esprit donnaient à ses paroles je ne sais quel charme irrésistible. Je raconterais volontiers beaucoup d'autres particularités, si je n'appréhendais, mon père, qu'une plus longue digression ne m'attirât un reproche de votre part. Je n'étais pas même exempte de cette crainte, en écrivant ce que je viens de dire. J'ajouterai donc seulement que ce saint homme est mort comme il avait vécu, en instruisant et en exhortant ses frères."
(Témoignage de Sainte Thérèse d'Avila, Autobiographie)

De 1min02 à 1min14 nous pouvons admirer le soin que prend le Padre Pio à enlever les parties fragiles de l'Hostie non consacrée pour qu'aucune parcelle ne risque de tomber après la consécration !

CHAPELLE SAINT MICHEL D'INGOUVILLE